^

Genres et Sexualités

Nouveau rapport de l'Ifop

Plus d’une personne LGBT sur deux a déjà été agressée, les violences physiques en hausse

Selon une nouvelle enquête, plus de la moitié des personnes LGBT en France ont subi au cours de leur vie une agression LGBTphobe. L'enquête révèle également que les actes de violence physique sont en hausse sur les 12 derniers mois.

lundi 13 mai

Une enquête Ifop pour la fondation Jasmin Roy-Sophie Desmarais, publiée ce lundi, donne un état des lieux des violences dont sont victimes les personnes lesbiennes, gays, bi et transgenre en France. L’enquête démontre que plus de la moitié d’entre elles (55%) a déjà été victime d’au moins une agression LGBTphobe. 22% ont déjà été victime d’une agression physique.

Si l’on compare les résultats de ce rapport avec ceux d’un rapport similaire réalisé par l’Ifop en juin 2018, on constate une augmentation nette des violences physiques, puisqu’il y a un an, le nombre de personnes LGBT qui déclarait avoir été victime de telles agressions s’élevait à 17%. Le nombre de victimes de viols est également en hausse de deux points (il est passé de 11% à 13%).

L’enquête montre également que les agresseurs sont majoritairement des hommes (dans 78% des cas). 61% des victimes rapportent avoir été agressées par des personnes qui étaient en groupe. L’Ifop informe également sur la relation entre victimes et agresseurs : dans 28% des cas, il s’agit de camarades de classe ; dans 23% des cas, de collègues, dans 22% des cas, de recruteurs ou de chefs d’entreprises, et dans 21% des cas, de policiers.

Devant l’ampleur des violences, une écrasante majorité des personnes LGBT adoptent des « stratégies d’invisibilité » : par exemple, 63% déclarent éviter d’embrasser une personne du même sexe en public. Dans le pire des cas, cette situation conduit à des envies de suicide : 23% des personnes LGBT ont eu des pensées suicidaires lors des douze derniers mois ; ce taux s’élève à 60% chez les personnes victimes d’agressions physiques.

Ces chiffres terriblement élevés montrent que l’oppression des personnes LGBT a un caractère systémique : il ne s’agit pas seulement d’actes isolés mais bien d’une oppression qui prend de multiples formes, des insultes aux violences physiques en passant par la discrimination à l’embauche.

Ainsi, la lutte contre l’oppression des LGBT est plus que nécessaire. Face au caractère systémique de celle-ci, il n’y a pas de solution individuelle ni institutionnelle qui serait suffisante. Il s’agit de transformer radicalement la société. Ainsi, les marches des fiertés, organisées au mois de juin dans la plupart des grandes villes, seront l’occasion de s’organiser collectivement pour lutter contre l’oppression. Ce d’autant plus que cette année marquera les 50 ans des émeutes de Stonewall, élément déclencheur du mouvement de libération des LGBT et des marches des fiertés.

Crédit photo : PASCAL PAVANI / AFP




Mots-clés

LGBTphobie   /    Violences physiques   /    LGBT   /    Genres et Sexualités