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Projet Hercule : les travailleurs d’EDF en grève face au projet de privatisation

En pleine crise sanitaire, le gouvernement a donc décidé de ne pas chômer. En plus des lois « sécurité globale » et « contre le séparatisme », il poursuit projet de privatisation et de découpage d’EDF, le projet « Hercule ». Concocté de façon à séparer les activités les plus rentables (qui seront privatisées) des autres (qui resteront publiques), ce projet provoque la colère chez les travailleurs d’EDF dont les organisations syndicales appelaient à la grève hier.

vendredi 11 décembre 2020

Crédit photo : Jean-Paul Pelissier/Reuters

Après l’ouverture du marché de l’électricité au privé, c’est maintenant la privatisation d’EDF qui est le nouvel objectif du gouvernement. Le projet, dénommé Hercule, a été concocté depuis plusieurs mois par la direction d’EDF en lien direct avec le gouvernement et les institutions européennes garante de la libre concurrence. Cependant, comme le révèle Médiapart cette opération se déroule dans l’obscurité la plus complète et peu de choses sont connues sur le projet.

Parmi les choses que l’ont sait sur cette opération de privatisation, il y a le découpage d’EDF en plusieurs entités. Tout d’abord EDF « bleu » concentrera les activités nucléaires et le réseau de transport d’électricité qui devrait rester publique. Ensuite EDF « vert » qui regroupera les énergies renouvelables et le pôle commerciale, qui devrait être privatisé et coté en bourse. Finalement, EDF « Azur » devrait regrouper les usines hydro-électriques. Le sort définitif de la branche « Azur » n’est cependant pas complètement scellé, et les barrages pourraient être rattachés à EDF « Bleu ».

Cette division n’est pas neutre. Les activités les moins rentables, les plus couteuses vont donc rester dans un pôle public alors que EDF « vert » rassemblera les activités avec les plus hauts rendements. En effet, les investissements et les coûts liés aux démantèlements pour énergies renouvelables sont beaucoup plus faible que pour le nucléaire. Il faut aussi noter que le découpage, le démantelement et les investissements liés au nucléaire devront se faire sans l’appui apporté par EDF « vert », pouvant conduire à des difficultés financières pour EDF « bleu ». De cette façon aussi, les bénéfices seront privatisés alors que les pertes resteront publiques.

Face à la manœuvre les travailleurs d’EDF se mobilisent. Une première journée de grève avait déjà eu lieu il y a de cela un an. Plus récemment, une journée de grève a eu lieu le 3 décembre et a été suivie par plus de 31% des salariés. Une semaine après, ce 10 décembre, une autre journée de grève a eu lieu hier. Dans les centrales nucléaires, cette journée d’action a eu un succès notable avec 90% de grévistes chez les équipes de la nuit et du matin. Au total, c’est un tiers des effectifs qui a ainsi fait grève hier.




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