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Notre classe

A partir du 5 et jusqu’au retrait

Pour une grève reconductible dans l’Éducation contre la réforme des retraites !

Les retours du nombre de grévistes probables dans l’éducation est chaque jour de plus en plus important. Si la visibilité est plus grande côté premier degré avec probablement les ¾ des écoles fermées pour le 5, les retours des HIS (heures d’information syndicale) laissent penser que de la maternelle au lycée la grève du 5 s’annonce très suivie, d’ailleurs certains établissements envisagent déjà la grève reconductible et c’est bien cela qui fera reculer le gouvernement !

mardi 3 décembre

Depuis la rentrée le climat dans l’éducation nationale est insoutenable, des suicides des personnels de l’éducation, la souffrance au travail, le climat de violence quotidienne, la mise en applications de réformes Blanquer ne se fait pas sans peine. Pour les collègues du lycée la coupe est pleine des réformes absurdes, des classes éclatées et de la réforme illisible du bac. Pour les collègues du collège le manque de moyens vient étouffer un quotidien déjà pénible.

Côté premier degré c’est le suicide de Chiristine Renon qui aura permis de révéler la souffrance au travail et la perte de sens des métiers de l’éducation nationale. Et alors que beaucoup avaient fini l’année scolaire 2018-2019 en allant jusqu’à bloquer les copies du bac et du brevet comme pour crier l’urgence de dire non à la mise en application des réformes Blanquer, la rentrée 2018-2019 n’a pas commencé par une remise en mouvement de cette dynamique de contestation. Alors à qui la faute ? Au manque de détermination ou aux organisations représentatives des travailleurs de l’éducation nationale ? Celles-ci en effet, et comme l’année dernière, ont été timorées à poser des dates et à refuser de doter les personnels de l’éducation d’un véritable calendrier de mobilisations et d’un matériel de revendications.

La date du 24 septembre qui était une date interprofessionnelle déjà contre la réforme des retraites et à laquelle l’éducation avait largement participé et la date du 3 octobre où des rassemblements avaient eu lieu dans toute la France en hommage à Christine Renon et dans lesquelles on pouvait entendre scander « Blanquer démission ! », ont pourtant permis de voir que la révolte était là et que l’application des réformes ne passait pas. Pourtant face à tous ces signaux le syndicat majoritaire de l’éducation, la direction de la FSU, comme l’année dernière, fait la sourde oreille quant à la souffrance du profs et du personnel, et préfère discuter avec le gouvernement. Tout cela alors que le mot d’ordre reste évidemment pour l’ensemble des personnels, le retrait des réformes Blanquer.

Les profs les grands perdant de la réforme des retraites

Dans ce contexte la réforme des retraites c’est définitivement la réforme de trop. Alors que la souffrance, le nombre de suicides, les cas de violences, la perte de sens du métier ont été relayé dans les médias, le gouvernement persiste et signe en imposant aux travailleurs de crever au boulot. Le quotidien délabré et l’absence d’horizon pour ceux qui se disent épuisés quotidiennement est insupportable. Ajouté à cela une dévalorisation des pensions de retraite qui seront désormais calculées sur l’ensemble de la carrière, les professeurs en seront les grands perdants. Le ministre chargé de la réforme, Jean-Paul Delevoye, l’a lui-même reconnu : « les enseignants sont pénalisés si nous appliquons sans correction le système. »

Et si jusqu’alors Blanquer avait tenté de désamorcer la mobilisation dans l’éducation autour des retraites, en annonçant une augmentation annuelle de 300 euros, des primes pour les zones difficiles, en amputant à retardement une partie des salaires, et en mentant sur l’impact de la réforme à quelques jours de la mobilisation du 5 décembre, le ministre face à cette tentative de désamorçage ratée joue cette semaine la ligne dure dans les médias en méprisant les personnels de l’éducation. Il a ainsi déclaré ce lundi que « certains sont en grève parce qu’ils ne comprennent pas tout. » Au contraire, les profs ont bien compris l’ampleur de l’attaque et c’est pour cela qu’ils seront massivement en grève à partir de jeudi !

L’Éducation nationale sera massivement en grève le 5 décembre
et cette colère ne risque pas de s’éteindre le 6 au matin. Pourtant face à cette volonté de se joindre à la mobilisation interprofessionnelle contre la réforme des retraites pour faire reculer collectivement le gouvernement, la direction de la FSU n’appelle encore une fois pas à la reconductible, se contentant d’un soutien timide. Le mot d’ordre qu’elle avance n’est pas celui du retrait pur et simple, mais de peser dans la balance des négociations avec le gouvernement, alimentant ainsi un esprit de résignation alors même que la détermination pour faire reculer le gouvernement, la réforme des retraites et les réformes Blanquer, n’a jamais été aussi forte.

En écho à cette détermination les profs peuvent compter sur le soutien des autres secteurs du monde du travail, à l’image de ces travailleurs de la RATP, de la SNCF, venus en HIS discuter réforme des retraites et plan de bataille avec les profs. Ou à l’image de ces parents d’élèves envoyant des lettres de soutien dans les carnets des élèves.

Ce soutien et ce « Tous ensemble », c’est précisément ce qui permettra de faire reculer le gouvernement, malgré l’apathie des directions syndicales. Le climat dans l’Éducation nationale n’a jamais été aussi tendu et cette colère doit pouvoir se transformer dans la mobilisation, en organisant un véritable plan d’action qui s’inscrit dans la durée, dans les assemblées générales partout où c’est possible pour mobiliser et pour rester maîtres de la mobilisation face à ceux qui prétendent les représenter. Les profs ont fait la démonstration en juin et juillet dernier qu’ils pouvaient bloquer la machine de l’Éducation Nationale et mettre une pression suffisante pour faire trembler le gouvernement, cette énergie est à réinvestir dès le 5, dans la durée, aux côtés des autres secteurs en grève, jusqu’au retrait, jusqu’à la victoire !




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