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Notre classe

Rapport de force

Première victoire pour les agents de sûreté aéroportuaire : face au patronat, seule la grève paie !

Ce vendredi les agents de sûreté aéroportuaire en grève reconductible ont obtenu le maintien de la prime annuelle PASA que le patronat tentait de rogner. Obtenue par la lutte et la solidarité des grévistes, cette première victoire en appelle d'autres et démontre que les travailleurs peuvent gagner lorsqu'ils relèvent la tête !

samedi 20 novembre

Mardi 16 novembre, les agents de sûreté aéroportuaire se sont mis en grève reconductible à Roissy – Charles De Gaulle, Orly, ou encore à Nice et Marseille contre les nouveaux accords de branches que le patronat tentait de leur imposer. Ces accords prévoyaient notamment de rogner sur la prime annuelle PASA (l’équivalent d’un 13ème mois) en la soumettant à de nouveaux critères discriminants. Alors que le coût de la vie ne cesse d’augmenter et que les travailleurs ont été en première ligne face à la crise sanitaire, cette tentative de remettre en cause une prime conquise par la lutte en 2002 a été le signe de mépris de trop.

En l’occurrence, le patronat prévoyait d’indexer cette prime aux taux de présence des salariés. Autrement dit le moindre arrêt maladie, accident de travail, ou temps de travail passé au chômage partiel, aurait eu un gros impact sur la prime de ces salariés. Un manque à gagner important, en particulier en cette période de pandémie de Covid-19 où les arrêts maladie sont logiquement plus courant, et où les prix de la vie ne cessent d’augmenter. De plus, l’impact aurait été d’autant plus fort pour les femmes, nombreuses à travailler dans ces entreprises, qui auraient été en plus pénalisées en cas de congé maternité. « On est beaucoup de femmes à travailler, on a aucun respect pour nous. On aura plus le droit d’avoir d’enfants ! [..] C’est une honte, on va se battre », témoignait ainsi Marie mardi dernier lors d’une manifestation à l’aéroport de Roissy – Charles de Gaulle.

Pour défendre leurs acquis, les agents de sûreté des différentes entreprises se sont mis en grève reconductible dans plusieurs grand aéroports de France durant trois jours. Malgré les tentatives des patrons pour briser la grève en faisant appel illégalement à des intérimaires ou des travailleurs détachés, les grévistes ont réussi à construire le rapport de force et à faire reculer le Syndicat des Entreprises de Sûreté Aéroportuaire (SESA), l’organisation patronale à l’origine de cette attaque. Lors des négociations de branche avec l’intersyndicale inter-entreprise, ils ont ainsi obtenu le maintien de leur prime annuelle PASA avec le même critère que les années précédente, à savoir la présence dans l’entreprise le 31 octobre.

Cette première victoire est donc le fruit d’un rapport de force construit par la lutte et la solidarité entre les grévistes qui se sont coordonnés à travers tout le pays au-delà des étiquettes syndicales. Elle renforce ainsi la détermination des grévistes qui préparent d’ores et déjà un second round pour continuer à défendre leurs conditions de travail et de salaire, et arracher satisfaction pour l’ensemble de leurs revendications.

Plus généralement, la lutte des agents de sûreté aéroportuaire est un exemple qui démontre qu’il est possible de faire reculer les patrons par les méthodes de la lutte des classes. A ce titre, elle doit servir d’expérience pour construire un plan de bataille afin de préparer au combat l’ensemble de notre camp social contre les attaques autoritaires et antisociales du grand patronat, de Macron et de son gouvernement !




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