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Notre classe

Grève dans la santé

Préavis de grève et rassemblement à l’hôpital de La Rochelle !

Près de 200 personnes se sont réunies samedi matin dans le Vieux-Port de La Rochelle pour protester contre la casse de l'hôpital public et en solidarité avec le personnel hospitalier. Des travailleurs de l'hôpital et des soutiens qui ont répondu à l'appel du syndicat Sud Santé sociaux, dans le cadre du préavis de grève lancé à l'hôpital de La Rochelle.

dimanche 31 mai

Plusieurs rassemblements similaires ont également eu lieu cette semaine en Nouvelle-Aquitaine, suscitant la solidarité de nombreux militants politiques et syndicaux, de Gilets Jaunes ainsi que de jeunes salariés et étudiants envers ces travailleurs de la « première ligne ». L’occasion de réaffirmer que la lutte contre la casse de l’hôpital public et les contre-réformes néoliberales concerne l’ensemble des travailleurs et de la jeunesse.

Près de 200 personnes se sont réunies dans le Vieux-Port de La Rochelle ce samedi matin en soutien aux hospitaliers, dans la continuité des diverses actions et rassemblements de soutien mis en place depuis le 11 mai. En Gironde, ce sont près de 500 personnes qui étaient venues exprimer leur solidarité devant l’hôpital Pellegrin mardi dernier dans le cadre du préavis de grève déposé le 21 mai par Sud santé, exigeant un réel plan d’investissement dans l’hôpital public et de meilleures conditions de travail pour le personnel. De même ce jeudi, à l’hôpital de Haut-l’évêque à Pessac et devant le Centre Hospitalier Robert Boulin de Libourne. Des soutiens issus des Gilets Jaunes, de jeunes étudiants et travailleurs, mais aussi de militants politiques et syndicaux venus soutenir cette première ligne.

Exiger un réel plan d’investissement massif pour l’hôpital public}

Les hospitaliers, mobilisés déjà au printemps dernier, n’ont cessé de dénoncer la dégradation de l’hôpital public, conséquence de décennies d’attaques néoliberales et de la logique de privatisation à marché forcée du service public dans laquelle s’inscrit Emmanuel Macron. Envoyés en premier ligne de la crise sanitaire, ils ont été confrontés au manque de matériel de protection comme les masques, sur lesquels spécule la grande distribution, et utilisés pour le maintien de la production non essentielle afin de contenter le patronat.

Une gestion de la crise par le gouvernement catastrophique, dénoncée par les hospitaliers pendant le rassemblement : on pouvait en effet lire sur une banderole « Mensonge d’état, vies sacrifiées, Macron crache sur les hospitaliers ».

« On a déclenché un préavis de grève [...], cela fait déjà plus d’un an qu’on réclame plus de moyens pour l’hôpital public, et cette crise démontre que nous avions raison. On a bien vu que le système hospitalier était en train d’être complètement saccagé » explique Christophe, responsable SUD Santé de Charente-Maritime et infirmier en psychiatrie à l’Hôpital de la Rochelle. Contre le discours hypocrite d’héroïsation des soignants, ce dernier affirme « nous ce qu’on dit à Macron c’est qu’on n’est pas en guerre, on est au boulot en train de soigner, sans équipement de protection, des gens qui étaient en train de crever. C’est notre métier ».

Sur convocation du Ségur de la santé par le gouvernement auprès de 300 représentants de la santé, Christophe déclare qu’il « participe au Ségur de la santé, et ce qu’on voit c’est que le gouvernement continue de mener une politique qui favorise le privé ». Une tentative de gagner du temps et de contenir la colère parmi les soignants, mais qui ne rompt en aucun cas avec la logique précédente comme le démontrent les propos d’Olivier Véran qui affirme qu’il faudra revenir sur les 35 heures dans les hôpitaux ainsi que sur l’organisation des effectifs. En somme, un plan d’attaque contre les travailleurs de l’hôpital.

À ce titre les hospitaliers revendiquent, entre autres, une augmentation de 300 euros, l’augmentation de lits, le renforcement des effectifs, réclamés depuis longtemps, et dont l’hôpital public a cruellement manqué durant cette crise sanitaire.

« La défense de l’hôpital public pose la question du type de société qu’on défend »

La pandémie a révélé au grand jour le fait que ce sont les travailleurs, et notamment les plus précaires, qui font tourner la société : « Nous sommes là aussi car la lutte hospitalière est symbolique pour toutes les personnes exposées durant cette crise covid pour faire tourner le pays » explique Christophe. « Des travailleurs qui sont d’habitude méprisés et invisibilisés, tous ces gens qui touchent le SMIC et un peu plus : les éboueurs, les travailleurs de la grande distribution, les gens qui se sont occupé de nos enfants [...]. On cherche à créer une sorte d’électrochoc : défendre l’hôpital c’est défendre également une société avec plus de justice sociale. »

C’est pourquoi défendre les hospitaliers contre la casse de l’hôpital public c’est s’attaquer aux réformes néolibérales qui depuis des décennies précarisent la grande majorité des travailleurs et de la jeunesse, dégradent nos conditions de travail et de vie, en menant une lutte d’ampleur. « On ne croit pas une seconde aux promesses du gouvernement. On pense qu’il faut s’allier à la population pour que cette prise de conscience nouvelle ne soit pas un feu de paille. On est là pour que le monde d’après soit plus juste, plus social, et moins dans une logique capitaliste ».

Des soutiens à Éric Bezou lors du rassemblement, cheminot menacé de licenciement

A l’instar des précédents rassemblements qui se sont tenus en Gironde, des hospitaliers et des participants au rassemblement de La Rochelle ont souhaité exprimer leur solidarité envers Éric Bezou.

Cheminot en région parisienne et syndicaliste à SUD Rail, Éric Bezou est menacé de licenciement par la Sncf et le Ministère du Travail. Syndicaliste combatif connu comme « lanceur d’alertes » face aux méthodes managériales brutales de la direction de la Sncf, la défense de ses collègues lui vaut aujourd’hui d’être sur la sellette. Alors que Macron héroïsait les travailleurs en première ligne, il réprime ceux qui cherchent à relever la tête, de la même manière qu’il réprimait les soignants mobilisés au printemps dernier. Se battre contre le licenciement d’Éric Bezou, c’est préparer les batailles à venir en démontrant au patronat et au gouvernement qui cherchent à faire payer la crise sanitaire et économique aux travailleurs que nous ne baisseront pas la tête.




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