^

Politique

Un phénomène de masse

« Prélèvements frauduleux », « grosse arnaque » : des clients de la SFAM témoignent

Depuis la publication du témoignage d'un employé de la SFAM, nous avons reçu, et recevons encore, de nombreux témoignages. En voici une première compilation, provenant de clients floués, concernant des prélèvements « frauduleux », des remboursements difficiles et des difficultés de résiliation. Nous publierons dès demain une seconde compilation, de salariés et ex-salariés de l’entreprise.

jeudi 1er octobre

Ce 29 septembre, nous publiions sur Révolution Permanente le témoignage d’un employé de la SFAM, géant de l’assurance multimédias, à propos des conditions de travail largement dégradées et des suspicions de fraudes qui touchent l’entreprise. Un témoignage qui a inspiré nos lecteurs. Premier florilège de témoignages de clients floués par la SFAM.

Rupture de contrat à la SFAM : Un parcours du combattant

Souscrire un contrat à la SFAM, que cela soit par « inadvertance » ou en connaissance de cause, semble être considéré par l’entreprise comme un engagement à vie. En effet, nombre de clients ont témoignés de difficultés sans fin pour résilier leur contrat, sans parler des demandes de remboursement. « J’ai vu par exemple le montant des prélèvements augmenter. A chaque fois il y avait une raison différentes, mauvaise compréhension, ajout d’options non demandées,.. » nous explique l’un d’eux. « Lorsque l’on appelle pour résilier, tout est fait pour remettre votre demande au lendemain. Même le soi-disant remboursement annuel de 150€ a mis des mois à être émis. Il faut d’ailleurs que je vérifie si cela a été fait. Je l’ai attendu au moins de janvier à juillet... là encore toute sortes de raisons étaient avancées. En réalité, ils gagnaient juste du temps... ». Des méthodes qui s’étendent aussi au maintien d’assurance pour des produits... qui ne sont plus assurés. « On m’a volé mon portable et la SFAM ne me le rembourse pas et pourtant le contrat est clair. Le pire c’est qu’ils continuent à me prélever alors que le portable n’y est plus » nous a t-on ainsi expliqué. « J’ai mis au moins 6 mois à récupérer une partie de ma cotisation payée alors que j’avais résilié. On me disait qu’il fallait patienter, qu’en raison du COVID le service comptable avait du retard dans les paiements. J’ai fait intervenir le médiateur de l’assurance, mais SFAM ne leur a pas répondu » témoigne un autre client.

Plus encore, les faibles montants prélevé font que certains clients ont mis un certains temps à comprendre que ces prélèvements étaient effectués au nom d’assurances. La encore, la difficultés de résiliation est manifeste. « Depuis 2014 ,la société SFAM me prélève parfois plusieurs fois par mois des sommes allant de 9.99 euros à 22.99 euros . J’ai pris contact avec eux en août 2020, en essayant de comprendre d’où venaient ces prélèvements. Je leurs ai envoyé chaque relevé de comptes depuis 2014. En aucun cas je n’ai souscrit de contrat chez eux. Au premier contact avec un de leur conseiller, il m’a assuré stopper les prélèvements ; à la fin du mois 2 fois 22,99 euros m’ont était prélevés. » explique ainsi un client floué.

La SFAM n’hésite pas, également, à démarcher des clients. Une pratique qui s’accompagne par des prélèvements... d’autres entreprises ! « Il y a un an de ça ils m’ont contacté afin de je cite "faire bénéficier d’une assurance gratuite à des étudiants ainsi que d’autre avantages". J’ai bêtement souscrit au téléphone en m’assurant qu’aucun prélèvement ne pourrait être fait sans mon accord (erreur). Moins de 2h après je les rappelait pour annuler mon contrat, mais ceci ne faisait apparemment pas office d’annulation pour leur contrat partenaire.... Quelques mois après j’ai été prélevé par une société nommée Foryou à laquelle je n’ai jamais souscrit, des montants débités toutes les 2 semaines pour un total de 180€ en 3 mois. J’ai essayé de les contacter une cinquantaine de fois pour arrêter ces prélèvements et exiger un remboursement, mais rien. Ils me baladaient de procédures en procédures. Je me suis ensuite rendue compte que les 2 sociétés possèdent la même adresse » déclare un étudiant. Un véritable parcours du combattant, donc.

Prélèvements abusifs, arnaques. Les pratiques obscures de la SFAM

Mais les pratiques de la SFAM ne se limitent pas à ces manœuvres. « Je suis dégoûtée de voir que SFAM peut voler les personnes comme ils veulent. Moi je me bat avec ma banque pour arrêter les prélèvements, qui se font en 2 ou 3 fois. Donc jusqu’à 100 à 150 euros par mois. On téléphone et rien ne change » explique ainsi un client floué. Des sommes importantes, qui peuvent crever le plafond. « Ma petite fille est victime de prélèvements frauduleux par la SFAM en 2019. Depuis le mois de janvier 2020 elle se bat afin de récupérer son argent (950€). On la promène à chaque appel en moyenne 2 fois par semaine. Courrier recommandé avec accusé de réception envoyé, mail de réclamation... rien n’y fait. Les contrats n’ont pas été annulés. Elle a donc mis opposition à 4 prélèvements par mois et comme ils sont rejetés sa banque lui retire des frais pour impayés » dénonce ainsi un autre de nos témoignants.

Dans la même veine, un autre client raconte : « Mes parents ont été arnaqués par la SFAM sans s’en rendre compte, ils pensait que c’était des paiements normaux vu que les prélèvement été notés sous différents noms – dont SFAM ou encore Société familiale d assurance ou Carte premium Foryou. J’ai du faire bloquer les prélèvements et j’ai contacté la protection juridique pour qu’ils soient remboursés. Actuellement on attend le remboursement qu’ils se sont engagés à payer dans un délai de 30 jours ». Des méthodes récurrentes, qui s’accompagnent également d’offres avec des engagements non-tenus. « J’ai souscris un contrat pack famille en 2019. En résumé, des "avantages" que l’on ne voit jamais malgré des relances quotidiennes, des prélèvements anormaux sur le compte de 9,99 euros. Bref, un SAV incompétent, c’est vraiment une grosse arnaque cette entreprise » dénonce ainsi un autre client.

Un système rodé, des partenaires complices

Si les prélèvement se font au nom de différentes entreprises qui semblent reliées entre elles, la souscription à ces contrats qui s’apparentent à des arnaques ne serait pas possible sans s’appuyer sur une série de partenaires. « En achetant un lecteur DVD à Géant, on m’a fait souscrire plusieurs abonnements (3 au total). Et bizarrement, les 3 sont situés dans le même bâtiment, pour des entreprises différentes » explique ainsi un client.« Malgré les recommandés avec accusé réception, les prélèvements ont perduré. C’est en regardant les conditions générales de ma banque que j’ai pu m’en sortir. J’ai pu d’une part bloquer sans frais les prélèvements, et d’autre part, j’ai pu faire un rappel de prélèvement (toujours sans frais), et j’ai été remboursé intégralement. En faisant cela, les 3 entreprises (Hubside, SFAM et Cyrana) m’ont laissé tranquille. Je n’ose pas imaginer le calvaire des personnes qui ne bénéficient pas de cette possibilité. »

Calvaire, le mot est bien choisi pour nombre des clients qui ont apporté leur témoignage. Ainsi, pour l’un d’eux, un achat à la FNAC a été le début du parcours du combattant. « Ayant acheté un appareil photo à la FNAC de Quimper , le vendeur m’a proposé d’obtenir une remise 30€. Il nous a fait apposer une signature sur un terminal manuel, nous avons fourni un RIB pour cet avoir, qui a été utilisé à notre insu pour lancer des prélèvements mensuels de 15,90 €, sans avoir jamais reçu de documents, surtout pas de contrat. C’est seulement en réussissant à bloquer les prélèvements que nous avons eu un contact avec la SFAM , qui nous a adressé un contrat. Ce contrat a été fait à la date de l’achat, en un seul exemplaire (probablement le lendemain, donc antidaté) avec un copié-collé de la signature électronique. Nous avons été assurés sans le savoir, or nous avons eu un sinistre qui aurait dû être pris en charge et ne le sera jamais. » Édifiant.

Visiblement, le système s’étend à de très nombreux partenaire. Dans un long témoignage, un client explique ainsi que « il y a maintenant 3 mois je me suis rendu à Géant Casino dans l’Isère, j’y ai acheté un frigo pour la somme de 249 euros. Là-bas, le vendeur m’a fait comprendre que si je ne souscrivait pas à un contrat d’assurance chez leur partenaire SFAM qui coûte 20 euro par mois, il n’y aurait pas de frigo disponible (en rapport avec la pression de ses responsables), en m’indiquent que le contrat pouvait être annulé sous 30 jours. Je me suis dit que je pourrais l’annuler, donc pourquoi pas. La semaine suivante, je contacte la SFAM pour annuler mon contrat, et là un standardiste m’informe qu’il est trop tôt et que mon dossier ne figure pas encore sur leur système informatique. Je les recontacte 5 jours avant la fin de la période "d’essai", et un standardiste m’informe qu’il ont un problème informatique et qu’il ne peut donc pas le faire dans l’immédiat, il prend mes coordonnées et me dit qu’il s’en occupe le lendemain. La date de prélèvement arrive et heureusement pour moi j’ai un compte Nickel, de ce faite les prélèvements c’est moi qui les gère donc je peut les bloquer, Là c’est le choc : SFAM a tenté de prélever la somme de 89 euro, et dans la foulée, l’entreprise Cyrana que je ne connais pas a tenté de prélever 39 euro. Je les contacte et au bout de trois appels ils me répondent que Cyrana fait partie des partenaires de la SFAM et que c’est dans mon contrat, je les informe que l’un de leurs collègues m’avait dit qu’il allait résilier mon contrat avant la fin du mois d’essai, et là, la dame me répond que ce n’est pas de leur responsabilité et m’envoie balader. Depuis, je n’arrive tout simplement pas à les joindre, et les prélèvements sont de plus en plus élevés. Il y a donc : SFAM, Cyrana et la société française d’assurance. A elles trois, ces compagnies qui a mon humble avis représentent toutes la SFAM, tentent chaque mois de prélever entre 100 et 150 euro. »

Plus encore, le système consiste également à multiplier les contrats d’assurances. « Mon père s’est fait souscrire trois assurances par SFR, toutes issues de la SFAM et aussi Foryou (mêmes entreprises) pour une même ligne » explique un client, avant de poursuivre. « J’ai demandé le remboursement de toutes les sommes indues. La SFAM avait aussi un partenariat avec CDiscount où, après chaque achat, j’étais totalement harcelé pour assurer mon achat : plusieurs coup de fil par jour, par semaine... une véritable armée. Si bien que j’ai stoppé mes achats sur cette plate-forme à cause de ce harcèlement. D’ailleurs ils utilisaient les donnés sans en avoir le droit ou avec la complicité de Cdiscount. Des méthodes militaires plus qu’harcelantes utilisées par la SFAM. »

Une série de témoignages édifiants, qui se corroborent l’un l’autre, et mettent en lumière des pratiques qui s’apparentent à des fraudes et arnaques de masse. Demain, nous publierons une seconde série de témoignages, de salariés et d’ex-salariés de la SFAM. De quoi découvrir l’envers du décor : des pressions effectives et des dégradations des conditions de travail qui accompagnent cette machine bien huilée.




Mots-clés

SFAM   /    Scandale   /    FNAC   /    Politique