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Notre classe

"Ghetto reporter"

Portrait : Shahin Hazamy, journaliste indépendant et militant de quartier harcelé par la police

Arrêté, intimidé et violenté par la police de Cergy au lendemain du passage de la loi sécurité globale, Shahin Hazamy « ghetto reporter » et journaliste indépendant qui dénonce chaque jour le racisme et les violences policières que subissent les quartiers populaires est aujourd’hui harcelé par la police.

mercredi 28 avril

Photo : Révolution Permanente

Cergy-le-haut, au milieu du parking, entre deux bâtiments Shahin salut de la main un ami à lui, pour ce dernier, « Shahin c’est notre représentant, tout ce qu’il dit, ou qu’il montre, on l’a tous vécu au moins une fois si ce n’est plus dans notre vie. ». Shahin renchérit : « en effet il y a des choses à dire sur la police à Cergy, combien de fois on a été contrôlé, intimidé et agressé dans ce parking. ». Des contrôles abusifs, des violences policières, Shahin Hazamy en dévoile tous les jours sur son compte Instagram. Reporter des banlieues il décrit la triste réalité que les habitants des quartiers populaires vivent chaque jour : racisme et violences policières. La dernière en date : un jeune de Saint-Denis, étranglé et frappé au sol devant sa famille et une sortie du commissariat le visage tuméfié. Un travail important qui vise à la différence des grands médias à mettre « la lumière sur le quotidien que vivent les jeunes des quartiers, pour comprendre pourquoi ils se révoltent. »

« Fils de pute, j’ai envie de te tuer ! [...] avec tes articles de merde ! »

Pour ce qu’il est, « un jeune de banlieue » mais aussi pour son travail Shahin Hazamy a lui aussi à son tour été victime d’un contrôle abusif, et d’une violente arrestation jeudi 15 avril. En effet alors qu’il est dans son véhicule accompagné d’un ami, une voiture de police se met à le suivre et le contrôle devant chez des membres de sa famille chez qui le jeune homme se rendait. Les policiers commencent d’abord par le menacer de multiples amendes pour défaut du port du masque alors qu’il se trouvait dans son véhicule et non-présentation du permis de conduire alors qu’il le tenait entre les mains. De faux prétextes pour criminaliser le journaliste dont plusieurs policiers semblent connaitre le travail. Rapidement une dizaine de policiers entourent le jeune homme. Pour se protéger et en vue de contester ces amendes Shahin va exiger le numéro RIO des policiers qu’un seul porte sur son uniforme malgré son caractère obligatoire. C’est à partir de ce moment que Shahin va être alors bousculé par les policiers puis arrêté pour « menace, incitation à la rébellion et acte d’intimidation ». Afin de le trainer dans le véhicule, les policiers vont l’étrangler et lui écraser les jambes une fois dans la voiture. Sur la vidéo de son arrestation on peut l’entendre dans le véhicule de police crier de douleur. S’ensuivront plusieurs menaces et intimidations : « Tu as de la chance que je suis en uniforme, fils de pute, j’ai envie de te tuer ! [...] avec tes articles de merde ! ». Une fois au commissariat la police va également procéder à une fouille de son véhicule resté sur place.

Après 24h de garde à vue, et une confrontation avec la police lundi après-midi, un seul fait a été retenue contre le journaliste indépendant, celui d’ « incitation à la rébellion ». Un fait mensonger, reproché sur la base d’un appel à sa sœur lors du contrôle. Pour son avocat Maître Nabil Boudi, le contrôle initial qui a conduit à son arrestation est manifestement illégal : « Vous n’avez pas le droit d’être contrôlé si vous n’êtes pas en infraction, et au moment de son contrôle Shahin était en parfaite légalité ». Malgré tout l’acharnement policier continue et lundi 26 avril Shahin a reçu 5 amendes pour plusieurs faits mensongers. Afin de justifier le contrôle, la police a pris soin d’inventer l’existence d’un feu rouge que Shahin aurait grillé, mais au croisement indiqué par la verbalisation il semblerait que ce feu rouge n’existe pas…

« Toutes ces lois visent à préparer l’après-covid »

La semaine de l’adoption du projet de loi sécurité globale, un journaliste indépendant qui dénonce les violences policières est arrêté, intimidé et violenté pour son travail. Avec son offensive réactionnaire et sécuritaire, le gouvernement renforce au travers de ces lois, sécurité globale et loi dites sur le séparatisme l’arsenal répressif de l’État. Pour Shahin Hazamy : « Toutes ces lois visent à préparer l’appréhension, ils savent que la crise post-covid sera dure, le peuple va se révolter. Alors on donne plus de moyen à la police, ont leur donne plus de droits, ils vont pouvoir faire ce qu’ils veulent et ils savent qu’ils ne seront jamais condamnés, parce qu’ils sont protégés par les lois, par la justice et par l’État. »

Face à cette offensive réactionnaire de l’État, il est plus que jamais nécessaire plus de construire un front large, des militants des quartiers populaires, aux organisations du mouvement étudiant et à celles du mouvement ouvrier, pour pouvoir mettre un coup d’arrêt à la politique du gouvernement

Soutien à Shahin Hazamy et toutes les victimes de violences policières.

Pour soutenir Shahin Hazamy pour ses frais judiciaires, et les amendes qu’il a reçu une cagnotte a été ouverte




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