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Annonces du gouvernement

Permanences saturées, personnel épuisé : réaction d’une AED aux annonces du gouvernement

Alors qu'une mutation du virus beaucoup plus contagieuse chez les jeune menace le pays et les établissements scolaires, le gouvernement poursuit sa gestion pro-patronale et répressive de la crise en excluant la fermeture des écoles et en avançant le couvre-feu.

jeudi 14 janvier

insi, ce jeudi 14 janvier, le plan proposé par le gouvernement pour l’éducation nationale consiste seulement à renforcer un pseudo protocole sanitaire totalement inadapté, démontrant encore une fois la gestion criminelle de la crise dans les établissements scolaires. Blanquer, qui n’a fait aucune annonce de moyens et d’embauches depuis le début de la pandémie, maintient sa ligne au mépris des travailleurs de l’éducation, en première ligne de la crise sanitaire.

On apprenait donc ce soir que, face à une potentielle troisième vague, Jean Michel Blanquer décide « d’avancer le curseur du protocole sanitaire dans un sens plus strict ». Cette stricte avancée d’un protocole sanitaire déjà fortement critiqué et raillé dans sa première version, réside en réalité dans quelques mesurettes qui ne s’accompagnent d’aucuns moyens et d’aucunes consignes claires pour l’instant ; comme par exemple le fonctionnement hybride « à titre exceptionnel » pour les collèges, le renforcement du protocole sanitaire dans les cantines avec la possibilité d’allonger les prises de repas ou la possibilité de mettre en place des repas à emporter, ou encore la suspension des cours d’éducation physique et sportive en intérieur. Dans les 2 derniers cas, il semble que la charge de travail retombe encore une fois sur les AED, car qui s’occupe de la gestion du flux de la cantine ? Et qui surveille et garde les élèves dont certains cours de sport risquent d’être annulés ?

La réalité du terrain aujourd’hui c’est que les personnels de l’éducation sont en première ligne face au virus, et beaucoup tombent malade mais beaucoup aussi font des burn-out car ils sont surchargés de travail et littéralement épuisés. De ce fait, une grande partie des conséquences de ces absences et des tâches liées au protocole sanitaire retombent sur les vies scolaires. Les AED, qui font parti des personnels d’éducation les moins bien payés et ceux avec les contrats les plus précaires, sont aujourd’hui eux aussi épuisés et à bout. Ils doivent faire face à la démultiplication de leurs tâches, sans aucune revalorisation de salaire ou contrat. Les AED sont aujourd’hui confrontés à des permanences bondées (ne respectant pas toujours les règles de distanciation sanitaire), à une surcharge de travail dans des conditions de sous-effectif lié notamment à l’application des mesures du plan vigipirate ou du soit disant protocole sanitaire, ils deviennent police du masque et ne sont là que pour surveiller et punir. Dès lors l’aspect éducatif du métier d’assistant d’éducation disparaît totalement.

Le choix du gouvernement aujourd’hui est clair, alors que la pandémie s’installe dans le temps, il préfère donner des milliard au patronat. Au lieu d’investir massivement et d’embaucher plus de personnel, au lieu de réquisitionner des espaces plus grand pour permettre aux élèves de faire du sport par exemple, au lieu de laisser les travailleurs de l’éducation gérer la crise en autonomie par le bas en s’adaptant aux conditions réelles et particulières de chaque établissements, Blanquer propose des mesures absurdes au mépris des personnels de l’éducation nationale qui sont déjà en souffrance.

A force de mépris et de casse de l’éducation nationale, le gouvernement risque de se faire surprendre, et si l’épuisement monte c’est aussi la contestation qui grandi comme l’a démontré la grève historique du 1er Décembre des AED qui ne comptent pas s’arrêter là. En effet, partout en France la colère gronde dans les vies scolaires mais plus largement dans l’éducation nationale. Et en ce sens, un préavis de grève reconductible a été déposé pour les AED à partir du 19 janvier et la date du 26 janvier a également été posée pour l’ensemble de l’éducation nationale. Si ces phénomènes de contestation sont très progressistes, il semble plus urgent que jamais d’unifier les colères et de les organiser autour d’un plan de bataille solide pour ne pas être qu’une simple épine dans le pied de Blanquer, mais pour imposer à ce gouvernement une gestion de la crise par le bas.




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