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Politique

Nouvelle "petite phrase"

Pour Macron, Chritophe Dettinger aurait été manipulé : « il n’a pas les mots d’un boxeur gitan »

Visiblement fin connaisseur des boxeurs et des gitans, Macron accuse Christophe Dettinger d'avoir été « briefé par un avocat d'extrême gauche », accusant la vidéo d’être une manipulation de la « gauchosphère. »

vendredi 1er février

Placé en détention provisoire, Christophe Dettinger, est devenu un symbole de la lutte des Gilets Jaunes contre les violences policières. Sa condamnation avait en effet provoqué un immense élan de solidarité, avec une cagnotte Leetchi qui avait atteint des sommets avant d’être fermé suite à des pressions du gouvernement.
Condamné pour avoir « boxé » des policiers, Dettinger s’était exprimé dans une vidéo émouvante, enjoignant les Gilets Jaunes à poursuivre la lutte. C’est précisément cette vidéo qui pose problème à Emmanuel Macron. En effet, si on suit les propos d’Emmanuel Macron, Christophe Dettinger, surnommé « le Gitan de Massy », serait tout simplement trop stupide pour dénoncer les violences policières et soutenir les Gilets Jaunes de lui-même. Le président y voit une manipulation de l’ultra-gauche : "Le boxeur, la vidéo qu’il fait avant de se rendre, il a été briefé par un avocat d’extrême gauche", rapporte le journal Le Point. "Ça se voit ! Le type, il n’a pas les mots d’un Gitan. Il n’a pas les mots d’un boxeur gitan."

Pour rappel, dans la vidéo de 2 minutes 30, Christophe Dettinger, qui travaillait alors comme fonctionnaire territorial au service entretien de la mairie de Brétigny-sur-Orge, déclarait : « Je suis un gilet jaune ». Contre les accusations portées sur de prétendues accointances politiques, Christophe Dettinger expliquait clairement : « Je ne suis pas d’extrême-gauche, je ne suis pas d’extrême-droite, je suis un citoyen lambda. » Déclarant avoir eu cette réaction suite à une énième violence policière commise sur une femme.

Nouvelle poussée de complotisme pour Emmanuel Macron, qui, après avoir accusé les Gilets Jaunes d’avoir été radicalisé par l’étranger, s’en prend maintenant à une fantasmatique "gauchosphère" ? Belle pirouette pour retourner la responsabilité. Comme si le gouvernement et la police qui le soutient n’étaient pas les premiers responsables de la violence. En tout cas, il y a bien une chose que le mouvement des Gilets Jaunes n’a pas entamé : c’est le mépris d’Emmanuel Macron.




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