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Aucune négociation

Piquet à Pavillon-Sous-Bois : “la trêve se fera uniquement après le retrait de la réforme”

Ce matin au piquet de Pavillon-Sous-Bois, qui avait été durement réprimé, les grévistes de la RATP, mais aussi Olivier Besancenot, porte-parole du NPA, et des étudiants, ont réagi aux tentatives de négociations de la part des directions syndicales avec l’exécutif : “nous, on n'ira beaucoup plus loin que le 9 janvier.”

vendredi 20 décembre 2019

Aux alentours de 11h, plus d’une soixantaine de travailleurs se tenaient sur le piquet de Pavillon-Sous-Bois pour se rassembler avec les grévistes du dépôt RATP de Saint-Denis, quelques gilets jaunes et étudiants, et Olivier Besancenot, porte-parole au Nouveau Parti Anti-capitaliste et postier en grève reconductible. Pour rappel, des agents RATP de ce dépôt avaient exercé leur droit de retrait suite à une violente répression le 8ème jour de grève, où certains ont dut se rendre à l’hôpital, quand d’autres ont eu une côté fêlée.

Alors qu’hier en fin de journée, à l’issue d’une réunion à Matignon, le secrétaire général de l’UNSA faisait savoir que l’UNSA SNCF appelait à une « pause » du mouvement de grève contre la réforme des retraites, mais encore l’annonce que la CGT n’appellait qu’au 9 janvier prochain, imposant, de façon moins directe, une trêve pour les vacances de Noël, les grévistes réunis ce matin à Pavillon-Sous-Bois ont très fermement fait savoir que le mouvement n’appartient qu’à la base, laquelle compte se battre et maintenir la pression jusqu’au retrait total du projet de réforme des retraites.

Karim, chauffeur de bus RATP en grève depuis le premier jour, est intervenu pour dénoncer ces annonces des directions syndicales dans une période charnière pour la grève à l’approche de Noël : “On commence a avoir des doutes, mais il faut se dire une chose, il faut rester mobiliser, parce que même si des centrales syndicales appellent à une certaine trêve, ou à aller jusqu’au 9 janvier, nous, on n’ira beaucoup plus loin que le 9 janvier.”

Par la suite, Olivier Besancenot, a pris la parole pour mettre en lumière la stratégie de l’exécutif : “Le gouvernement joue le pourrissement, son calcul c’est que l’opinion se retourne contre nous, contre les grévistes, et contre vous en particulier, et qu’il arrive à jouer le pourrissement jusqu’au bout”. Il est aussi intervenu sur la dimension éminemment politique de cette grève, dans laquelle se joue l’avenir des générations futures, et de la nécessité de se battre pour nos enfants : “J’ai un gamin, j’imagine comme beaucoup d’entre vous, et moralement je ne vais jamais lui dire : j’ai sauvegardé ma retraite en bousillant la tienne”.

Salman, chauffeur de bus du dépôt de Saint-Denis, lui aussi en grève reconductible depuis le 5 décembre, a tenu à répondre fermement aux tentatives de négociations des directions syndicales : “On ne croit pas aux promesses, nous on veut le retrait de cette réforme [...] Nous on a faim, on peut pas attendre le 9, il faut nous donner des réponses aujourd’hui.” Il est aussi revenu sur la répression croissante des forces de répression, et de l’importance d’être à-même de leur tenir tête. Par ailleurs, Salman a souligné la dimension historique de cette grève : “c’est important, c’est un moment historique qu’on est en train de vivre [..] on a déjà écrit la moitié d’une page, mais c’est pas suffisant”.

Enfin, Wadii, étudiant à Paris 8, s’est exprimé pour interpeller la jeunesse à l’approche des vacances : “J’appelle tous les jeunes de ce pays à se rendre compte de ce qui se passe aujourd’hui. On ne va pas partir fêter Noël avec nos parents, dans nos familles, alors que sur les piquets, il y a des grévistes qui perdent des sous, et qui se battent pour notre avenir à nous [..] il faut qu’on passe Noël ensemble, Noël dans la lutte”, après avoir évoqué l’exemple de combativité qu’incarnent pour beaucoup ce secteur à l’avant-garde dans la grève, qu’est la RATP, aux côtés de la SNCF.

Si les directions syndicales ne proposent aucun plan de bataille pour gagner la grève et le retrait total de la réforme, allant jusqu’à proposer, directement pour l’UNSA ferroviaire, et indirectement pour la CGT, une trêve de Noël, les grévistes s’efforcent de maintenir et de renforcer un rapport de forces qui a déjà coûté la place à un ministre. En ce sens, beaucoup ont répondu présent à l’appel de consolider le cadre de coordination d’Île-de-France RATP SNCF.




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