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Notre classe

Première ligne en colère !

Polyclinique Bordeaux Rive droite. D’autres services rentrent en grève pour soutenir la lutte !

Ce mercredi, la grève débutée il y a maintenant plus de deux semaines, par la majorité des services de la Polyclinique de Bordeaux Rive Droite, a pris une autre tournure : le personnel du bloc opératoire et de la salle de réveil, déjà en grève quelques semaines auparavant et ayant obtenu satisfaction auprès de la direction, se mettent de nouveau en grève pour soutenir leurs collègues des autres services.

mercredi 2 juin

La grève s’intensifie à la Polyclinique de Bordeaux Rive droite. Sur le piquet de grève, installé sur le rond-point en face de la Polyclinique, le personnel soignant était de nouveau réuni dans la matinée, comme depuis plus de deux semaines désormais. Nouveauté de la matinée : les services du bloc et de la salle de réveil sont venus les soutenir en se mettant également en grève. Pour eux, l’objectif est d’augmenter la pression sur la direction, qui refuse toujours d’ouvrir les négociations. A la fin de la semaine, c’est un taux de grévistes qui pourrait atteindre les 90% nous annonçait un membre du personnel. C’est le cas également d’autres services qui ont rejoint la grève pour soutenir les autres services, comme la stérilisation depuis le 19 mai, ainsi que l’endoscopie qui avait fait pendant plusieurs jours grève en solidarité.

Une gréviste, entrée aujourd’hui dans la grève en soutien avec ses collègues, confiait au micro de Révolution Permanente, la raison pour laquelle ils rentrent dans la lutte aux cotés des autres services en grève : l’objectif est de vouloir « taper un grand coup » afin que ses collègues obtiennent satisfaction auprès de la direction. Une direction qu’elle dénonce tout comme l’ensemble des grévistes présents sur place : « quand on sait que la clinique est bénéficiaire de 1,3 millions d’euros alors que les années précédentes, sans le Covid, on est à 1,8 millions d’euros, on ne va pas les plaindre  » et que « malgré ça, on nous dit qu’on ne peut pas nous augmenter car on n’a pas de sous ».

Le personnel soignant mène une bataille exemplaire depuis le début de la grève en s’organisant, à la base, sur le piquet de grève : des tracts sont distribués aux automobilistes pour visibiliser leur lutte, une pétition en ligne ainsi qu’une caisse de grève sont mises en place pour leur donner les moyens d’étendre leur bataille dans la durée et obtenir des soutiens plus largement, et des assemblées générales s’organisent et font l’objet de débats et de discussions, pour décider démocratiquement des suites de la grève. La dernière assemblée générale ayant acté la reconduction de la grève face à une réunion de courte durée avec la direction sans aucune avancée.

Dans une interview accordée à Révolution Permanente, le personnel en grève de la polyclinique revient sur les conditions de travail difficiles dans lesquelles ils exercent, notamment due au manque de personnel. Ils évoquent aussi l’inaction et le mépris de la direction, et racontent l’organisation des travailleurs autour de cette grève pour gagner cette bataille. Une des grévistes nous expliquait encore ce matin que « ce n’est pas possible qu’une infirmière gère tout un service », symbole d’une gestion catastrophique et d’un manque de considération de la part de la direction.

Le collectif féministe et révolutionnaire « Du Pain et des Roses », dans un communiqué que nous relayons, apporte également son soutien à la grève. Il dénonce principalement les conditions de travail des femmes, dans le secteur de la santé où c’est majoritairement féminisé, en première ligne depuis le début de la crise sanitaire, qui continuent de se dégrader, et des travailleuses précaires dont le niveau de vie se détériore.

C’est dans un contexte de lutte intense, avec des travailleurs, à la base, qui s’organisent, en dépassant les cadres corporatistes, bureaucratiques et institutionnels, que nous continuerons à soutenir les grévistes, mobilisées, pour inverser le rapport de force face à une direction indifférente quant à la santé des travailleurs et des patients, qui gère un service de santé dans le but de maximiser ses profits. Une gréviste synthétisait en concluant : « on gère l’humain, on ne traite pas des choses ».




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