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Racisme et violences d’Etat

Non à l’expulsion !

Paul Sabatier. Plus de 200 personnes en soutien aux mineurs étrangers menacés d’expulsion

Une rentrée sous le signe de la lutte à l’Université Paul Sabatier à Toulouse. Alors que la direction de l’Université menace de jeter une centaine de mineurs étrangers à la rue, plus de 200 personnes se sont rassemblées pour s’opposer à cette décision xénophobe. Une véritable démonstration qui appelle à consolider le rapport de force.

mardi 3 janvier

Crédits photo : Révolution Permanente

Posté deux jours plus tôt sur Facebook, un 1er janvier, l’appel du collectif Autonomie aurait pu passer inaperçu. Pourtant, plus de 200 personnes se sont rassemblées, mardi 3 janvier, devant le bâtiment administratif de l’Université Paul Sabatier, pour témoigner leur soutien aux mineurs étrangers menacés d’expulsion par la direction de l’Université. Cet élan de solidarité témoigne de l’écho de cette lutte dans l’université.

« On attend une expulsion à tout moment »

Depuis la mi-décembre, le bâtiment désaffecté 4R3 de l’Université Paul Sabatier, est occupé par une centaine de mineurs étrangers dont l’Etat a refusé la prise en charge après leur arrivée sur le territoire. Dès le début de l’occupation, le président de l’Université, Jean-Marc Broto, a multiplié les coups de pression envers les jeunes (menace d’appel aux forces de répression, fermeture soudaine des douches…) et s’est appuyé sur un mensonge (risque d’exposition à des produits radioactifs) pour légitimer leur expulsion.

Pressé de voir les jeunes mis à la rue avant la rentrée des étudiant.es sur le campus, afin d’éviter toute mobilisation, Jean-Marc Broto a introduit un recours en urgence auprès du tribunal administratif de Toulouse en vue d’obtenir l’expulsion. Le 28 décembre, après avoir refusé la demande des avocat.es des jeunes de reporter l’audience pour non-respect des droits de la défense, le tribunal a prononcé l’expulsion des mineurs étrangers.

« On a décidé de manifester contre cette décision injuste prise dans l’illégalité », témoigne Alseny, membre de l’occupation. « Sur le plan judiciaire on n’a aucune chance. On attend une expulsion à tout moment, mais ils peuvent la suspendre sous la pression. »

De nombreux soutiens

Aux côtés des jeunes menacés d’expulsion, de nombreux soutiens étaient présents : des syndicats du personnel et des professeurs de l’Université (CGT FercSup, Sud Solidaires), des organisations étudiantes (Le Poing Levé, UET), des membres de la CGT du CHU de Toulouse, ainsi que des personnalités politiques de la place toulousaine comme Odile Maurin.

Comme l’explique Mélanie du Poing Levé, collectif étudiant animé par Révolution Permanente et présent à Paul Sabatier, « c’est important d’apporter tout notre soutien et de s’organiser contre cette répression qui met des jeunes à la rue de manière arbitraire ». Elle rappelle également que cette expulsion s’inscrit dans « la continuité des attaques que le gouvernement porte aux personnes racisées et qui vont se multiplier avec la loi Immigration. »

Construire le rapport de force

Le succès de ce rassemblement montre la voie à suivre pour faire reculer la direction de l’Université Paul Sabatier. Sous la pression de la détermination des jeunes et de leurs soutiens, un rendez-vous a été fixé avec la présidence dans les prochains jours. Il est donc indispensable de maintenir et d’élargir le rapport de force et la solidarité auprès des étudiants et d’appeler l’ensemble des organisations politiques et syndicales de la ville à rejoindre la mobilisation.

Plus largement, pour en finir avec les politiques racistes et répressives du gouvernement, il est fondamental de s’opposer à la future loi Immigration à venir, mais aussi de revendiquer la réquisition des logements vides, l’ouverture des frontières et la régularisation de tous les sans-papiers !



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