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Pitié-Salpêtrière. Pour la justice, le tweet de Castaner n’était pas une "fake news"

Le tweet concernant la prétendue attaque de la Pitié-Salpêtrière le 1er mai a été soumis devant la loi anti-fake news. Résultat : l'information ne serait "pas dénuée de tout lien avec des faits réels" et ne constituerait pas une "fake news".

mardi 21 mai

La loi relative à la lutte contre la manipulation de l’information dite loi "anti-fake news" avait été mise en place par le gouvernement en décembre 2018 afin de lutter contre la diffusion de fausses informations, notamment dans le cadre des campagnes électorales où celles-ci pourraient participer à influencer les votes.

Le texte stipule notamment que : "Pendant les trois mois précédant le premier jour du mois d’élections générales (...), lorsque des allégations ou imputations inexactes ou trompeuses d’un fait de nature à altérer la sincérité du scrutin à venir sont diffusées de manière délibérée, artificielle ou automatisée et massive par le biais d’un service de communication au public en ligne ", le juge des référés peut prendre des mesures pour en faire cesser la diffusion s’il est saisi.

Deux élus communistes ont voulu mettre à l’épreuve cette mesure en saisissant le juge à propos du tweet de Castaner daté du 1er mai concernant la prétendue "attaque" de la Pitié-Salpêtrière, qui avait suscité une forte indignation du fait de son caractère totalement mensonger. Ils arguaient du fait que le tweet aurait affecté la campagne des européennes en visant "à faire croire à un climat de violence pour faire jouer le ressort de la peur et du chaos".

Or le juge des référés a malgré tout débouté les plaignants. Dans le jugement rendu public ce matin dans Mediapart et La Voix du Nord, le juge déploie des trésors de finesse et de subtilité pour expliquer que Castaner n’a pas commis de faute.

Le juge n’hésite ainsi pas à mettre en question le caractère "fake" du tweet du ministre : « L’information n’étant pas dénuée de tout lien avec des faits réels, la condition selon laquelle l’allégation doit être manifestement inexacte ou trompeuse n’est pas remplie. »

En outre, le juge affirme que le tweet n’aurait finalement pas affecté la campagne, en raison du fait « qu’il a été immédiatement contesté, que de nombreux articles de presse écrite ou Internet ont indiqué que les faits ne se sont pas déroulés de la manière dont l’exposait Monsieur Christophe Castaner et que des versions différentes ont surgi, permettant ainsi à chaque électeur de se faire une opinion éclairée, sans risque manifeste de manipulation ».

A la lumière de ce jugement particulièrement fallacieux, dont l’interprétation est volontairement biaisée pour justifier l’injustifiable, la réalité de l’indépendance de la justice autant que la nature de l’intérêt du gouvernement pour la lutte contre les "fake news" apparaissent avec éclat. Comme nous le notions le 3 mai à la suite de l’affaire, cette mesure est avant tout un outil au service du musèlement de la contestation, et "Castaner et France Info ne seront pas inquiétés par la loi anti Fake News de Macron".




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