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Péage de Bessan (Hérault) : des dizaines de Gilets Jaunes interpellés arbitrairement !

Mardi 08 Janvier au matin, 160 gendarmes ont lancé une opération conduisant à l'interpellation et au placement en garde à vue de 41 Gilets Jaunes héraultais.

mercredi 9 janvier

Photo : © AFP 2018 JEAN-FRANCOIS MONIER

Ce mardi 8 janvier ce sont aux dernières nouvelles 41 gilets jaunes,des secteurs d’Agde, de Pézenas et de Bessan dans l’Hérault qui ont été interpellés à leur domicile par les forces de gendarmerie suite à une opération lancée sur commission rogatoire du procureur de la République de Béziers.

Ces Gilets Jaunes, qualifiés de « casseurs », sont suspectés d’avoir « commis des dégradations sur l’ensemble des locaux de Vinci sur ce péage, en incendiant ou en détruisant du matériel » comme le rapporte Le Monde et l’AFP. Un rappel des faits s’impose.

Selon la version officielle, le début des faits remonte à la nuit du 15 au 16 Décembre – après l’acte V des gilets jaunes. Suite à l’intervention de plusieurs gendarmes mobiles afin de disperser les gilets jaunes qui occupaient le péage depuis plusieurs semaines, des « individus » – tels que les qualifient les enquêteurs – ont incendié une partie de ce péage de l’A9 ce qui avait alors entraîné sa fermeture par arrêté préfectoral. Aucune mention n’est faite par contre de la violence perpétrée par les gendarmes mobiles ce soir là, notamment de l’usage répété de gaz lacrymogènes contre les quelques 200 Gilets Jaunes qui occupaient alors pacifiquement le péage depuis plusieurs semaines. Par ailleurs, force est de constater que sur les réseaux sociaux plusieurs Gilets Jaunes avaient qualifié l’arrêté préfectoral conduisant à la fermeture du péage de Bessan de « véritable provocation pour empêcher les gilets jaunes d’exercer leur droit de manifester ».

Suite à cela, peu avant la soirée du 18 décembre, des gendarmes auraient entendu « plusieurs personnes proposer d’incendier les bâtiments de la société concessionnaire » tandis que « par un vote à main levée, plusieurs individus présents manifestaient leur accord à ce projet. » C’est en tout cas ce que rapporte le procureur de la République de Béziers concernant le deuxième incendie ayant visé le même local de Vinci dans la nuit du 18 au 19 décembre.

Enfin, dans la nuit du 5 au 6 janvier le péage ainsi qu’un local technique de Vinci situé à proximité de celui-ci ont été complètement incendiés. Sur la base de quelques tags retrouvés, « ACAB » notamment, l’acte est attribué par le journal 20minutes ainsi que par les enquêteurs à des « activistes issus de la mouvance d’extrême gauche ».

Tandis que les autorités et la presse locale – Midi Libre notamment – s’offusquent tant du « montant de la facture » de « plusieurs milliers d’euros » que de la destruction du « matériel remis à neuf par le gestionnaire » – fait au demeurant exceptionnel lorsque l’on considère la manière dont Vinci gère les autoroutes qu’elle possède – seuls les Gilets Jaunes s’insurgent du caractère arbitraire et démesuré des interpellations.

C’est en effet sur la base de soi-disant ouï-dire, d’une poignée de main levées et de quelques tags que l’opération semble avoir été lancée. Pire encore, non seulement les Gilets Jaunes interpellés l’ont été à leur domicile et ce parfois devant leurs proches mais comme le rapporte à la caméra de France 3 Occitanie le proche d’une des interpellées, celle-ci n’était même pas présente sur les lieux au moment des faits ! Ce seul élément vient interroger les affirmations de la gendarmerie selon laquelle les interpellations ont eu lieu sur la base de vidéosurveillance et de données de téléphonie mobile. Cela est d’autant plus préoccupant considérant les précisions du procureur de la République de Béziers selon lequel : « des mises en examen devraient intervenir dans les prochains jours ».

Toujours est-il qu’il ne s’agit là ni de la première ni de la dernière affaire de répression à l’encontre des Gilets Jaunes. Encore une preuve, s’il en faut, d’à quel point le gouvernement est dépassé par ce mouvement et ne sait que faire mis à part mépriser, réprimer et diviser pour pouvoir se sortir de cette situation.




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