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Politique

Complotisme climatique

Pour Willy Schraen, soutien de Macron, la canicule est une "manipulation" de la NUPES

Invité des « Grandes Gueules », Willy Schraen, patron des chasseurs de France n’a pas hésité à déclarer que la vague de chaleur entre le premier et le deuxième tour des législatives était une « vraie manipulation » de la NUPES ! Illustration de la panique macroniste à l’idée de perdre leur majorité absolue.

mercredi 15 juin

Crédits : AFP / GEOFFROY VAN DER HASSELT

Willy Schraen à l’habitude de se faire remarquer pour ses sorties misogynes, racistes et anti-gauche mais cette fois-ci c’est une sortie complotiste qui lui a valu le buzz sur les réseaux sociaux ! Alors qu’il était invité sur le plateau des Grandes Gueules et que la discussion portait sur la vague de canicule qui arrive de manière précoce en France, le patron de la Fédération nationale des chasseurs s’est illustré en affirmant avec aplomb que la canicule était une… manipulation électorale : « On nous parle de canicule, d’écologie… bizarrement dans l’entre-deux tours ! […] Il y a une vraie manipulation ! » avant de poursuivre en insinuant que la météo était de mèche avec la NUPES afin de récolter plus de voix pour le second tour des législatives : « Dites-le carrément au niveau de la météo : “votez la Nupes’, on va gagner du temps on a compris, on est quand même pas débiles ».

 
A l’heure où le dernier rapport du GIEC nous informe de la nécessité la plus absolue et urgente de se mobiliser pour la planète, cette position climato-sceptique - qui rappelle les grandes déclarations de Donald Trump ou de Jair Bolsonaro pour qui le réchauffement climatique n’est qu’une invention de la gauche ou du marxisme pour manipuler l’opinion de l’électorat et permettre aux « lobbys écologiques » de s’enrichir - est des plus dangereuses !

Un complotisme climatique venu tout droit du camp macroniste. Willy Schraen est un soutien loyal d’Emmanuel Macron et que les résultats du premier tour des législatives semblent éloigner la possibilité d’une majorité absolue pour le camp présidentiel, qui fera face à la NUPES dans 272 circonscriptions au second tour. Si Damien Abad et Gérald Darmanin illustrent ce que vaut la « grande cause » féministe du quinquennat, Willy Schraen nous rappelle l’engagement écologiste sans faille des partisans macronistes !

Cette sortie d’une bêtise abyssale montre au moins que les macronistes sont prêts à tout oser, et ne craignent pas le ridicule pour faire campagne contre la NUPES. C’est Castaner qui explique que la NUPES veut empêcher les gens de ramasser du bois chez eux, ou les Jeunes avec Macron qui dans un clip de campagne pathétique (supprimé quelques heures après sa publication) craignent de ne plus pouvoir partir en vacances trois jours à Marrakech ! Mais, de la même manière qu’en 1981 les médias bourgeois prédisaient les chars russes à Paris en cas de victoire de Mitterrand, cela ne signifiait pas qu’ils craignaient de perdre leur pouvoir et leur privilège par l’accession au pouvoir du Parti Socialiste. Ce n’était pas le candidat privilégié de la bourgeoise, mais il s’est finalement efforcé de lui rendre de fiers services.

De la même manière le chaos « soviétique » (dixit Castaner ancien socialiste), ou écologiste agité par le gouvernement traduit surtout sa panique de ne pas obtenir la majorité absolue. Les candidats de la NUPES rappellent régulièrement leur respect pour les institutions et le projet de la NUPES assume de vouloir participer loyalement à la gestion du système capitaliste, pour l’encadrer. Le programme de la NUPES n’incarne nullement une remise en cause du système capitaliste et de la propriété privée des moyens de production, un système de production établi sur la recherche permanente de profit à l’origine du saccage écologique dont nous allons payer le prix. La planification écologique est donc une nécessité, mais celle-ci ne pourra avoir lieu en arrosant les entreprises privées d’argent public pour les entraîner vers la transition écologique, comme le propose la NUPES. Nous ne pouvons pas laisser les grands moyens de production, et notamment de l’énergie, du BTP, des transports, aux mains des grands capitalistes, même en les incitant financièrement à polluer moins. La seule perspective écologique cohérente et réaliste impose leur expropriation et leur gestion démocratique par les travailleurs et la population.



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