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Politique

Annonces d'Élisabeth Borne

Port du masque « systématisé » en entreprise. Une mesure tardive et insuffisante

La ministre du travail Élisabeth Borne a annoncé qu'à la rentrée, le port du masque en entreprise serait obligatoire dans « tous les espaces clos et partagés ». Ce nouveau revirement du gouvernement s'avère être une mesure insuffisante, qui ne cache pas sa gestion catastrophique de la crise sanitaire dans son ensemble.

mardi 18 août

Crédits photo : Thomas SAMSON [POOL/AFP/Archives]

Alors que l’ensemble des indicateurs montrent une hausse inquiétante du nombre de cas de Covid 19 en France, le gouvernement revient sur certaines de ses décisions pour tenter de donner l’impression d’agir à la mesure de l’ampleur de la crise. Parmi ces décisions, l’annonce, ce mardi 18 août, de la systématisation du masque en entreprise à partir de la rentrée. Selon Le Monde, « Cela fait quelques jours que les autorités publiques et sanitaires le laissaient entendre. C’est désormais confirmé : d’ici à la rentrée, le port du masque sera “systématisé” en entreprise dans “tous les espaces clos et partagés”, a fait savoir la ministre du travail, Elisabeth Borne, mardi 18 août, à l’issue d’une réunion avec les partenaires sociaux. »

Le port du masque, accompagné des autres gestes barrières, est absolument nécessaire – et particulièrement dans les entreprises, qui représentent 24% des clusters. Cependant, cette annonce gouvernementale apparaît comme un énième revirement. On se rappelle en effet qu’au mois de mars dernier, le gouvernement précédent avait osé affirmé que les masques étaient « inutiles », voire contre-productifs.

Une gestion erratique et catastrophique de la crise sanitaire

Cette inconséquence du gouvernement, de nombreux travailleurs en ont fait les frais – ainsi que l’ensemble de la population, victime d’une vague épidémique de grande ampleur. Entre février et avril, dans de nombreux lieux de travail, les salariés ont exercé leur droit de retrait pour exiger des conditions de travail qui les protègent réellement du virus, pour protéger leur propre santé, celle de leurs proches et de l’ensemble de la population (masques distribués par l’employeur, application des gestes barrières, fermeture des usines non essentielles, etc.).

Interviewé par la radio HitWest, Arnaud Bordier, secrétaire départemental adjoint du syndicat Sud-PTT d’Ille-et-Vilaine, dénonce ces incohérences : « Dans un 1er temps, je pense qu’on prenait les salariés pour des imbéciles. Je rappelle que quand même chez nous [à la Poste] il y a eu 10 à 15 mille droits de retrait à la mi-mars pour exiger des masques, que ce soit dans les guichets ou pour les personnels dans les centres de tri ou les facteurs. Il a fallu quand même ces droits de retrait massifs pour qu’on obtienne du matériel… Comment on peut faire comprendre à des salariés, vous demandiez des moyens de protection, ils n’étaient pas obligatoires donc on vous retire votre salaire parce que vous ne risquiez rien, qu’est-ce qu’on va leur dire à ces salariés demain ? Si tu ne viens pas avec un masque, on te sanctionne de nouveau… » Par conséquent, le syndicat réclame l’annulation de toutes les sanctions contre les salariés.

Ce n’est pas aux travailleurs de payer la crise !

De plus, comme à son habitude, le gouvernement laisse une marge de manœuvre au patronat pour négocier au cas par cas, en ce qui concerne les masques comme les autres mesures (télétravail, etc.) – laissant la porte ouverte à ce que des conditions encore moins favorables aux salariés soient mises en place. Si 24% des clusters sont situés en entreprise, c’est en raison de ce type de logiques, où la priorité est donnée aux profits du grand patronat plutôt qu’à la préservation de la santé, de la sécurité et des conditions de travail des salariés. Cette logique de la rentabilité à tout prix est aussi celle qui a causé la destruction de l’hôpital public par les gouvernements successifs, avec les conséquences désastreuses que l’on connaît sur la gestion de la crise sanitaire.

Ainsi, comme la gestion erratique de Macron et ses ministres l’a prouvé, aucune confiance ne peut être accordée à ce gouvernement pour gérer la pandémie. Loin des réunions à Matignon et autres négociations avec le gouvernement, il serait absolument nécessaire que les directions syndicales mettent en œuvre un plan de bataille à la hauteur de la situation, pour l’ensemble de notre classe, contre le gouvernement et contre ce système. Ce plan de bataille devrait porter un programme avec des mesures telles que la gratuité des masques pour tous et toutes, la généralisation des tests et la fin de la gestion répressive de la crise.




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