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Jeunesse

Distribution Solidaire

Plusieurs centaines d’étudiants réunis pour répondre à la précarité place de la Sorbonne !

Ce mercredi, à l’initiative du collectif Le Poing Levé et de nombreuses autres organisations étudiantes et du mouvement ouvrier, une journée de solidarité contre la précarité étudiante a été organisée. Un premier pas pour construire une riposte collective et faire face à la détresse de la jeunesse.

mercredi 24 mars

Crédits photo : Milla Morisson

Ce mercredi 24 mars, ce sont plus de 200 étudiants qui se sont retrouvés Place de La Sorbonne pour un rassemblement solidaire contre la précarité. Cette journée, à l’initiative du Poing Levé et organisée notamment avec La Fédé Paris 1, l’UNEF et Sorbonne Mobilisée, a été l’occasion de se retrouver autour d’une distribution alimentaire et d’un concert, pour donner une première réponse à la précarité étudiante. « On veut s’organiser et incarner une jeunesse qui relève la tête. Mobilisons-nous pour que plus jamais les collectifs n’aient à organiser des collectes alimentaires et que ce ne soit pas la jeunesse qui paye la crise » explique Simon, militant au Poing Levé à Paris 1.

Ce rendez-vous, préparé depuis plusieurs semaines, avait pour but de servir de premier pas pour une riposte collective à la situation dans la jeunesse. Entre les queues à rallonges devant les banques alimentaires, les images des chambres Crous et appartements minuscules parfois infestés de nuisibles, en passant par les pertes d’emploi, et jusqu’aux nombreux suicides, la situation est plus dramatique que jamais dans la jeunesse. Pour y faire face, le gouvernement n’a offert que des mesures cosmétiques, des aides minimales comme les chèques psy ou les repas 1€ ou encore des plateformes d’aide comme « 1 jeune 1 solution » qui ne propose que des jobs précaires.

Si le gouvernement a préféré faire de la comm’ chez les influenceurs, son inaction oblige des milliers d’étudiants à vivre dans des situations très difficiles. Et ce sont les associations caritatives qui se retrouvent obligées de résoudre la situation, alors que dans le même temps des milliards sont alloués au patronat des grandes entreprises. Typiquement le « Plan jeunes » proposé par le gouvernement offrait sur un plateau d’argent 6,7 milliards d’euros d’aide aux entreprises pour qu’elles exploitent des jeunes avec des contrats courts et sous-payés.

Pour répondre à cette situation, Le Poing Levé a décidé d’organiser, en commun avec de nombreuses organisations étudiantes, universitaires, et du mouvement ouvrier, une grande distribution alimentaire solidaire à la Sorbonne. Cet appel pour « se rencontrer et de s’organiser ensemble contre la politique de Vidal et Macron, contre la dégradation de nos lieux d’études, de nos conditions de vie, pour défendre une Université ouverte libre et gratuite pour tous » a été signé très largement.

Ce mercredi, ce sont près de 250 colis qui ont pu être distribués aux étudiants qui en avaient besoin, avec des produits essentiels pour se nourrir mais aussi des produits hygiéniques. Ces colis ont pu être préparé grâce à plusieurs collectes alimentaires, réalisées bénévolement quelques jours avant.

Par ailleurs, grâce à la fanfare La Bande à Joe, cette journée aura été aussi l’occasion d’une rencontre festive, pour briser l’isolement auquel de nombreux étudiants sont confrontés. Un bol d’air frais dans une période où beaucoup de jeunes souffrent aussi de la détresse psychologique, engendrée par la gestion sanitaire désastreuse du gouvernement. Enfin, une prise de parole a permis de faire le pont entre le monde étudiant et le monde du travail, lui aussi touché largement par la précarité, via les attaques et les licenciements, et notre génération. « Nous devons tous nous allier, la jeunesse précaire, étudiante, des quartiers populaires, les travailleurs, SNCF, RATP, Sanofi ou Total, on doit se lever ensemble » expliquait Adrien, raffineurs à Grandpuits, présent en soutien aux étudiants.

Pour Simon, étudiant et militant au Poing Levé : « Ce qui met en colère la jeunesse c’est le mépris du gouvernement, ses coups de communications, ses réformes cosmétiques, nous la précarité on la vit dans notre chaire, des étudiants se suicides, d’autres sont hospitalisés ». A ses côtés, un camarade de l’UNEF, explique : « C’est important que les différentes organisations étudiantes puissent se réunir pour lutter ensemble contre Macron et ce gouvernement qui n’en a que faire des étudiants ».

Mais ce sont aussi de nombreux travailleurs en lutte qui ont répondu présents. « Qu’on travaille à Biocoop, à Chronodrive, à la Poste ou à la SNCF, c’est toujours les mêmes méthodes de répression qui s’abattent sur les syndicalistes combatifs » a expliqué Konstantin, jeune travailleur, licencié par Biocoop après avoir mené une lutte contre l’ouverture le dimanche.

Étaient également présents Ahmed, syndicaliste CGT RATP à Flandre et Rudy, jeune travailleur à l’Infrapôle à Paris Nord en grève pour de meilleures conditions de travail, qui déclarait : « On vient pour vous donner de la force. J’ai 25 ans et je travaille à la SNCF, vous vous êtes étudiants, mais on est tous dans le même combat. ». De son côté Julie, étudiante à l’école du Louvre est venue insisté sur la précarité dans le secteur de la culture : « Aujourd’hui dans la culture on occupe des théâtres, parce que nous aussi on crève la dalle, les travailleurs et les étudiants de la culture crèvent la dalle ». Le collectif Justice et Vérité pour Gaye Camara avait également fait le déplacement.

Si depuis plusieurs mois, le gouvernement s’enfonce dans une offensive réactionnaire, en dénonçant le soi-disant « islamo-gauchisme » qui gangrènerait les Universités et en attaquant les militants étudiants, c’est qu’il a peur que la colère se propage. D’autant plus après la cabale contre l’UNEF, lancée ces derniers jours, sous le prétexte qu’elle organise des réunions non-mixtes, il est essentiel de lui apporter une réponse collective. Ces coups de force anti-démocratiques visent à faire taire les contradicteurs au gouvernement et à empêcher les liens qui se nouent entre l’antiracisme et la jeunesse. Cette journée était l’occasion de rappeler que les organisations étudiantes continueront à militer contre la politique du gouvernement.

Ce rassemblement solidaire, doit être le premier pas pour construire une riposte par le bas, en alliance entre les étudiants et tous les secteurs précarisés, pour faire face à la crise sans précédent dans laquelle nous sommes plongés. Pour que nous ne soyons pas la génération sacrifiée, mais surtout pour que la crise ne soit pas payées par les travailleurs et la jeunesse, ce sont des initiatives de ce type qui sont nécessaires pour permettre par la suite la mobilisation de toutes et tous.




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