^

Politique

Procès politique

Policiers « barbares » : Castaner attaque Mélenchon en justice

Alors que le syndicat de Police Alliance organise une manifestation devant les locaux de la FI en réponse aux propos de Jean-Luc Mélenchon dénonçant les violences policières, le ministre de l'Intérieur, Christophe Castaner, entend porter plainte pour défendre « l'honneur et la probité de la police ».

jeudi 26 septembre

À l’heure où la justice de classe se déchaîne contre Jean-Luc Mélenchon et six membres de la FI et où le syndicat policier d’extrême droite Alliance organise une manifestation devant le siège de la FI en réponse à la dénonciation des violences policières jugées « barbares » par Mélenchon captée lors de la manifestation de 24 septembre dernier, Christophe Castaner veut se lancer dans un autre procès politique contre le leader de la France Insoumise.

Les propos de Mélenchon répondant à un Gilet jaune victime de violences policières, soulignant que les policiers sont des « barbares » qui « ne s’arrêtent plus maintenant » et qui sont prêts à tuer, ont immédiatement suscité un tollé parmi les forces de répression. Christophe Castaner avait demandé des excuses au député insoumis, ce que les syndicats de police avaient jugé insuffisant. Ce jeudi, le ministre de l’Intérieur a donc annoncé au micro de RTL vouloir mettre en marche une procédure auprès du procureur de la République pour porter les propos de Mélenchon devant la justice.

Un deux poids, deux mesures évident, alors que la fédération 34 de ce même syndicat de police écrivait dans un communiqué que « les propos scandaleux » des Gilets jaunes manifestant après la mort de Steve en août dernier « sont dignes de barbares ». Une formule qui n’a, évidemment, jamais été condamnée par un membre du gouvernement.

Castaner fustige la remise en cause permanente de la police par Mélenchon et se targue d’agir en toute indépendance des syndicats de police de plus en plus offensifs. Aucun mot sur la manifestation illégale du syndicat Alliance devant le siège d’un parti d’opposition, sur les positions réactionnaires qu’il défend ni même sur les mutilés, éborgnés et morts des derniers mois. En dernière instance, cette déclaration du ministre de l’Intérieur vient légitimer un coup de pression exercé par les forces répressives contre un groupe de l’opposition, et il adresse dans le même temps un message clair à tous ceux qui se mobilisent et s’organisent pour contester la politique du gouvernement.

Castaner sait pertinemment qu’après la séquence des Gilets Jaunes, qui a vu le sentiment anti-police augmenter, il doit se faire le défenseur de « l’honneur et la probité de la police », comme il le dit lui-même, pour protéger les défenseurs de l’ordre bourgeois. La répression de la manifestation anti-climat que Mélenchon dénonçait mardi dernier, signe d’une extension de la violence et de l’arbitraire policier, ne doivent, pour le ministre de l’Intérieur et le gouvernement, pas être reconnue pour ce qu’elle est. Et ce même au prix d’un énième procès politique. Car les chantiers les plus importants du quinquennat – à commencer par la réforme des retraites – sont encore à venir, et face à une colère sociale profonde le gouvernement a besoin pour les mettre en œuvre de renforcer par tous les moyens son appareil répressif.

Crédit photo : capture écran RTL




Mots-clés

Police   /    Gilets jaunes   /    Christophe Castaner   /    La France Insoumise   /    impunité policière   /    Jean-Luc Mélenchon   /    Violences policières   /    Répression   /    Politique