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Jeunesse

Témoignage

Philomène, 20 ans : « Pour moi la précarité c’est des chaussures d’hiver qui prennent l’eau »

Pour moi la précarité c'est des chaussures qui prennent l'eau, c'est d'avoir les pieds mouillés. Ca parait con, mais des chaussures d'hiver j'en ai qu'une paire et il y a une fente dans la semelle de l'une des chaussures, et tout l'hiver un de mes pieds était trempé. Et on connaît tous ce sentiment désagréable de chaussettes mouillées, qui met mal à l'aise, et puis le froid qui rend malade, et puis c'est irritant et ça met en colère.

samedi 30 novembre

C’est ça d’avoir 20 ans aujourd’hui.

Comme beaucoup d’étudiant.e.s j’ai des galères de thunes. Je suis boursière, et c’est ce qui me permet de faire mes études aujourd’hui. Mais le montant de ma bourse, pourtant échelon 4, suffit à peine à couvrir le loyer.

L’an dernier je suivais deux cursus et taffais à côté, résultat des courses j’ai eu pas mal d’absence à la fac et un jour j’ai ouvert ma boîte mail et j’ai vu ça : CROUS DE PARIS : URGENT : SUSPENSION DE BOURSE SUITE AU NON RESPECT DES CONDITIONS D’ASSIDUITÉ DU 1er SEMESTRE. En majuscules oui. Qu’y a t-il de si urgent à suspendre 400 euros par mois ?? Et à envoyer ça sans prévenir ?

En plus de la suspension il était précisé dans le mail qu’il fallait que je rembourse l’entièreté de ce qui m’avait été versé jusque là, plusieurs milliers d’euros donc. Plusieurs milliers d’euros pour une étudiante qui vit sous le seuil de pauvreté.

J’ai fait le tour des services du CROUS pour régler cette histoire et j’ai été traitée comme une voleuse, je me suis entendue dire que je n’avais pas respecté mon contrat avec l’Etat et qu’il ne fallait pas que je m’étonne d’en être là - je l’avais bien cherché en somme - que je n’avais pas à travailler si je touchais une bourse - bien sûr... vivre avec 400 euros par mois quelle évidence !

J’ai eu du soutien et de la chance, je n’ai pas eu à rembourser et j’ai pu récupérer ma bourse. Pas toute cependant, j’ai perdu ma bourse au mérite et ils m’ont retiré 100 euros par mois pour avoir redoublé mon année.

J’écris ces chiffres avec rage aujourd’hui parce que ce sont ces mêmes chiffres, ces mêmes problèmes qui ont poussé un jeune de 22 ans à s’immoler le 8 novembre dernier. Et cette rage je ne suis pas la seule à la ressentir, je sais que nombreux et nombreuses sont les jeunes qui sont comme moi écrasé.e.s par les problèmes de thunes et de fin de mois. Il parait que le gouvernement a peur que la jeunesse sorte dans la rue, parce qu’il a du mal à la faire rentrer une fois qu’elle est dehors, mais alors qu’il tremble parce qu’on ne le laissera pas mener sa politique qui a conduit à cette tentative de suicide. Ce crime ne restera pas impuni, la jeunesse lève la tête.

Tu vis ces situations ? connais ces angoisses ? Endettement étudiant, problèmes de logement, boulots précaires, pression scolaire ? Envoie ton témoignage, à l’écrit, en vidéo, en dessin ou en musique à siterevolutionpermanente@gmail.com, pour ne plus passer ces situations sous silence et commencer à préparer une réponse collective !

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Après le drame de l'étudiant de 22 ans qui s'est immolé par le feu pour dénoncer la précarité, le mouvement étudiant refait surface. Cette détresse n'est pas isolée, la précarité chez les étudiants existe bel et bien. 😠 Révolution Permanente lance une campagne de témoignages contre la précarité étudiante ! 👊 Endettement ? Problèmes de logement ? Boulots précaires ? Pression scolaire ? Envoie ton témoignage à l'écrit, en vidéo, en dessin ou en musique (ou autre) à siterevolutionpermanente@gmail.com Pour ne plus passer sous silence et commencer à préparer une réponse collective ! . #laprecaritétue #burnout #jeunesse #précarité #precaritemenstruelle #suicide #temoignage #etudiant #metroboulotdodo #metroboulotcaveau

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