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Politique

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Plus de 100 syndicalistes appellent à rejoindre et soutenir le mouvement contre les violences policières et le racisme

Une centaine de syndicalistes de multiples organisations signaient hier une tribune appelant à soutenir et rejoindre les mobilisations contre les violences racistes policières. Un appel important pour commencer à construire l’unité du mouvement ouvrier avec les luttes anti-racistes.

mercredi 24 juin

Crédit photo :O Phil des Contrastes

A l’initiative du Forum Syndical Antiraciste, plus de cent syndicalistes signaient hier une tribune dans Mediapart. De tous les secteurs et de différentes organisations, ils y appellent leurs collègues et camarades à rejoindre et soutenir le mouvement en cours contre les violences policières et le racisme d’Etat.

Les signataires reviennent ainsi sur les mobilisations contre les violences policières et racistes de ces dernières semaines qu’ils décrivent comme : « Un formidable mouvement de dénonciation du racisme, de tous les racismes, traverse la société française. C’est un tournant majeur. S’il s’incarne aujourd’hui par des manifestations initiées notamment par le Comité Vérité et Justice pour Adama Traoré, il est le fruit de décennies de combat des familles des victimes de crimes policiers, d’années de combats antiracistes portées par les organisations héritières des luttes des immigrations et des quartiers populaires, qui ont puisées leur force dans leur autonomie et qui l’ont préparé et permis. »
 
Comme de nombreux militants de ce mouvement qu’ils soutiennent, les syndicalistes insistent sur le caractère structurel des faits dénoncés par les familles de victimes et les anti-racistes : « Ce mouvement dit clairement que les violences et les crimes policiers ne sont pas des « dérives individuelles » : que c’est une institution gangrénée par le racisme qui les produit. Au travers de la police, c’est le racisme qui tue. (…) Un racisme qui structure la société française, hérité du colonialisme français et de l’esclavage. »
 
Si les syndicalistes entendent ainsi montrer leur soutien au mouvement, c’est une volonté de convergence du mouvement ouvrier et du mouvement antiraciste qui les anime, comme le montre l’appel clair à tous les syndicalistes et collègues à rejoindre la mobilisation : « Nous appelons nos camarades de syndicats, nos collègues de travail à descendre dans la rue et à prendre part aux rassemblements et aux manifestations contre le racisme et contre les violences, les crimes et l’impunité policières : parce que ce sont des mobilisations populaires pour la justice et pour l’égalité, toutes l’égalité. »

La tribune ne s’arrête pas seulement à appeler à la convergence entre la lutte antiraciste avec celle du mouvement ouvrier. Les signataires pointent également le fait que la question du racisme ne saurait être détachée de celle du capitalisme : « Même si on ne peut le résumer à cette fonction, le racisme renforce l’exploitation capitaliste. (…) Les travailleuses et travailleurs racisé·es étaient bien en première ligne, parmi les « premier·es de corvées » lors de la crise du Covid-19. Dans les quartiers populaires, elles et ils ont été parmi les plus touché·es par l’épidémie et les violences policières. » En ce sens, et après l’importante Marche des Solidarités du 20 juin dernier, ils revendiquent également : « la régularisation massive, totale, et en particulier de toutes et tous les travailleuses et travailleurs sans papiers. »
 
Un appel très progressiste à saluer qui devra se concrétiser lors des mobilisations à venir. A l’aube d’une crise importante, face à laquelle la répression et la misère devrait s’aggraver dans les quartiers populaires, la lutte pour que les travailleurs ne paient pas la crise est indissociable d’une lutte contre le racisme d’Etat et les violences policières. En ce sens, il est central de construire l’unité dans la lutte, à la base, mais aussi d’interpeller les directions syndicales pour qu’elles assument un soutien réel, qui pourrait commencer par de véritables appels à rejoindre les mobilisations partout où elles ont lieu. 

La tribune

 

Syndicalistes contre le racisme, pour la justice et pour l’égalité

Nous sommes syndicalistes. Nous sommes de celles et ceux qui luttons sans relâche pour la justice et l’égalité.

Pour certain·es d’entre-nous, le combat contre le racisme au travail et en général est une question de dignité au quotidien, vécu et payé mentalement et physiquement.
Un formidable mouvement de dénonciation du racisme, de tous les racismes, traverse la société française. C’est un tournant majeur. S’il s’incarne aujourd’hui par des manifestations initiées notamment par le Comité Vérité et justice pour Adama Traoré, il est le fruit de décennies de combat des familles des victimes de crimes policiers, d’années de combats antiracistes portées par les organisations héritières des luttes des immigrations et des quartiers populaires, qui ont puisées leur force dans leur autonomie et qui l’ont préparé et permis.

Ce mouvement dit clairement que les violences et les crimes policiers ne sont pas des « dérives individuelles » : que c’est une institution gangrénée par le racisme qui les produit. Au travers de la police, c’est le racisme qui tue.
Un racisme qui structure la société française, hérité du colonialisme français et de l’esclavage.

Un racisme qui la traverse de part en part, créant des discriminations, des assignations, des violences bien concrètes pour toute une catégorie de la population en raison de sa couleur de peau, parce qu’elle n’est pas blanche, ou de sa religion, réelle ou supposée.

Même si on ne peut le résumer à cette fonction, le racisme renforce l’exploitation capitaliste.

Les travailleuses et travailleurs racisé·es étaient bien en première ligne, parmi les « premier·es de corvées » lors de la crise du Covid-19. Dans les quartiers populaires, elles et ils ont été parmi les plus touché·es par l’épidémie et les violences policières.
Le monde du travail est un des espaces où opère le racisme, et il s’y déploie sous des formes multiples.

Pour que le syndicalisme s’y attaque résolument, il est urgent de mettre en place des outils statistiques permettant de mesurer les inégalités et discriminations raciales, trop souvent invisibilisées sur nos lieux de travail.
Nous sommes syndicalistes et nous sommes de ces mobilisations antiracistes.
Parce que nos organisations combattent les inégalités et les injustices, elles y ont toute leur place, tout en respectant scrupuleusement leur auto-organisation par les premier·es concerné·es.

Nous appelons nos camarades de syndicats, nos collègues de travail à descendre dans la rue et à prendre part aux rassemblements et aux manifestations contre le racisme et contre les violences, les crimes et l’impunité policières : parce que ce sont des mobilisations populaires pour la justice et pour l’égalité, toute l’égalité.
Nous faisons nôtres toutes les revendications portées par les familles de victimes de crimes policiers dont celles de l’interdiction immédiate des techniques d’immobilisation mortelles, l’interdiction immédiate de l’usage des armes de guerre par les forces de police (LBD, grenades), la fin des contrôles au faciès, la dissolution de l’IGPN et son remplacement par une structure indépendante.

Nous disons enfin que personne n’est illégal·e, que l’heure est à la régularisation massive, totale, et en particulier de toutes et tous les travailleuses et travailleurs sans papiers. Que l’heure est à la fermeture définitive des Centres de rétention administrative qui sont des prisons pour étranger·es.

L’histoire des luttes ouvrières et syndicales menées par les travailleuses et les travailleurs immigré·es dans leurs usines, leurs ateliers, leurs chantiers leurs services… mais aussi en dehors, contre le racisme, les crimes policiers et pour de meilleures conditions de vie, est aujourd’hui un héritage précieux pour les premières et premiers concerné·es et doit l’être pour l’ensemble des travailleuses et des travailleurs.

Nous nous engageons à porter, à faire vivre concrètement dans nos structures syndicales la lutte contre tous les racismes, au travail comme dans la société toute entière.

C’est ainsi que nous contribuerons à construire l’égalité des droits de toutes et tous.




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