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Répression

Peur d’un décembre noir ? La direction de la RATP s’attaque aux élus du personnel

La liste des élus du personnel menacés de révocation s'allonge dangereusement au sein de la RATP. C'est une véritable ambiance de chasse aux sorcières qui règne au sein de l'entreprise publique de transport dont la direction a décidé de convoquer dans le cadre d'une procédure disciplinaire plusieurs élus du CSE 2.

lundi 4 novembre

Article publié initialement sur le blog Mediapart de Wael Mejrissi, chauffeur de bus et militant CGT à Aubervilliers, que nous relayons avec l’aimable accord de son auteur. Photo : Contrôle de bus le 30 septembre, ayant valu les convocations

Leur crime ? Avoir procédé à un contrôle de sécurité des bus en sortie de centre au dépôt de Belliard. Le résultat qui en a découlé est de surcroît édifiant. 70% des bus contrôlés non conformes ! Absence de triangle, de gilets jaunes, clignotants défectueux, bus sans alarmes discrètes, vitres anti-agression défaillantes, défauts d’éclairage. Plusieurs extincteurs ont même du être changés. Un outil pourtant capital quand on sait que plusieurs bus de la RATP ont été dernièrement ravagés par les flammes.

Veiller à la sécurité de tous et au respect des conditions de travail des agents, ce sont bien les prérogatives des élus issus des dernières élections professionnelles mais la direction ne l’entend visiblement pas ainsi et envisage bien de museler coûte que coûte, vaille que vaille, toute forme de contestation en vue de la mise en concurrence du réseau RATP et donc de sa privatisation qui se terminera, si nous laissons faire, par un immense saccage social.

Des bus non conformes, faut-il le rappeler, ce sont des accidents potentiellement graves, des piétons possiblement tétraplégiques et des agents à la merci de leur destin car sans possibilité de prévenir le poste de sécurité en cas d’alarme discrète inopérante. Bref des bus non conformes revient tout simplement à faire courir un danger réel, caractérisé et objectivement très élevé aux automobilistes, piétons, cyclistes et tous les usagers de la route empruntant la même route que les bus RATP. Autant de bus en totale déshérence dans un seul dépôt, en l’occurrence celui de Belliard, représente un danger manifeste pour toute la collectivité mais constitue également le signe avant-coureur d’une concurrence qui fera de la sécurité et du principe de précaution des causes perdues.

Nos élus ne sont pas des marionnettes aux ordres d’une direction mandatée pour démanteler notre bien commun, la RATP. Pour toutes ces raisons, nous soutiendrons Hani Labidi convoqué le 5 novembre au dépôt de Belliard, Olivier Terriot convoqué le 6 novembre au dépôt d’Asnières, Luc Walop convoqué le 7 novembre au dépôt de Belliard et Ahmed Berrahal convoqué le 12 novembre au dépôt de Flandre.

Parce que le syndicalisme ne doit pas être un instrument aux mains d’une direction qui a décidé de sacrifier le service public sur l’autel du profit et de la cupidité.


Nous relayons également ci-dessous plusieurs appels syndicaux à se mobiliser en défense des élus RATP dont les convocations menacent de sanctions pouvant aller jusqu’à la révocation :

- OLIVIER, Secrétaire (CGT) du CSE2 (centres bus d’Aubervilliers, Belliard, Asnières, Flandre, Pleyel et Saint-Denis), convoqué le 6 novembre à 9h au Centre Bus d’Asnières

- AHMED, Secrétaire (CGT) de la CSSCT Ratp, convoqué le 12 novembre à 9h au Centre Bus de Flandre, 168 avenue Jean Jaurès à Pantin




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