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Promotion « Gilets jaunes ». Castaner célèbre les violences policières

Selon le journal Médiapart, des membres des forces de l’ordre impliqués dans des affaires de violences policières ont été décorés par Christophe Castaner pour leur "engagement exceptionnel dans le cadre des gilets jaunes."

jeudi 18 juillet

Crédits photos : © LUDOVIC MARIN / AFP

Créée en 2012, la médaille de la sécurité intérieure récompense "les services particulièrement honorables, notamment un engagement exceptionnel, une intervention dans un contexte particulier, une action humanitaire ou l’accomplissement d’une action ponctuelle ou continue dépassant le cadre normal du service.”

Selon Médiapart, Christophe Castaner vient de l’accorder à la “promotion exceptionnelle” gilets jaunes. À l’origine, elle était destinée aux “fonctionnaires blessés dans le cadre du mouvement des “gilets jaunes”.” Mais les critères ont fini par être élargis, faute de candidats y répondant...

En tout, le ministre de l’Intérieur aurait remis plus de 9 000 médailles à des fonctionnaires de police, en récompense de leur "engagement exceptionnel dans le cadre des gilets jaunes."

Or, parmi les médaillés jugés méritants par le ministre de l’Intérieur, au moins cinq sont impliqués dans des affaires de violences policières, et non des moindres.

Ce 16 juin ont donc par exemple été décorées les personnes suivantes :

-  le commandant divisionnaire Dominique Caffin, ayant violenté à coups de pieds et de matraques des gilets jaunes qui s’étaient réfugiés dans un Burger King, pendant l’acte III des Gilets Jaunes à Paris, et dont les images avaient fait le tour des médias ; “vous me les sortez, vous leur cassez la gueule", pouvait-on entendre les policiers dire sur les vidéos filmées sur place par les gilets jaunes ;

-  le capitaine Bruno Félix, auditionné dans le cadre de l’enquête sur la mort de Zineb Redouane, touchée en plein visage par une grenade lacrymogène lancée par un policier alors qu’elle était chez elle et qu’elle tentait de fermer sa fenêtre pour se protéger des gaz ("Pourquoi m’ont-ils tiré dessus ?" disait-elle avant de mourir) ; ce jour-là, il commandait les auteurs des tirs ;

-  le commissaire Rabah Souchi, responsable des opérations ayant provoqué la chute de Geneviève Legay, militante pacifiste de 73 ans chargée par la police et grièvement blessée à la tête ; la charge avait été filmée en direct par BFM, et Macron avait enjoint la militante à “plus de sagesse” ;

-  enfin, le commissaire divisionnaire Grégoire Chassaing, qui a donné l’ordre de disperser à coups de charges de police et à grands renforts de lacrymos des jeunes fêtant la fête de la musique à Nantes, provoquant la chute d’une quinzaine de personnes dans la Loire, dont Steve Maia Caniço, toujours porté disparu ; Steve avait 24 ans et, selon ses proches, il ne savait pas nager.

Ces policiers restent à ce jour impunis, et le ministère de l’Intérieur assume totalement de leur accorder cette médaille, précisant dans un communiqué qu’il “n’appartient pas à des tiers de désigner nommément des personnels pour des faits qui ne sont pas définitivement établis.”




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