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Plus de 7 millions de personnes pour la Semaine mondiale, une mobilisation record pour le climat

Avec ses manifestations massives, la grève mondiale pour le climat et la semaine du 20 au 27 septembre dernier constitue une des plus importantes mobilisations de l’histoire depuis la lutte contre la Guerre en Irak.

mercredi 2 octobre

Crédit photo : Joël Lemay / Agence QMI

Plus de 7 millions de personnes se sont mobilisées pour le climat la semaine dernière
Avec ses manifestations massives, la grève mondiale pour le climat et la semaine du 20 au 27 septembre dernier constitue une des plus importantes mobilisations de l’histoire depuis la lutte contre la Guerre en Irak.

D’après la compilation réalisée par l’ONG 350.org à partir des informations de Global Climate Strike, plus de sept millions de personnes ont participé aux journées de mobilisations organisées dans le cadre de la Semaine mondiale d’action pour le climat. Ces chiffres, qui doivent encore être actualisés, font de cette mobilisation l’une des plus importantes de l’histoire depuis les mobilisations contre la Guerre en Irak de 2003.

Une prochaine manifestation mondiale devrait avoir lieu le 29 novembre.

Du 20 au 27 septembre, des millions d’étudiants, de parents, de syndicats, d’entreprises, de travailleurs, de scientifiques, de célébrités, de tous les âges et de toutes les origines ont ainsi appelé à l’action climatique. Plus de 6100 événement ont été organisé dans 185 pays avec l’appui de 73 syndicats, 820 associations et ONG, 3000 entreprises et 8500 sites web.

Alors que la mobilisation de jeunesse mondiale du 20 septembre a fait la une des journaux dans le monde entier, des actions ont été organisées pendant toute la semaine jusqu’à la journée d’action globale du vendredi 27 septembre. Cette journée a commencé en Nouvelle-Zélande, où les organisateurs estiment que 170 000 personnes (3.5% de la population) se sont mobilisées.

Tout au long de la semaine, du 20 au 27, 1,5 millions de personnes ont manifesté en Italie, 1.4 millions en Allemagne, 800 000 au Canada, 500 000 aux Etats-Unis, 500 000 en Espagne, 350 000 en Australie ainsi qu’au Royaume-Uni, 195 000 en France, 170 000 en Nouvelle-Zélande, 150 000 en Autriche, plus de 100 000 en Suisse, plus de 100 000 au Chilie, 50 000 en Irlande, 70 000 en Suède, 42 000 aux Pays-Bas, 20 000 au Brésil, 21 000 en Finlande, 15 000 au Pérou, 13 000 au Mexique, 13 000 en Inde, 10 000 au Danemark, 10 500 en Argentine, 10 000 en Turquie, 10 000 au Pakistan, 6000 en Hongrie, 5000 en Corée du Sud, au Japon, en Afrique du Sud, 3000 dans le Pacifique, 2500 en Equateur, 2000 à Singapour, et bien plus encore.

Les grévistes ont notamment exigé la fin des combustibles fossiles, l’arrêt du défrichage et de la déforestation en Amazonie et en Indonésie, une transition immédiate vers 100% d’énergies renouvelables, juste et équitable. De nombreuses célébrités ont par ailleurs soutenu le mouvement, à l’image de Leonardo DiCaprio, Mick Jagger ou David Gilmour.

« Nous luttons parce que nous croyons qu’il n’y ap as de Planète B, et que nous faire tout ce qui est possible pour arrêter cette crise. A l’inverse, [les dirigeants] m’ont voler mes rêves d’un avenir heureux, de même qu’à tous les enfants du monde » a expliqué Atlas Sarrafoğlu, organisateur de Fridays for Future Turquie.

La “semaine climatique” a été organisée en parallèle du sommet de l’ONU et d’événements qui ont réuni de nombreux leaders politiques à New-York, pour discuter des actions à mener face à la crise climatique.

Tandis que les jeunes militants écolos prononçaient de puissants discours, à seulement quelques mètres, les principaux dirigeants de groupes pétroliers multinationaux se réunissaient avec des représentants de gouvernements et des diplomates, dans un travail de lobbying visant à influencer la politique climatique.=
« Cette semaine a été une démonstration de la force de notre mouvement. Le pouvoir populaire est plus fort que les gouvernements. Il s’agit de la plus grande mobilisation climatique de l’histoire, et ce n’est que le début. Le courant va dans notre sens, et on ne va pas le laisser filer. » a déclaré Fridays For Future International

De fait, les prochaines années seront cruciales pour réduire drastiquement les émissions mondiales de gaz à effet de serre. Pourtant, tandis que la planète se réchauffe et que des populations entières voient leurs moyens de subsistance disparaître, les grandes entreprises de combustibles fossiles continuent de faire des profits sur le charbon, le pétrole et le gaz.

Au cours des prochains mois, de nouvelles actions seront organisées dans le monde entier pour faire pression sur les gouvernements. Joel Enriche Panichine, organisateur de Fridays for Future Chili, pays qui recevra le prochain sommet climatique de l’ONU en décembre (COP25), a ainsi expliqué que le mouvement en Amérique latine ne s’arrêterait pas tant que les dirigeants mondiaux ne les écouteraient.

Face à la crise écologique, prendre en main l’économie pour renverser le capitalisme

Si le mouvement pour le climat est historique, cette volonté de continuer d’attendre les gouvernements marque une des limites du mouvement. Pourtant, face à l’inaction des gouvernements, il est clair que le mouvement n’en restera pas là. Pour s’étendre et pour faire face à la crise climatique, il devra renverser le capitalisme et se tourner vers d’autres secteurs de la société, et en particulier vers la classe ouvrière qui, au cœur de la production, peut seule prendre en main la production en lieu et place et contre les intérêts de ceux qui la dirigent actuellement.

Comme le note la FT, dont font partie les militants de Révolution Permanente, dans sa déclaration, récemment publiée :

« Face à la perspective absolument irrationnelle à laquelle le capitalisme nous conduit, la nécessité de mesures drastiques et urgentes est évidente. Mais celles-ci ne peuvent dépendre de la bonne volonté des gouvernements des puissances impérialistes qui sont les principaux responsables de la catastrophe actuelle, ni des nouveaux agendas promus par les grandes entreprises et les partis qui promeuvent le « capitalisme vert ».

La seule issue pour sortir de la catastrophe qui nous menace est de prendre en main le présent et l’avenir par une planification rationnelle de l’économie mondiale ou, comme dirait Marx, par « l’introduction de la raison dans la sphère des relations économiques ». Cela n’est possible que si la planification de l’économie est entre les mains de la seule classe qui, du fait de sa situation objective et de ses intérêts matériels, a intérêt à éviter la catastrophe : la classe ouvrière. »

Une perspective autour de laquelle milite aujourd’hui notamment le NPA Jeunes dans les mobilisations climat.




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