^

Jeunesse

Paris 8

Projection “Les petites mains invisibles” : les ex-grévistes d’Onet appellent la jeunesse à rentrer dans lutte !

Lundi soir, à Paris 8, se tenait la projection du film “Les petites mains invisibles” sur la grève d’Onet, suivi d’interventions des protagonistes de cette grève victorieuse de la sous-traitance , et d’Andréa D’Atri, féministe révolutionnaire argentine, figure du collectif international Du Pain et des Rose. Les derniers mots des grévistes s’adressaient à la jeunesse, et pouvaient se résumer ainsi : “à votre tour, battez-vous !”

mercredi 6 novembre

Crédits photo : O Phil des Contrastes

Une centaine de personnes - étudiants, salariés, cheminots, travailleurs de la sous-traitance, ont rempli la salle ce soir-là pour visionner ce film d’une lutte, devenue référence dans de nombreux écrits, marxistes et féministes, notamment pour y aborder des enjeux d’ordre stratégique. En effet, pour rappel, ces 84 grévistes du nettoyage des gares franciliennes étaient parvenues à faire vivre un véritable cadre d’auto-organisation démocratique maintenant l’unité de tou.te.s les grévistes, à lier de nombreux secteurs à leurs luttes, à faire émerger des figures de la mobilisation, ou encore, à affronter la répression. Ainsi, le 15 décembre 2017, après 45 jours de grève, la direction de la multinationale ONET et de la SNCF pliaient devant leur détermination.

À la tribune, les ex-grévistes d’Onet sont revenues sur leur expérience, et les bilans qu’elles en tirent. Parmi lesquels, l’importance de s’engager dans la lutte, sans laquelle aucune victoire n’est possible. Mais aussi, et centralement, l’importance de l’auto-organisation et de s’appuyer sur les acquis stratégiques du mouvement ouvrier. Ainsi, les AGs étaient souveraines, contraignant les directions syndicales à se soumettre au vote à main levée des grévistes, et des liens forts se sont tissés avec divers secteurs parmi lesquels les militants de Révolution Permanente et les cheminots de la SNCF, permettant de profiter des leçons des luttes précédentes. Aussi, sont-elles revenues sur le bouleversement subjectif d’une grève, dont nombres de ces femmes sont devenues de véritables figures, revendiquées dans beaucoup de mobilisations. Pour conclure, leurs derniers mots s’adressaient à la jeunesse, qui se résument ainsi : “à votre tour, battez-vous !”. Si comme elles l’ont mentionné, cette expérience fut une forme d’école de guerre pour elles, une école de lutte des classes et de féminisme. « Désormais on sait que sans lutter on aura rien. Vous qui êtes encore jeunes, il faut que vous vous battiez ».

À la tribune également, Carla, étudiante à Paris 8, féministe, militante au NPA et à Révolution Permanente. Après être intervenue pour appuyer sur le caractère exemplaire de cette grève victorieuse qui casse les codes de la routine syndicale, Carla a appelé à la nécessité de se préparer dès maintenant à la grève reconductible du 5 décembre initiée par la RATP contre la réforme des retraites. Et comme objectif, d’y intervenir avec un profil féministe révolutionnaire, via le collectif Du Pain et des Roses. En effet, les femmes, contraintes à cumuler les temps partiels pour garder les enfants et étant beaucoup plus exposées à la précarité que les hommes, seront en première ligne d’une réforme qui ne fera aucun cadeau aux « carrières hachées ». Ainsi nous proposons, le mardi 12 novembre, une réunion DPDR en vue de la grève du 5 pour y affirmer un profil féministe offensif.

Par la suite, Andrea d’Atri, figure du mouvement féministe en Argentine, et auteur du livre “Du Pain et des Roses”, a décidé de débuter son intervention sur les offensives islamophobes du gouvernement. Ces attaques, a-t-elle insisté, sont autant de signes de la dimension impérialiste de l’État Français, qui cherche à stigmatiser les musulmanes, à leur interdire d’aller à l’école sous prétexte du port du voile. Selon elle, la laïcité d’aujourd’hui s’impose par l’État Français de la même manière que la colonisation d’hier. Ensuite, D’Atri a longuement insisté sur le combat incessant de la société capitaliste, avec ses institutions, sa presse mais aussi les bureaucraties syndicales à son service, pour empêcher la formation de l’histoire de ceux qui luttent, et plus que tout, la transmission de ces mémoires, contraignant le plus souvent les exploités à recommencer de zéro à chaque lutte. D’où l’importance centrale de pouvoir, à travers la formation d’un parti révolutionnaire, être en mesure d’accumuler chaque expérience de lutte, chaque grève, chaque conflit, pour, en tirant des bilans stratégiques, les transmettre et en faire autant de points d’appuis, pour ne pas seulement résister, mais aussi pouvoir gagner, à l’image de la grève des salariées d’ONET. Aussi, les étudiants ont un rôle un joueur dans cette transmission, notamment à travers les moyens qui sont les leurs à l’université, à-même de devenir de véritables places fortes pour les luttes ouvrières. En ce sens, le slogan de mai 68 qui a fait le tour du monde « étudiants travailleurs, unis nous vaincront » est un acquis très important du mouvement étudiant français et international.

Pour finir, peu avant la clôture de cet événement, des cheminots de Châtillon, sont intervenus pour dire leur fierté devant ces ex-grévistes, mais aussi pour pointer du doigt les tentatives répétées des patrons de dépeindre ceux qui se battent pour leurs droits, en privilégiés. Ainsi, ils ont conclut en insistant sur la force inimaginable de l’union des travailleurs. En cette soirée, régnait un parfum de convergence des luttes, de radicalité et d’une certaine détermination. À un mois d’une grève reconductible qui s’annonce très suivie à partir du 5 décembre, et pour toile de fond les gilets jaunes, ce climat ne peut laisser la jeunesse indifférente !




Mots-clés

Onet   /    Paris 8   /    Du Pain et des Roses   /    Jeunesse   /    Du Pain et des Roses