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Entretien avec Cedric Brun, CGT PSA Valenciennes.

Première victoire ! PSA renonce à rouvrir l’usine de Valenciennes sous pression des travailleurs

Alors que la direction de l’usine PSA de Valenciennes voulait reprendre l’activité, la direction a reculé sous pression des travailleurs ce mardi 31 mars. Une première victoire face à la direction de PSA qui voulait faire de cette usine un exemple. Nous avons interviewé Cedric Brun, secrétaire général de la CGT PSA Valenciennes.

lundi 30 mars

Crédits photos : V. T.

Révolution permanente : Le groupe PSA va dans les prochains jours vouloir redémarrer ses usines en pleine pandémie de Covid-19 quelle est ton sentiment ?

Cédric Brun : C’est un véritable scandale, comment pourrait-ont accepter de se « déconfiner » et utiliser des milliers de masques alors que le personnel soignant en manque cruellement ?

RP : Vous fabriquez des boîtes de vitesses et nous savons que la situation était tendue, avec la volonté de PSA de vouloir réduire le nombre d’usines. Où en êtes vous aujourd’hui ?

Cédric Brun : Aujourd’hui les choses bougent énormément et l’alliance capitalistique avec FIAT rebat les cartes. A la CGT, hors de question de rentrer dans le jeu de la direction de la concurrence entre sites, il y a suffisamment de boulot pour chaque usine. Il serait inacceptable d’avoir des travailleurs qui chôment à Valenciennes et d’autres qui croulent sous le boulot à l’autre bout du monde, et vice-versa !

Répartissons équitablement les productions !

RP : Comment les salariés de PSA Valenciennes vivent cette situation au quotidien et sur la gestion de la crise sanitaire par la direction ?

Cédric Brun : L’immense majorité des travailleurs refuse la reprise du travail dans des conditions de confinement nationale. La peur d’être contaminé et de contaminer sa famille est dans toute les têtes, et si la direction veut passer en force, il y a aura des luttes.

RP : Vous avez faire reculer la direction dans son projet de redémarrer l’usine. C’est une première victoire, mais PSA va revenir à la charge. D’après toi, qu’est-ce qui a fait changer de position la direction ?

Cédric Brun : Avant tout il faut nous féliciter de cette petite victoire qui même si elle est provisoire nous donne de la force pour la suite. La direction a dû céder avant tout à la pression médiatique. Clairement elle a perdu la bataille de la communication.

RP : Les intérimaires et les sous-traitant sont impactés et leur rémunération également, voir leurs emplois. Quelle est la situation à Valenciennes et dans la région ?

Cédric Brun : C’est le gros de notre bataille, car c’est d’abord pour les précaires que la reculade de la direction est une victoire. Car le volontariat, on le sait, pour les intérimaires et contrats pro, ça n’existe pas.

Si tu ne viens pas même en pleine pandémie ton contrat n’est pas renouvelé et t’es black listé.

RP : Aujourd’hui il manque des masques, des respirateurs et les patrons veulent les garder pour eux comme à Airbus par exemple. Mais au-delà de cela, ne faudrait-il pas convertir les usines pour faire du matériel médical plutôt que des voitures ou des boîtes de vitesses qui ne sont pas essentielles pour lutter contre la pandémie ?

Cédric Brun : Ce que nous disons : fabriquer des respirateurs dans des conditions de protection optimales pour participer à l’effort sanitaire, c’est mille fois oui ! Fabriquer des boites de vitesses ou des moteurs pour les voitures, c’est non !

Le message volontairement brouillé du gouvernement laisse toute latitude aux patrons pour faire comme ils veulent, et c’est un problème.

Dans une situation aussi grave que nous traversons aujourd’hui, la question de la réquisition des moyens de production pour la fabrication de matériel médical doit se poser.




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