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Politique

Coup de gueule

Pour nous déconfiner, un sticker « Laissons ce siège libre ». Le gouvernement et la RATP se foutent de nous !

On a tous entendu le blabla d'Edouard Philippe sur la mascarade que le gouvernement veut mettre en place pour forcer les travailleurs à retourner massivement bosser le 11 mai. Leur solution miracle pour soi-disant empêcher l'entassement dans les transports en commun : un sticker pour rendre inaccessible un siège sur 2 ! Ils se foutent de nous !

jeudi 30 avril

En larbin du gouvernement, la direction de la RATP s’est empressée de participer à cette mascarade monumentale, avec des stickers « Covid19. Pour notre santé à tous, laissons ce siège libre » collés dès ce matin dans les transports parisiens. On nous promet aussi des marquages au sol... On croit rêver ! Avec de telles mesurettes on est mal-barrés... Après l’absence de masques pour les salariés, les nettoyages honteux et mensongers, les menaces de sanctions pour les droits de retraits, l’absence de mesures face aux transports surchargés, et les appels à la police pour verbaliser les usagers sans attestation... voilà la nouvelle provocation de la RATP ! Encore une fois leur seule réponse face à cette crise sanitaire c’est la responsabilisation individuelle, alors qu’ils nous forcent à reprendre le travail. Le summum de l’hypocrisie !

Comment cette direction peut nous faire croire qu’il est réaliste de laisser libre un siège sur 2 quand on voit comment les transports sont surchargés à l’heure actuelle... imaginez ce que ça va être le 11 mai avec l’appel à reprendre le travail dans les entreprises ! Elle peut même condamner tous les sièges si ça lui chante, ça ne changera rien puisqu’avec sa gestion catastrophique, comme Catherine Guillouard l’a reconnu elle-même, la distanciation sociale est déjà impossible à faire respecter dans les transports dans les conditions actuelles. La plupart des usagers ne rêvent même pas de pouvoir s’asseoir et s’entassent dans les allées, au péril de leur vie parce qu’ils n’ont pas d’autre choix que d’aller travailler.

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Déconfinement et nettoyage des bus : la catastrophe assurée

Côté désinfection le 11 mai s’annonce une catastrophe encore plus grande qu’aujourd’hui. Comme on l’a dénoncé au niveau du CSSCT du CSE2 et avec l’inspection du travail, même avec un service réduit à 30%, les nettoyages sont pitoyables. La RATP nous explique qu’il est impossible de faire nettoyer les bus toutes les nuits et trouve complètement normal qu’ils ne soient nettoyés entièrement que toutes les 3 semaines... alors imaginez avec 70% de service, donc encore plus de bus, et encore plus de monde pour les contaminer... c’est la catastrophe assurée !

Autre chose : dans les mesures annoncées à partir du 11 mai, la RATP prévoit de rétablir son plan de transport d’avant le confinement, en supprimant les services « dépôt-dépôt ». Au lieu que les bus partent et rentrent systématiquement au dépôt, ce qui permettait aux machinistes de nettoyer eux-mêmes leurs bus comme solution palliative au manque de nettoyage, on reviendra aux prises de service sur ligne, aux terminus ou aux arrêts, avec des bus déjà chargés d’usagers. Le chauffeur n’aura donc même plus le temps de procéder au moindre nettoyage.

Valérie Pécresse, elle, essaye d’apparaître comme sauveuse suprême face au gouvernement, avec ses bons conseils d’éviter les heures de pointe dans les transports en commun, de circuler à vélo, ou encore en se mettant à distribuer elle-même des masques aux usagers, comme en pleine période électorale... là on a touché le fond ! En tant que présidente de la région Île-de-France elle est pleinement responsable de nos bus surchargés et du chaos actuel où nos vies sont mises en danger, en tant que salariés comme en tant qu’usagers des transports en commun.

Sanctions et répression : tout ce que gouvernement et RATP savent faire !

Les Guillouard, Pécresse et Philippe n’y connaissent rien à nos vies d’ouvriers, eux qui vivent dans un monde à part et n’ont visiblement jamais pris les transports en commun ! Les ouvriers qui commencent à 5h30 ne peuvent pas se permettre de prendre le prochain bus ou métro, en sachant que leur patron va les sanctionner s’ils ont le moindre retard. Il n’y a qu’à voir qu’aujourd’hui des agents de la RATP prennent des sanctions ou sont menacés de pertes de salaires, parce que la direction dit ne pas avoir reçu leur e-mail signalant qu’ils étaient en arrêt pour garde d’enfant ! De qui se moque-t-on ?

Plutôt que d’apporter des vraies réponses à la hauteur de la crise sanitaire, le gouvernement annonce qu’il va réquisitionner les contrôleurs et agents de sûreté RATP pour verbaliser les personnes qui n’ont pas de masques, en collaboration avec la police. C’est honteux ! Alors qu’on nous a expliqué que les masques ne servaient à rien, et qu’encore aujourd’hui c’est un combat pour en obtenir, on le sait il n’y aura pas de masque pour tout le monde ! On nous dit qu’on va nous donner des masques en tissu à laver à 60 degrés... oui je vois bien les gens faire tourner une machine à laver pour 2 masques... encore des conneries mais la RATP est à l’image du gouvernement : tout leur blabla ce n’est que pour des effets d’annonce. On ne vit pas dans le monde des Bisounours nous, mais bien dans le monde réel, où on parle de vie ou de mort !

Leur civisme qu’ils se le gardent !

Quand on voit la situation actuelle on se dit que le 11 mai on aura droit à des émeutes dans nos bus, et pas par plaisir ni par manque de « civisme » : nous les ouvriers n’avons pas le choix que de prendre les transports pour aller travailler et nourrir nos familles, même si le bus est déjà plein à craquer. Le machiniste se retrouvera encore seul au monde à gérer un flux d’usagers impossible à contrôler. On nous parle de « civisme », mais les patrons eux n’en ont rien à carrer du civisme... quand leurs salariés arriveront en retard ils les sanctionneront ou s’en débarrasseront comme des moins que rien ! La RATP la première, avec ses sanctions à la pelle ! Donc leur civisme qu’ils se le gardent, ces fossoyeurs du service public, qui nous envoient « à la guerre » sans aucune protection... on se croirait dans la Bataille de Stalingrad, avec un fusil pour 2 personnes !

Et si le gouvernement avait du « civisme », il n’enverrait pas les enfants à l’école à même pas 2 mois des grandes vacances, alors que le virus continue à faire des morts... tout ce qu’ils veulent c’est que leur père et leur mère puissent aller travailler et faire tourner l’économie de ces patrons assoiffés de profit. Pour eux, la distanciation sociale se résume à « ferme ta gueule et va bosser ! », pour une poignée de milliardaires qui n’en ont rien à carrer de nos vies. Il y a eu le plus gros braquage du siècle sur les retraites, et pour en finir avec nous on assiste au plus gros mensonge d’Etat, en collaboration avec la RATP, pour mettre nos vies en danger dans les transports publics.

Mais où sont tous ces directeurs de centre formés à conduire les RER et les métros pour casser nos grèves ? Pour fumer nos retraites, ils étaient en première ligne pour rouler, mais aujourd’hui ils sont confinés chez eux en télé-travail, pendant que les vrais ouvriers eux vont rouler avec le risque de ramener le virus à la maison ! Quand on est en guerre, ce sont toujours les mêmes qu’on envoie au front, au nom du profit : les plus modestes, les plus précaires, quand les plus hauts salaires ont ce privilège de rester confinés avec leurs familles.

La direction générale prend tout son temps et nous promet un super « plan de déconfinement » qui arriverait le 7 mai : on n’est pas dupes et on ne lui fait aucune confiance ! Pourquoi attendre tout ce temps alors que nos vies et celles des usagers sont déjà mises en danger, sans même attendre le 11 mai ! Cette direction a toujours 3 trains de retard ! Qu’elle continue à manger ses éclairs au chocolat dans ses réunions de crise puisque pour nous rien ne change...

Alors aujourd’hui l’heure n’est pas à la crainte : il est temps de dire stop à cette mascarade et tous ensemble, dire non à cette mise en danger ! Pour notre sécurité comme pour celle de nos enfants et des usagers, le plus probable c’est qu’on n’ait pas d’autre choix, à partir du 11 mai, que de se mettre massivement en droit de retrait. Les collectifs d’usagers devraient aussi se mobiliser contre cette mise en danger d’autrui par la RATP, tout comme les organisations syndicales, par tous les moyens possibles. Nous, les élus du CSE 2, déposerons plainte contre la RATP pour cette mise en danger. Nos vies valent plus que leurs profits !




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