^

Politique

NOUVEAU SCANDALE EN MACRONIE

Propos LGBTIphobes : l’affaire Cayeux divise la majorité et fragilise la macronie

Depuis le début de la semaine, un nouveau scandale entache la macronie : Caroline Cayeux, ministre des collectivités territoriales, a maintenu des propos LGBTIphobes tenus en 2012. Alors que le hashtag #Cayeuxdémission emballe les réseaux sociaux, l’affaire divise la majorité et apparaît comme un nouveau symptôme de fragilité.

vendredi 15 juillet

Depuis le début de la semaine, le nom de Caroline Cayeux, ex-LR tout juste nommée ministre déléguée chargée des collectivités territoriales, est omniprésent sur les réseaux sociaux. Et pour cause, celle-ci a maintenu les propos LBGTIphobes qu’elle avait tenu en 2012 à l’occasion de la présentation du projet de loi du « mariage pour tous ». Ceux-ci ont suscité l’indignation et poussé les internautes à exiger sa démission. Seulement cette fois, des députés de la majorité se sont joints à la critique, suscitant une crise qui met de nouveau à nu la fragilité de la macronie.

La ministre maintient ses propos LGBTIphobes, les internautes exigent sa démission

Tout commence ce lundi 11 juillet, avec la publication d’une pétition sur le site de Tetu qui réclame le retrait de trois ministres « Manif pour tous » : Gérald Darmanin, connu pour sa participation aux manifestations homophobes en 2012, Christophe Béchu, qui avait notamment fait retirer des affiches de campagne de prévention contre le VIH sous prétexte qu’elles présentaient des couples d’hommes, et Caroline Cayeux, qui a déclaré en 2012 que « le Mariage pour tous et le droit à l’adoption n’est pas simplement un dessein qui va contre nature mais c’est plus grave ».

Interrogée dès le lendemain par Public Sénat sur la publication de cette tribune, Caroline Cayeux persiste qu’elle « maintient évidemment ces propos », et s’enfonce en affirmant qu’elle a « beaucoup d’amis parmi tous ces gens-là ». Une déclaration LGBTIphobe qui met en avant les positionnements réactionnaires des figures de droite fraîchement nommées par le gouvernement Borne II. Mais si celle-ci a été immédiatement dénoncée sur les réseaux sociaux, où ont fleuri les hashtag #Cayeuxdémission et #cesgenslà, jusqu’au sein de la majorité des membres de Renaissance se sont saisis de l’affaire ouvrant une nouvelle crise dans la macronie.

Une affaire qui divise la majorité

C’est notamment le nouveau ministre des transports, Clément Beaune, qui a donné à l’affaire une tournure nationale. Interrogé sur LCI, il qualifie les propos de Cayeux de« propos extrêmement blessants » et explique qu’il « fait partie de ces gens-là ». En réaction, et suite à une plainte déposée mercredi par plusieurs associations contre Caroline Cayeux pour « injure publique », la ministre déclare dans Le Parisien qu’elle « regrette » ses propos qualifiés de « stupides et maladroits ». Des excuses loin d’être convaincantes, qui apparaissent surtout comme une tentative de tuer le scandale dans l’œuf pour éviter d’avoir à démissionner.

Si certains membres de LREM tenteront ensuite d’éteindre l’affaire, à l’instar d’Olivia Grégoire qui affirmera « on a le droit à l’erreur une fois » ou encore Olivier Véran pour qui « le débat est désormais clos », d’autres l’entendent autrement et signeront une tribune qui sera publiée en fin de semaine pour remettre en cause son maintien au gouvernement

Signée par des parlementaires mais également par des anciens ministres, et soutenue « par une dizaine de ministres actuels [qui] sont scandalisés » selon France Info, cette tribune vient accentuer la pression qui pèse sur la ministre et son poste. S’il est clair que la dénonciation en interne est teintée d’hypocrisie – elle reste bien silencieuse quant à l’affaire Darmanin -, elle apparaît comme le symptôme d’une majorité affaiblie.

L’affaire Cayeux, symptôme de la fragilité qui règne en macronie

Depuis le début du quinquennat de Macron II, Renaissance est en proie à de multiples scandales : de la gestion catastrophique du Stade de France aux « Uber Files », en passant par la nomination de Damien Abad, chaque affaire prend la forme d’une véritable crise politique pour le gouvernement. Sur cette voie, l’affaire « Cayeux » a mis sous le feu des projecteurs les difficultés d’une macronie, déjà en difficulté à l’assemblée, à faire bloc.

Ainsi, malgré les tentatives de Macron lors de son interview du 14 juillet d’apparaître comme maître de la situation, l’affaire Cayeux témoigne d’un nouveau symptôme de la fragilité de la majorité. Une fragilité qui, face à la colère sociale qui gronde dans le pays, ouvre des brèches pour préparer la riposte.



Mots-clés

Macronisme   /    LGBTphobie   /    Scandale   /    Emmanuel Macron   /    Politique