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Ils osent tout...

Plainte contre un député LFI. Pap Ndiaye invente une « agression » pour mener une offensive anti-blocus

Suite au blocage du lycée Saint-Exupéry à Marseille, le ministre de l’Education nationale dénonce « l’agression » dont auraient été victimes le proviseur adjoint et le CPE, tout en condamnant le député LFI qui s’est interposé pour défendre les lycéen-ne-s. Le ministre de l’Education nationale, jusque-là bien silencieux sur le mouvement social en cours, affiche ouvertement son opposition aux blocages et tente de casser toute jonction entre les personnels et les lycéen-ne-s.

Diane Delalune

13 mars 2023

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Plainte contre un député LFI. Pap Ndiaye invente une « agression » pour mener une offensive anti-blocus

Crédits photo : Le blocus du 10 mars au lycée Saint-Exupéry (Marseille). Twitter.com/@pandapetit5
 

Ce vendredi 10 mars, le blocage du lycée Saint-Exupéry, situé au nord de Marseille, a donné lieu à deux plaintes contre le député LFI Sébastien Delogu, accusé de faits de violence. Alors que la police et la direction de l’établissement étaient en train d’intervenir pour empêcher le blocus, ce dernier se serait interposé en donnant des coups de pied au proviseur adjoint et au CPE.

Fidèle à la ligne de son gouvernement, le ministre de l’Education nationale s’est empressé de dénoncer « l’agression » dont ont été victimes des membres de « l’équipe éducative » et de rappeler au député LFI, mais aussi aux enseignant-e-s et personnels de l’Education, « l’exemplarité » dont ils sont supposés faire preuve… Une exemplarité qui se résume, visiblement, à ne surtout pas prendre parti en faveur des lycéen-ne-s, y compris lorsqu’ils sont eux-mêmes victimes de violences.

La version défendue par le ministre et le rectorat de l’académie d’Aix-Marseille s’est en effet retrouvée mise à mal par les communiqués relayés par le député et les enseignant-e-s et sections syndicales du lycée. Ils dénoncent les violences commises par « un membre de la direction, secondé par un policier », qui ont « ceinturé et mis au sol un élève pour l’immobiliser », mais aussi des insultes et menaces envers les élèves mobilisés, les enseignant-e-s et les syndicats. Le député, accompagné par les représentants des sections syndicales de l’établissement, se serait ainsi interposé « pour protéger l’intégrité physique des lycéens présents et prévenir toute forme de surenchère ».

Inutile d’attendre que le ministre prenne position contre les violences exercées sur les lycéen-ne-s et personnels mobilisés. En bon représentant de son gouvernement, Ndiaye n’apporte son soutien à des personnels de l’Education et aux élèves que lorsque c’est pour soutenir ses politiques et empêcher la mobilisation. Le tweet de Pap Ndiaye s’inscrit dans la campagne anti-blocus portée par la majorité gouvernementale et par la droite, en continuité de l’offensive contre Louis Boyard, lui aussi député LFI, suite au « blocus challenge ». Cet appel a donné lieu à une avalanche d’invectives contre le député, jusqu’au dépôt d’une plainte au nom de la région Île-de-France, dirigée par Valéry Pécresse (LR), pour « incitation au délit d’entrave et incitation à la violence ».

Des réactions qui montrent non seulement la volonté du gouvernement d’étouffer dans l’œuf le mouvement lycéen, mais aussi de dissuader tout soutien aux blocages, et en particulier de la part des enseignant-e-s et personnels de l’Education nationale. Si l’entrée de la jeunesse peut marquer un tournant important dans la mobilisation, la jonction entre personnels de l’éducation et lycéen-ne-s aurait en effet un potentiel encore plus explosif.

Dans ce contexte, nous apportons ainsi notre soutien à Sébastien Deloglu et aux sections syndicales du lycée Saint-Exupéry, mais aussi à tous les personnels et lycéen-ne-s mobilisés de l’établissement face à la répression policière et face à celle de leur administration. Nous dénonçons par ailleurs le soutien du ministre de l’Education nationale à la répression et sa volonté de restreindre « le droit à manifester » en instrumentalisant les « violences », alors que son gouvernement est le premier à envoyer la police pour violenter manifestant-e-s et lycéen-ne-s, et faire taire toute contestation.


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