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Jeunesse

Répression judiciaire

Premier procès des lycéens de Romain Rolland ce lundi : RDV à 13h devant le TGI de Créteil

Dans la continuité de la répression de la mobilisation lycéenne de décembre dernier qui avait été très réprimée, d’autant plus dans les lycées de banlieues, l'acharnement contre les lycéens de Romain Rolland à Ivry se poursuit. En décembre puis février dernier, 6 lycéens ont été placé en garde à vue pour.. des tags « Macron démission » ! Quatre d'entre eux doivent passer en jugement. Lundi 25 s’ouvre le procès de Sofiane. Un rassemblement est appelé à 13h devant le tribunal correctionnel de Créteil. Il est central de s'y rendre nombreux, lui apporter son soutien et se joindre à ses camarades lycéens qui s’organisent avec force face à cet acharnement et refusent de se taire.

samedi 23 novembre

En décembre dernier, la répression contre le mouvement lycéen qui se mobilisait contre Parcoursup, la réforme du bac et des lycées professionnels, a été très brutale. Encore plus brutale dans les lycées issus de banlieues. On se rappelle tous des images glaçantes de la rafle des lycéens de Mantes la Jolie, confrontés à un niveau de violence, de mépris et d’humiliation très fort. Des images qui se sont imposées comme symbole de l’humiliation et de la violence qu’on fait vivre aux jeunes aujourd’hui, et du tournant répressif et politique pris ces derniers mois par le gouvernement dans un contexte social très tendu.
 
C’est dans ce contexte là et trois jours avant que six lycéens de Romain Rolland, à Ivry sur seine dans le 94, ont été placés en garde à vue pendant 36 heures. Le motif ? Un tag « Macron démission » sur le panneau d’information devant le lycée ! Une répression très offensive et politique, qui avait pour but de museler cette jeunesse - et toute sa spontanéité et sa radicalité - qui s’oppose aux attaques antisociales mises en place par le gouvernement visant à précariser et détruire encore plus leurs conditions d’études et de vies, et d’avenir. Suite à ces gardes à vue, les lycéens de Romain Rolland avaient réagi collectivement et de manière exemplaire, en bloquant leur lycée en soutien à leurs camarades inculpés et afin d’exiger le retrait de la plainte de la proviseure.
 
Mais deux mois plus tard, la répression se poursuit et à la suite de nouveaux tags six lycéens ont à nouveau été placés en garde à vue. Avec fois-ci à la clef une perquisition de leurs domiciles à l’aube, qui se sont suivies d’interpellations violentes. Des violences qu’ils ont également subit au cours de leurs gardes à vue. Deux d’entre eux ont été relâchés au bout de quelques heures. Les quatre autres sont sortis au bout de 36 heures et ont été mis en examen. Les trois mineurs, accusés par le tribunal d’avoir « pénétré dans l’enceinte de l’établissement », « de l’avoir dégradé » par des tags ainsi que d’avoir « commis des actes d’intimidation envers la proviseure du lycée », ils risquent jusqu’à trois ans de prison ferme.
 
Sofiane, le quatrième lycéen, majeur, passe quant à lui en procès ce lundi 25 novembre, devant le tribunal correctionnel de Créteil, où il risque jusqu’à 5 ans de prison ferme et 75 000 euros d’amende. Après la répression policière, l’acharnement judiciaire prend place. Ces procès sont évidemment éminemment politiques et visent à faire taire cette jeunesse qui relève la tête. Et d’autant plus violemment quand il s’agit de la jeunesse des banlieues, issue pour beaucoup de l’immigration coloniale, et qui, reléguée, discriminée, doublement exploitée et confrontée au racisme d’Etat, a montré à plusieurs reprises son potentiel radical et explosif, notamment en 2005, lorsqu’elle n’accepte plus cet état de fait auquel on l’assigne. Ce qui explique aussi pourquoi cette répression envers les jeunes de banlieue est systématique, quotidienne.
 
Et en effet, parallèlement à ces procès qui vont se tenir, la répression se maintient aussi dans le quotidien des élèves de Romain Rolland depuis la rentrée. Lycée sous surveillance, « omniprésence » policière aux abords de l’établissement, avec des contrôles d’identité qui se multiplient, comme en témoigne plusieurs de leurs enseignants : « Depuis, on voit constamment des voitures de police devant le lycée et les contrôles d’identité sans raison se sont multipliés », rapporte l’une d’entre elle. Dans cet article, une autre témoigne aussi : « Ce ne serait pas pareil devant Henri-IV ou Louis-le-Grand [de prestigieux lycées parisiens]. Les élèves le ressentent comme une violence sociale. Il ne s’agit pas simplement d’une interpellation violente : c’est tout un système qui s’exprime lorsque nos jeunes sont traités comme cela. »
 
Dans le contexte de ce harcèlement policier, une interpellation très violente contre un des lycéens, Taffa, âgé de 17 ans, a eu lieu en octobre dernier lors de son arrivée au lycée. Entrainant des séquelles physiques très importantes selon ce communiqué du collectif Romain Rolland : peaux arrachées, jours d’ITT…

 
Lors de la soirée organisée par le collectif Romain Rolland - réunissant lycéens, parents, enseignants, qui s’organisent à travers ce collectif contre l’offensive répressive en cours - le 12 novembre dernier, relatée dans cet article du Bondy Blog, la mère de Taffa était venue exprimer sa colère et témoigner du caractère raciste de ces interpellations : « J’ai trois enfants, mon fils Taffa est métis, les deux autres sont blancs et n’ont jamais eu de problème avec la police ».
 
Lors de cette même soirée, l’un des anciens lycéens de Romain Rolland, qui avait également été perquisitionné à l’époque, a quant à lui mis en cause les politiques antisociales menée par le gouvernement ainsi que sa politique de la matraque : « Nous accusons l’Etat de précariser ses étudiants (…) Nous accusons l’Etat d’instrumentaliser sa police gangrénée par l’extrême droite pour faire taire les voix des quartiers populaires ». Cette prise de position, tout autant que la réaction que les jeunes du lycée Romain Rolland ont depuis décembre dernier sont très forts : relever la tête et s’opposer au gouvernement et à sa politique qui précarise toujours plus nos conditions de vies, d’études, de travail, et malgré la répression policière et judiciaire, ne pas se laisser intimider et s’organiser, ici à travers notamment le collectif qu’ils ont monté, pour tenter d’apporter une réponse collective à l’acharnement qu’ils subissent.
 
Dans tout ce contexte, il est nécessaire qu’on se joigne et apporte notre soutien à leur lutte ainsi qu’à Sofiane et les autres lycéens inculpés qui vont passer en procès. Qu’on soit nombreux lundi prochain au rassemblement organisé devant le TGI de Créteil à 13 heures, et qu’on exige l’abandon des poursuites judiciaires à leur encontre, et à l’encontre de toutes celles et ceux qui sont aujourd’hui sous la menace de sanctions judiciaires parce qu’ils ont eu le tort de relever la tête. Gilets jaunes, lycéens : on voit que la seule réponse apportée par le gouvernement à la colère sociale, dans un contexte où ce dernier est affaibli et n’a aucune perspective d’avenir à nous proposer, est celle de la matraque. Face à ça, il est nécessaire qu’on apporte une réponse collective et qu’on instaure un rapport de force à même de faire reculer le gouvernement.




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