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Notre classe

Contre la réforme de l’assurance chômage

Plus de 40 stations de ski au départ d’une grève illimitée ce samedi 15 février

Suite à l’appel à la mobilisation de la CGT et FO et en plein chassé-croisé des vacances d’hiver, de nombreux saisonniers des remontées mécaniques répondent présent et annoncent un grève illimitée à partir du samedi 15 février contre la réforme de l’assurance-chômage. Selon FO, on dénombre environ 17 000 contrats saisonniers dans les remontées mécaniques sur 20 000 employés des domaines skiables français. Mais au-delà, ce sont aussi plus un million de travailleurs saisonniers, avec des contrats en moyenne de deux mois, qui vont être touchés par cette réforme. Ainsi, 40 stations de ski sur 200 vont voir leur service de remontées mécaniques fortement perturbées voir arrêtées.

samedi 15 février

Alors que les vacances d’hiver viennent de commencer, de nombreux saisonniers des remontées mécaniques des Alpes et des Pyrénées vont répondre à l’appel de la CGT et de FO qui annoncent une grève illimitée à partir du samedi 15 février contre la réforme drastique de l’assurance-chômage. Les saisonniers représentent à ce jour plus de 80 % des 20 000 employés des domaines skiables français. Mais au-delà, ce sont aussi plus un million de travailleurs saisonniers, avec des contrats en moyenne de deux mois, qui vont être impactés par cette réforme. Ainsi, 40 stations de ski sur 200 vont voir leur service de remontées mécaniques fortement perturbées.

Des préavis de grève ont été déposés par la CGT et FO auprès d’entreprises qui opèrent des domaines skiables en Savoie, Haute-Savoie, dans les Pyrénées et dans les Hautes-Alpes. Les salariés des remontées mécaniques sont appelés à débrayer « quelques heures voire une demi-journée » et à distribuer des tracts. L’occasion, en cette journée de chassé-croisé, de sensibiliser un maximum de touristes sur la réforme de l’assurance-chômage.

En effet, depuis l’adoption de la réforme de l’assurance-chômage, le 1er novembre 2019, les règles d’entrée dans le système et de renouvellement des droits ont radicalement changé. Auparavant, un équivalent de quatre mois travaillés sur une période de 28 mois permettait l’ouverture des droits au chômage. Il faudra désormais travailler six mois sur une période de 24 mois ! Par ailleurs, jusqu’ici, une fois les droits ouverts, il suffisait de travailler un mois pour recharger ses droits d’une même durée, désormais il faudra à nouveau travailler 6 mois pour prolonger ses droits.

En conséquence, ce million de précaires actifs en moyenne quatre mois et demi l’hiver, et pour certains deux mois l’été, va se retrouver sans allocation chômage une fois leur contrat saisonnier terminé. Comme l’expose Pascal Charnaux, secrétaire national CGT des remontées mécaniques, «  on va prendre en compte les jours travaillés mais aussi ceux non travaillés pour déterminer le montant de l’allocation. Comme nous avons de grandes périodes sans activité, cela va gravement nous pénaliser ». Les saisonniers pourront ainsi perdre 20 à 50 %, certaines sources avancent jusqu’à 70 %, de leurs indemnités. En toute transparence, la ministre du Travail, en déplacement dans les Hautes-Alpes la semaine dernière, a rappelé la philosophie de la loi, encourageant le travail à l’année.

Samedi va donc être une journée importante de visibilisation de la colère envers une nouvelle réforme du gouvernement qui vise une fois de plus à précariser et à creuser les inégalités et les écarts sociaux. FO entend faire lien avec l’hôtellerie-restauration où les saisonniers sont nombreux mais plus difficiles à fédérer.