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Polyclinique Bordeaux Rive droite : après 3 semaines de grève, la lutte continue !

Ce vendredi 4 juin a été mobilisateur pour les grévistes de la Polyclinique de Bordeaux Rive droite, qui continuent de lutter pour obtenir satisfaction, face à une direction qui refuse toute avancée dans les négociations. Environ 60 grévistes étaient de nouveau réunis, accompagnés de représentant syndicaux CGT et d’élus locaux, sur le rond-point en face de la polyclinique, pour défendre, avec détermination, des nouvelles embauches, des augmentations de salaire à la hauteur et des meilleures conditions de travail.

vendredi 4 juin

Sous la pluie, c’est avec la volonté de ne rien lâcher, que se sont de nouveau réunis les grévistes de la polyclinique de Bordeaux Rive droite. Plusieurs services étaient présents sur place, comme depuis 3 semaines désormais (certains sont arrivés quelques jours après le début de la grève par solidarité) : des infirmier.e.s et aides soignant, le personnel du bloc, de la salle de réveil, de la dialyse, de l’orthopédie, de l’urologie, de l’unité de surveillance continue, et des urgences. Tous, sont unis dans cette lutte pour faire plier la direction.

Nous notons également la présence pour cette journée de Phillipe Poutou, élu municipal à la mairie de Bordeaux et de Loïc Prudhomme, députée La France Insoumise, venus tous les deux apporter leur soutien aux grévistes, qui ont, toutefois, refusé de prendre la parole au micro de Révolution Permanente pour exprimer leur solidarité.

Aujourd’hui, c’est « une polyclinique qui tourne au ralenti  » (la grève en cours ayant bien sur un impact, s’ajoutant au manque de personnel chronique) nous affirmait Sylvie, élue syndicale CGT au CSE, puisqu’il reste seulement d’ouvert, les services du bloc, de la dialyse et de la maternité. Des services maintenus par la réquisition du personnel, seule façon pour la direction d’intimider les travailleurs et de casser la grève. Une direction qu’elle critique en demandant des moyens massifs : «  les négociations avec la direction sont au point mort, parce que la question salariale est éludée, à chaque fois, en disant qu’ils n’ont pas d’argent » et que «  si on demande des grilles salariales plus attractives c’est pour faire venir plus de monde, puisqu’on est dans une carence au niveau du personnel soignant  ». Une critique légitime et logique qui traduit l’inquiétude du personnel soignant quant à la mise en danger des patients et de l’ensemble des travailleurs, eux-mêmes, qui exercent dans des conditions extrêmement difficiles depuis le début de la pandémie.

Marie et Adrien, tous les deux infirmiers, reviennent dans une interview accordée à Révolution Permanente, sur le manque de moyens, la fermeture de certains services et la gestion catastrophique de la direction qui annulent les vacances des urgences par manque d’effectif, ou encore, sur le manque d’attractivité à cause des salaires qui sont dérisoires. Une autre gréviste mettait quant à elle en avant le mépris de la direction envers le personnel qui exerce depuis des années pour un salaire qui n’augmente que très faiblement. Par exemple, pour une aide-soignante en poste depuis 10 ans, c’est un salaire de base d’environ 1270€ qui est versé ! Des miettes quand on sait le dévouement et l’implication dont on fait preuve le personnel soignant pendant la crise sanitaire. Même si le Segur de la santé et une prime de bloc, dans son cas, lui ont permis d’obtenir une augmentation de 240€, c’est un salaire net d’environ 1500€ qu’elle touche, ce qui est plus qu’insuffisant pour une carrière de 10 ans en tant qu’aide-soignante, en première ligne de la crise sanitaire !

Victorine, qui déploie toute son énergie dans cette grève exemplaire depuis le début, s’exprimait sur les origines de la grève, déclenchée par le service d’urgence puis suivi par de nombreux autres services, et la pandémie, qui a mis en lumière la défaillance du système de santé lié au manque d’investissement, et le dévouement dont a fait preuve le personnel : «  pendant la pandémie on essayait de trouver des solutions pour répondre aux besoins des services. On pouvait nous envoyer travailler à chaque service, on était prêts et disponibles ».

Aujourd’hui, les grévistes font face à une direction qui emploi des moyens scandaleux à l’encontre des travailleurs pour tenter d’affaiblir la grève et intimider les soignants. En effet, elle a eu recourt à de nombreuses réquisitions pour forcer le personnel soignant à travailler et ne pas rejoindre le piquet de grève. Elle a par exemple envoyé des huissiers de justice au domicile de ses employés pour les forcer à tenir leur poste ! Des méthodes que l’on retrouve également à l’hôpital public avec les assignations abusives dont avait preuve la direction du CHU de Bordeaux à l’encontre par exemple des grévistes de la blanchisserie au mois de janvier dernier. De plus, elle tente par tous les moyens de faire culpabiliser les soignants en les accablant, les rendant responsable de la situation critique dans laquelle se trouve la polyclinique qui tourne au ralenti depuis le début de la grève, avec de nombreux services fermés. Une volonté de retourner la situation de la part de la direction de GBNA (Groupe Bordeaux Nord Aquitaine) dont les revenus s’élèvent à 250 millions d’euros et dont les nouveaux investisseurs, comme le financier UI Investissement et Geneo Capital Entrepreneurs, société d’investissement et d’accompagnement, ont prévu de donner une généreuse enveloppe de plus de 15 millions d’euros au groupe dans les mois à venir. Ceci est l’illustration d’une gestion patronale assoiffée par la rentabilité, qui vise à créer le maximum de profit, sur le dos des patients et soignants, sans se préoccuper des conditions de travail, des salaires et de la qualité des soins ! Des moyens pour l’hosto, pas pour les patrons !

Pour soutenir les grévistes nous vous invitons, une nouvelle fois, à relayer, particper, et signer la pétition et à la caisse de grève en cliquant ici.




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