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Politique

Indécence

Pour sauver les entreprises, Darmanin appelle les particuliers à faire des dons

Le ministre des Comptes Publics Gérald Darmanin lance un appel à la "solidarité nationale" afin que les particuliers donnent pour renflouer les caisses des entreprises. Une politique indécente de la part d'un gouvernement responsable de l'ampleur de la crise.

mardi 31 mars

Ce lundi, dans Le Figaro, le ministre Gérald Darmanin a affirmé « lancer un grand appel à la solidarité nationale. Beaucoup d’entreprises et de particuliers nous demandent comment participer et nous aider. Tout ceux qui le souhaitent pourront le faire prochainement, via une plate-forme de dons que nous allons mettre en ligne ». Il tire ainsi la sonnette d’alarme sur ces entreprises dans le rouge, et appelle à la solidarité des français pour renflouer leurs caisses. Cette déclaration polémique s’inscrit dans la droite lignée de la politique du gouvernement depuis le début du confinement. Lundi 24 mars, Darmanin affirmait déjà que « tous les Français doivent faire un effort » et encourageait les « salariés à prendre leurs congés payés » pour aider leurs entreprises. C’est donc une nouvelle fois la solidarité du gouvernement envers le patronat qui s’exprime, comme l’avait déjà montré la série de cadeaux qui lui ont été accordé. Cette déclaration s’inscrit aussi dans une certaine continuité politique d’un gouvernement qui a décidé de faire payer le coût de la crise aux travailleurs.

Cette déclaration de monsieur Darmanin a bien évidemment suscité l’indignation. De la part d’un ministre du budget qui a décidé de supprimer l’impôt sur la fortune, la pilule est dure à avaler. Ce sont notamment des soignants de l’Aude qui ont posé avec des pancartes « Les appels au don ? Quelle honte ! ».

Comment oser en appeler aujourd’hui à une solidarité nationale envers les entreprises quand depuis le début du quinquennat, de nombreuses réformes n’ont fait qu’avantager ces mêmes entreprises, que ce soit à travers le « crédit d’impôt compétitivité emploi » (CICE) qui offre chaque année 40 milliards d’euros aux grandes entreprises, à travers le choix du gouvernement de libérer plus de 300 000 milliards d’euros de prêts bancaires pour les aider au début de l’épidémie, ou encore par la multiplication des cadeaux au patronat. Dans le même temps, notamment pour compenser les pertes liées à la suppression de l’ISF, on baissait les retraites, le budget de l’hôpital, le nombre de fonctionnaires, on privatisait nos services publics, etc.

Darmanin a raison sur un point : nous affrontons actuellement une crise d’une rare violence, que ce soit du point sanitaire ou du point de vue économique, et cette crise est plus forte que celle de 2008. Mais non, ça ne devrait pas être aux travailleurs forcés de se rendre au boulot, souvent sans protections sanitaires, de payer pour que leurs patrons ne perdent pas leurs profits. Ça ne devrait pas être à ces milliers de salariés mis au chômage technique, de contribuer à renflouer les caisses de leurs employeurs, ni à ces milliers de travailleurs intérimaires, au black ou étudiants, de "faire un effort" en payant la crise, alors qu’ils sont déjà ceux qui la subissent le plus fortement. C’est aux capitalistes de payer cette crise, eux qui ont continué à faire tourner des usines de bateaux, de voitures ou d’avions, soutenus par le gouvernement, pour que ne s’arrêtent jamais les profits.

Pour appuyer celles et ceux qui se battent pour la fermeture leur entreprise, non essentielle, rejoins la grande campagne pour imposer le #StopProductionNonEssentielle parmi les principales tendances sur Twitter et les autres réseaux sociaux. Cette action massive aura lieu le jeudi 2 avril à 18h : chaque personne compte !




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