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Politique

Macron président des patrons

Pour briser la grève, le gouvernement autorise les chauffeurs de cars à conduire 12 heures par jour

Le gouvernement a décidé d'autoriser les chauffeurs des "bus Macron" à passer jusqu'à 12 heures par jour au volant. Une décision prise au 14ème jour de grève pour briser le mouvement contre la réforme des retraites qui prend de l'ampleur à la SNCF, au mépris de la sécurité des voyageurs et des chauffeurs, et au profit des compagnies qui contrôlent le marché du transport routier de voyageurs.

mercredi 18 décembre 2019

C’est le mal-nommé ministère de la transition écologique qui a pris cet arrêté. Il permet aux entreprises de transport routier de voyageurs de faire rouler les chauffeurs de cars deux heures de plus par jour, et 6 heures de plus par semaine. Décrétée au 14ème jour de grève contre la réforme des retraites, cette mesure s’étendra jusqu’au 24 décembre inclus. Le gouvernement tente ainsi de contenir les conséquences d’une grève qui dure dans le temps et prend de l’ampleur, en particulier à la SNCF, en même temps que cela lui permet de jouer sur l’effet d’annonce pour se donner le beau rôle face à la population et faire mine de garantir que les fêtes de Noël se dérouleront sans incidents. Une partition qui semble mise à mal par la mobilisation en hausse de ce mardi 17 décembre. Les grévistes sont déterminés à se battre pour le retrait pur et simple de la réforme des retraites, et refusent le chantage du gouvernement.

En réalité cette mesure va d’abord avoir un impact sur la sécurité des voyageurs. En effet, le chauffeurs de cars roulent déjà jusqu’à 9 heures par jour, et 10 heures par jour deux fois par semaine en cas de situation exceptionnelle. Avec ce décret, ils pourront se faire imposer par leur employeur de rouler jusqu’à 12 heures par jour, ce qui sera cause de fatigue extrême et donc de risque accru d’accident de la route. Ensuite, elle va permettre à Flixbus et Blablabus – les deux compagnies qui se partagent le marché du transport routiers libéralisé par Macron lui-même en 2015 et complémentaires avec la casse du transport ferroviaire public – de se faire beaucoup d’argent. En effet, la majorité des trajets de ces compagnies apparaissent déjà complet sur leurs sites internet. Et ceux qui restent disponibles atteignent des prix exorbitants, aux alentours de 120€.

Plutôt que de répondre aux revendications légitimes des grévistes et de retirer le projet de réforme des retraites, le gouvernement met donc les voyageurs et chauffeurs de cars en danger, en même temps qu’il fait un nouveau cadeau aux grosse entreprises privées qui profitent de la casse du service public, sans oublier la répression policière qui s’abat sur les piquets de grève RATP en région parisienne et contre les manifestations partout dans le pays. Pas sûr que cela plaise aux grévistes, ni à la population qui continue de soutenir à plus de 60% le mouvement de grève reconductible et interprofessionnelle débutée le 5 décembre.




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