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Politique

Gestion répressive de la crise

Pour lutter contre les variants, le gouvernement mise tout sur la répression aux frontières

Rien de nouveau sous le soleil lors de la traditionnelle allocution de Castex et de ses ministres ce jeudi soir. Pour autant le renforcement des contrôles aux frontières et le renforcement de l'appareil policier confirme que la seule réponse à la crise apportée par le gouvernement, c'est la répression.

jeudi 22 avril

Les annonces gouvernementales de ce jeudi, tout en cherchant à dessiner un horizon « positif », n’ont que peu détaillé les modalités post-confinement. Les éventuelles réouvertures de commerces à la mi-mai sont toutes conditionnées à l’évolution de la situation sanitaire et les commerçants sont laissées dans le flou le plus total.

Et pour cause, loin de la « positive attitude » qu’a cherché à incarner le gouvernement, la situation sanitaire est en réalité inquiétante : s’engager dans un calendrier de réouverture alors le pic des réanimations est en passe de dépasser le record de la première vague paraîtrait insensé, ou du moins extrêmement coûteux pour le gouvernement, s’il se retrouvait obligé de reconfiner dans les semaines à venir. Loin de la rhétorique gouvernemental, la situation reste, malgré l’« inflexion » observée, extrêmement préoccupante.

Dans ce contexte sanitaire, c’est bien l’aventurisme qui prime encore une fois. Principal objectif de Castex et ses ministres : réaffirmer la réouverture rapide des établissements scolaires afin que les parents retournent travailler au profit du Medef. Une mesure qui est notamment justifiée par Blanquer en avançant la mise en place d’auto-tests. Or ceux-ci sont peu fiables et la vaccination du personnel éducatif n’est pas garantie, pas plus que les moyens humains et financiers supplémentaires qui sont revendiqués depuis des mois par les personnels de l’Education Nationale.

Autre élément remarquable, c’est la tentative du gouvernement de chercher à recréer la confiance autour du vaccin AstraZeneca. Et pour cause, après avoir attisé la défiance par rapport à ce vaccin en adoptant une stratégie vaccinale erratique, ce dernier est évidemment un enjeu fondamental pour la résolution de la crise. Une résolution de la crise que le gouvernement réfléchit bien évidemment en premier lieu pour garantir le retour à une situation la plus normale possible afin de garantir un taux d’activité maximum au service du MEDEF. Évidemment, recréer la confiance autour des vaccins est central pour en finir avec l’épidémie, mais ce n’est aucunement le gouvernement qui peut réaliser cette tâche, après avoir menti tout au long de cette crise sanitaire. Il nous faudra pour cela nous mobiliser pour exiger la levée des brevets et la mise sous le domaine publique des vaccins.

Comme à l’accoutumée, les annonces de Castex et ses ministres constituent essentiellement un coup de communication visant à masquer le bilan désastreux de la gestion de la crise sanitaire par le gouvernement. C’est à peine si les soignants ont eu droit à un mot de sympathie de la part du premier ministre et d’Olivier Véran. Mais la sympathie témoignée face aux caméras par les membres du gouvernement ne suffit pas à pallier le dramatique manque de moyens de lits, de personnel et de moyens dans les hôpitaux. Pourtant aucune nouvelle mesure sur ce terrain ne semble être à l’ordre du jour, Jean Castex et Olivier Véran faisant même preuve d’un optimisme de façade qui frôle l’indécence, affirmant que « le pire semble être derrière nous » quand les lits de réanimation et les chambres mortuaires des hôpitaux ne permettent plus d’accueillir les victimes du covid.

La logique avec laquelle le gouvernement veut combattre la pandémie et les variants les plus dangereux est claire : rien pour les écoles et la santé, tout pour la répression. En ce sens, la présence de Darmanin, premier flic de France, parmi les membres du gouvernement qui se sont exprimés ce jeudi n’est pas anodine. Entre autres annonces Castex et Darmanin ont notamment affirmé que les contrôles aux frontières seront renforcés. « A partir de samedi, un système de contrôle renforcé sera mis en place pour les personnes venant du Brésil, d’Argentine, du Chili, d’Afrique du Sud et d’Inde » déclarait Jean Castex.

Les vols internationaux étant déjà particulièrement réduits, les rares personnes arrivant en France devront se confronter à un protocole drastique et particulièrement répressif. Il leur faudra justifier avant leur départ et à l’arrivée en France du lieu où ils passeront leur « quarantaine stricte » de 10 jours. Un lieu qui doit nécessairement être accessible aux forces de répression puisque les personnes en quarantaine seront soumises « aux contrôles des forces de l’ordre » déclare Darmanin.

La police aux frontières sera mobilisée massivement à cet effet. En dernière instance, le gouvernement préfère donc renforcer son arsenal répressif pour soi-disant faire face à la propagation du virus et de ses variants les plus dangereux, plutôt que d’allouer un minimum de moyens supplémentaires au personnel médical. En témoigne également l’absence claire d’annonces concernant le couvre-feu qui sera de toute évidence en vigueur durant encore de longues semaines. Face à cette gestion dramatique et répressive de la crise, qui va une nouvelle fois frapper durement les plus précaires et justifier des violences accrues envers les personnes racisées et le renforcement de l’appareil policier, il est urgent de se mobiliser pour un véritable plan d’urgence dans les hôpitaux et les écoles.




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