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Politique

Violences policières

Plaquage au sol, chassé dans le ventre : la sécurité ferroviaire violente deux jeunes à Avignon

Une vidéo filmée près de la gare d’Avignon hier dans la journée montre l’agression et l'interpellation violente de deux jeunes par des agents de sécurité de la SUGE, le bras armé de la SNCF.

mercredi 2 juin

Image : Thomas Samson

« Tu vas te faire gazer ! », c’est par cette phrase sinistre que commence cette vidéo. Prononcée non pas par un des agents de la sûreté ferroviaire présents sur la scène, mais par un des amis de la victime, qui essaye tant bien que mal de désamorcer la situation.

Soudain, alors que le jeune s’éloigne du groupe de quelques mètres, un des agents de la SUGE, bombe lacrymogène en main, lui donne un coup de pied avant de laisser deux de ses acolytes le projeter violemment au sol. Un de ses amis s’approche pour lui porter assistance, mais reçoit de la part du même agent un coup de pied à l’abdomen, il s’effondre alors à son tour.

L’image, d’une violence rare, est suivie de l’entravement de l’adolescent terrifié, sous les aboiements des chiens et les cris des agents de sécurité. On apprend que le deuxième garçon, seulement coupable d’avoir fait preuve de soutien pour son ami, a fait un malaise suite à une insuffisance respiratoire peu de temps après.

Ce drame est la traduction matériel du rôle répressif de la police ferroviaire et dont les premières victimes sont les jeunes, les pauvres et les personnes racisées. Bras armé de la SNCF, la police des transports a en effet, dans la continuation de la logique de privatisation de cette dernière, renforcée considérablement son arsenal, se dotant dans les trois dernières années de 1200 pistolets semi-automatique accompagnés de leur 805 000 munitions, pour la modique somme de 1,7 millions d’euros. L’armement de ce service, sous le prétexte de la lutte contre le terrorisme, est dans la pleine continuité du tournant sécuritaire du gouvernement d’Emmanuel Macron, et encourage ces policiers à se comporter impunément comme des voyous en uniformes.

Devant la multiplication ces derniers mois des violences et crimes policiers, il est impératif de ne pas rester de marbre. Ces images d’une dureté insoutenable, sont bien souvent malheureusement les seuls moyens de documenter les crimes de cette police qui blesse, estropie et tue.




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