^

Notre classe

Etendre la grève !

Près de 400 grévistes et soutiens bloquent les incinérateurs de déchets d’Ivry et Saint Ouen

La lutte contre la réforme des retraites se poursuit plus d’un mois après son lancement, le 5 décembre dernier. Ce mardi 14 janvier à 7h00 plus de 400 grévistes et leurs soutiens, selon la préfecture du Val de Marne, ont bloqué le centre de déchet d’Ivry-sur-Seine pour protester contre la réforme des retraites. A Saint-Ouen le centre d’incinération des déchets a également été bloqué par les grévistes du centre et environ cent cinquante soutiens à partir de 7h45.

mardi 14 janvier

Crédits Photo : UD CGT Val-de-Marne

C’est une action coup de poing qui a été lancée ce matin dans ce secteur aussi stratégique. A l’appel de la CGT, c’est le plus important centre de traitement de la région parisienne qui a été fermé ce mardi 14 janvier. Puisqu’à Ivry c’est la collecte et le traitement des déchets de plus d’un million et demi d’habitants, soit douze arrondissements de la capitale et une dizaine de communes limitrophes qui a été bloquée, c’est aussi le plus grand incinérateur d’Europe, qui alimente plus de 100 000 foyers en chauffage qui tourne au ralenti.

Le blocage, en parallèle, du centre d’incinération des déchets de Saint Ouen permet la baisse de livraisons de vapeurs qui servent au chauffage urbain. En temps normal, c’est une production de 210 tonnes qui est fournie par le site. Les grévistes ont décidé de faire baisser la livraison.

C’est d’ailleurs avec ces secteurs que le blocage a pu être mis en place ce matin. A Saint Ouen de nombreux grévistes du dépôt de bus de Pleyel, de la ligne 3 de métro, des enseignants et des étudiants du 93 étaient présents ce matin pour aider à la réussite de l’action. A Ivry la même solidarité a été mise en œuvre puisque des enseignants, des machinistes (notamment du dépôt de bus de Lagny) ou encore des étudiants étaient sur place dès 7h pour déloger la police et investir le site.

L’enjeu principal et urgent après plus de quarante jours de grève dans les secteurs à l’avant-garde de la lutte c’est la généralisation, et c’est ce que nous rappelle Thierry Delepine, délégué syndical CGT SPPTERP : « On a voulu montrer qu’il n’y avait pas que la SNCF et la RATP, l’énergie est là et si le mouvement prend on fera plus mal que les transports ».

A Saint Ouen comme à Ivry c’est un blocage filtrant qui a été instauré. Sollicité par l’AFP le Syndicat intercommunal de traitement des ordures ménagères (Sitcom) qui gère le site d’Ivry, indique que l’usine n’est pour l’heure « pas à l’arrêt mais tourne au ralenti ». Il prévient, si le blocage devait se poursuivre les prochains jours « on ne pourra plus collecter les déchets ». C’est ce qui semble s’engager puisque l’Assemblé Générale a décidé de continuer à occuper le lieu, et ce jusqu’ à vendredi au moins, les grévistes ont de plus soudé les grilles à l’entrée du site pour empêcher l’accès au dépôt. A Saint Ouen l’objectif est pour l’instant de faire baisser les charges, chaque jour du temps fort syndical du 14,15,16 pour limiter la production de vapeurs qui servent au chauffage urbain.

Mais pour faire passer un nouveau cap au rapport de force, c’est bien vers un durcissement vers lequel le mouvement de la grève des éboueurs doit tendre. En effet, si les blocages montrent une certaine efficacité, il est cependant nécessaire de faire durcir la grève en allant vers l’arrêt de l’outil de production. En ce sens, les directions syndicales, au premier titre la CGT, qui pour l’heure n’envisage pas l’arrêt des incinérateurs, se devraient d’appeler au durcissement du mouvement, en appelant à la généralisation de l’arrêt des incinérateurs. C’est la seule manière pour réellement construire le rapport de force, l’inscrire dans la durée, et surtout à la hauteur de la détermination des grévistes RATP-SNCF en grève depuis plus de 40 jours. Il y a urgence ! Il faut étendre la grève pour faire tomber Macron et sa réforme !




Mots-clés

Mouvement des retraites 2019-2020   /    Blocage économique    /    Éboueurs   /    Grève générale   /    CGT   /    Notre classe