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Politique

Castaner couvre les violences policières

Pour Castaner « aucun policier n’a attaqué des Gilets Jaunes »

Interviewé par TV Carcassonne le 14 janvier, Castaner a affirmé sans sourciller qu'aucun policier ou gendarme n'a attaqué de Gilets Jaunes ou de journalistes...

mardi 15 janvier

Crédit photo : Ludovic Marin / AFP

Alors que la liste des blessés et des blessés graves ne cesse de s’allonger depuis le début du mouvement des Gilets Jaunes, alors que le dispositif policier est extrêmement lourd - blindés et canons à eau sont de sortie - alors que les grenades de dés-encerclement et grenades lacrymogènes viennent s’ajouter aux matraques et aux flasball : Castaner a déclaré hier très tranquillement qu’aucun policier n’avait attaqué de Gilets Jaunes et que les policiers « ont su agir avec proportionnalité,[...] ils ont fait preuve d’un grand professionnalisme ».

C’est une manière d’apporter un soutien inconditionnel aux forces de répression avec une déclaration scandaleuse qui nie les violences policières, les mutilations à répétitions, les tirs de flashball visant les têtes. Des tirs qui blessent gravement, et plongent parfois dans le coma les victimes, comme ça a été le cas pour Adrien à Nantes ou comme c’est le cas pour Olivier qui s’est fait tirer dessus alors qu’il marchait de dos. Ces tirs dans la tête qui blessent et mutilent sont normalement interdits, les flashball devant théoriquement être utilisés en ultime recours, en défense face à une agression et en ne tirant que dans les jambes.

Face à cette insolente et mensongère affirmation de Castaner les contre-exemples pleuvent et on pense à l’attaque et au matraquage de plusieurs Gilets Jaunes dans un Burger King en décembre, ou encore à cette scène à Chantilly où les flics gazent à bout portant des Gilets Jaunes assis. Castaner affirme également que les personnes qui attaquent les journalistes sont exclusivement les Gilets Jaunes mais de nombreux témoignages de journalistes prouvent le contraire. Ils expliquent s’être fait tirer dessus au flashball à bout portant gazer ou frapper ou encore s’être fait confisquer leur matériel de protection.

Castaner s’il n’a pas vu de policiers attaquer des Gilets Jaunes a par contre vu des policiers utiliser « des moyens de défense de la république », la nuance est intéressante car si elle nie la violence des policiers elle la légitime également. Il félicite les policiers pour leur « travail » en applaudissant leur « professionnalisme » qui mutile et violente les manifestants et il augmente leurs salaires. Il les défend et les remercie de protéger « la république ». En effet on voit bien comme le rôle des policiers est de défendre l’État et ses représentants, et que dans cette période où la République vacille, où le gouvernement a peur et ou Macron est prêt à être évacué en hélicoptère les jours de manifestations des Gilets Jaunes, le rôle des policiers est de maintenir l’ordre de l’État.

Cette déclaration de Castaner s’inscrit dans une logique du tout répressif, de l’ « ultra fermeté » promise par Edouard Philippe sur TF1 il y a quelques jours. Elle vient confirmer le tournant répressif marqué par le gouvernement depuis le début du mouvement avec la sortie des blindés mais également d’un déploiement extraordinaire des effectifs de police sur tout le pays, que se soit sur les ronds points ou lors des manifestations des Gilets Jaunes. Quand la seule réponse que ce gouvernement à a donner aux Gilets Jaunes ce sont les violences policières, les déclarations comme celles de Castaner viennent justifier, légitimer et encourager les blessés et les mutilés... du côté des manifestants .




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