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Grève de solidarité

Plus de 80 grévistes au dépôt de bus d’Ivry en solidarité avec un machiniste agressé

Mercredi matin, plus de 80 grévistes du dépôt de bus d'Ivry ont tenu un piquet de grève en solidarité avec un de leur collègue violemment agressé sur la ligne 91 durant son service.

mercredi 26 janvier

Les faits de l’agression remontent au 22 janvier. Après qu’un bus ait légèrement percuté l’arrière d’un véhicule, le chauffeur de la voiture accidentée est sorti de son véhicule et à immédiatement agressé le machiniste du bus. L’agression a été en bonne partie filmée par un usager, dont la vidéo a fait le tour des réseaux sociaux. On peut y voir l’agresseur briser une vitre du bus tout en insultant et menaçant de mort le machiniste, avant de forcer l’entrée pour aller frapper le machiniste au visage.

À la suite de cette violente agression, les collègues du dépôt de la victime ont décidé de faire une journée de grève ce mercredi en solidarité avec leur collègue. Plus de 80 personnes étaient présentes au piquet pour témoigner leur solidarité, et l’ensemble de la ligne 91, sur laquelle avait eu lieu l’agression, était paralysée.

Durant l’assemblée générale ayant pris place une fois le piquet de grève levé, plusieurs collègues de la victimes sont intervenus pour parler de son état de santé et témoigner leur soutien, multipliant les ‘On est là pour Damien’, mais aussi pour dénoncer la réaction de leur direction, qui a tout fait pour essayer d’éviter un mouvement de solidarité.

En effet, plusieurs machinistes ont critiqué le manque de communication de la RATP durant les évènements, y compris sur la ligne en question : “Y’a un collègue on lui a dit de faire une déviation, on lui a pas dit pourquoi. il a juste vu les véhicules de loin et il a fait la déviation. Le soir, à 22h, il voit la vidéo sur internet.” L’équipe chargée de communiquer avec les machinistes n’a en effet rien communiqué de l’agression de toute la journée, empêchant alors une réaction de solidarité immédiate.

La faute n’est pourtant pas celle du personnel de régie, mais plutôt celle de la direction de la RATP qui cherche à empêcher ces élans de solidarité entre le personnel : “Maintenant s’il y a un incident on a pas l’info, ils mettent juste un papier le lendemain.” Yassine, machiniste de Malakoff venu en soutien dénonce une organisation des services empêchant la solidarité de se former : “Les plus anciens on a connu quand le régulateur était au terminus. Y’avait ce lien humain où quand on lui demandait s’il se passait quelque chose sur une ligne, c’était pas possible de rien dire. Aujourd’hui on voit plus le régulateur, on a pas l’info du coup on peut pas rentrer les bus”, avant de continuer : “Le problème c’est la communication, l’entreprise elle pense qu’au kilomètre, au détriment du chauffeur”.

La politique de la direction de la RATP montre la volonté de l’entreprise de limiter la solidarité entre ses agents, dans le but de limiter les réponses collectives face au dumping social qu’elle organise, notamment avec l’ouverture à la concurrence. Une ligne allant à l’opposé d’un service public des transports de qualité, en plus de mépriser la santé de ses agents.



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