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« Préparer les jeunes au monde de l’entreprise » : la réforme pro-patrons de Macron pour les lycées pro

Macron à beau dire que l’éducation est sa priorité, la réforme des lycées professionnels est hautement symbolique de son projet : toujours plus asservir l'éducation et l'enseignement aux besoins du grand patronat.

lundi 5 septembre

Photo : AFP

Cet été, Macron a rappelé qu’il « tenait beaucoup » à sa réforme des lycées professionnels. Dans la continuité de celles exposées durant sa campagne présidentielles, il veut, dorénavant, « mieux préparer les jeunes au monde de l’entreprise », comme il l’a déclaré le jeudi 25 août, lors d’une réunion de rentrée à la Sorbonne en présence des recteurs d’académie.

Pour se faire, une augmentation de 50% des semaines de stages en entreprise est envisagée pour les étudiants des lycées professionnels. Autrement dit, le gouvernement veut réduire drastiquement le nombre d’heures de cours. « Les élèves ont l’impression d’être délaissés, on sacrifie une génération, les programmes sont d’une pauvreté affligeante ! » témoigne une enseignante d’un lycée professionnel pour le journal Les Echos. Une autre continue : « Cela m’a conduit à devoir traiter la décolonisation en un quart d’heure ! »

Mais surtout, le but est de faire de ces étudiants une main d’œuvre à bas coût, quasi-gratuite et disponible immédiatement pour le patronat. Le Président déclarait en ce sens, en mars dernier, vouloir « un partenariat beaucoup plus étroit avec les entreprises ». De surcroit, il souhaite que les lycéens soient « rémunérés pour leur temps d’entreprise comme le sont les apprentis », autrement dit une misère, alors même que le travail effectué sera similaire, ou presque, à celui de n’importe quel travailleur.

En effet, comme l’explique Sigrid Gérardin, secrétaire générale du Snuep-FSU, syndicat de l’enseignement professionnel, pour le journal 20 minutes : « Le gouvernement va calibrer les filières professionnelles en direction des métiers qui peinent à recruter et que les gens désertent en raison de leurs conditions de travail défavorables. »

A l’image de l’ensemble des politiques macronistes, cette réforme est clairement pensée pour rassurer le patronat en période de crise. Ainsi, lors de la dernière université du MEDEF, la problématique du manque d’effectif était au cœur des débats, conduisant le président de l’organisation patronale à exiger que l’État « prenne en main » la réforme de l’assurance-chômage. De la même manière, depuis quelques temps, une grande vague de démission touche la France, car beaucoup de salariés refusent les conditions de travail misérables qui leurs sont imposées.

Avec cette réforme du lycée professionnel, le gouvernement cherche à augmenter la sélection et baisser les coûts de l’enseignement public. Son but est clair : pousser les jeunes le plus rapidement possible vers le monde du travail et les préparer à travailler dans des conditions toujours plus précaires.

La nomination de Carole Grandjean, en charge de la réforme, comme ministre déléguée chargée de l’Enseignement et de la Formation professionnel sous la tutelle du ministère du travail est symbolique, et montre la vision de Macron pour l’éducation. Après les différentes réformes de l’éducation lancée par Blanquer pour précariser toujours plus les conditions de travail des personnels et augmenter le contrôle des lycéens, cette nouvelle mesure reste dans la même lignée.

Alors que les prochaines semaines s’annoncent explosives, la manifestation interprofessionnel du 29 septembre, doit servir de point d’appui pour construire une riposte unitaire à l’ensemble des politiques de Macron, dont la jeunesse lycéenne va en payer les directement les conséquences. Notamment, dans l’Éducation nationale, où la rentrée a été marquée par les conséquences des politiques d’austérité et de destruction du service. Alors que le gouvernement cherche à préparer les lycéens à toujours plus de précarité tout au long de notre vie, et à nous mettre au pas à travers par exemple le Service National Universel, nous devons aussi nous joindre à cette mobilisation.



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