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Confinement

Quadrillage policier, jusqu’à 135 euros d’amende : des mesures ultra-répressives pour imposer la « discipline »

Après l’allocution de Macron, c’est au tour du ministre de l’Intérieur Christophe Castaner de prendre la parole pour annoncer des mesures ultra restrictives visant à imposer par la force la « discipline » par des amendes pouvant aller jusqu’à 135 euros et la mise en place d’un dispositif policier de grande ampleur. Après avoir tergiversé des semaines durant, quant au coronavirus, des mesures autoritaires que le premier ministre revendique lui-même comme « les mesures les plus restrictives en vigueur en Europe aujourd'hui ».

lundi 16 mars

Crédits photo : Christophe ARCHAMBAULT Source : AFP, 7 décembre

Le ministre de l’Intérieur a pris ce soir la parole pour annoncer le plan d’urgence mise en place par le gouvernement en vue du confinement général de la population (sauf pour ceux qui doivent aller travailler dans les entreprises « non essentielles » au risque de la contamination). Un confinement des plus autoritaires, alors que l’épidémie s’épand de manière exponentielle du fait notamment de la gestion erratique et contradictoire du gouvernement. Etape par étape le gouvernement en est ainsi arrivé aux mêmes mesures que les autorités du reste de l’Europe : un confinement total forcé par la restriction des droits démocratiques.

Après l’Italie et l’Espagne, où l’état d’urgence a été décrété, c’est à la France d’être fermée à double tour par ses autorités. Fermeture des frontières, interdiction de la plupart des déplacements et verrouillage du pays. Notamment au travers de la mise en place d’un dispositif policier colossal : 100 000 policiers déployés dans toute la France pour contrôler la population. Castaner persiste et signe : « Ce sont les mesures les plus restrictives en vigueur en Europe aujourd’hui ».

Les Français qui violeraient ces restrictions se verraient donc verbalisés d’une amende allant de 38 euros à 135 euros et que le ministre a annoncé vouloir augmenter au plus vite. Droit de sortie restreint donc, sauf en solitaire : « On pourra prendre l’air mais certainement pas jouer un match de foot ». Ce qui est d’ailleurs loin d’être clair… Le contrôle devant se faire selon les attestations sur l’honneur des français même si on sait déjà qu’il pourra être arbitraire et abusif. Un passage en force qui dénote de la lenteur avec laquelle le gouvernement a pris des mesures pour la santé et semble laisser les soignants s’occuper seuls de la crise.

Mais aussi avec le discours sur la gestion du travail, laissé au bon vouloir des personnes selon Castaner : « Il n’est pas envisagé d’interdire à tous les français de se rendre au travail », mais nous savons très bien qui prendra la décision : le patron. Des travailleurs encore une fois mis en danger et rien sur la fermeture par exemple des usines qui produisent des produits « non essentiels » pour la crise sanitaire actuelle, comme l’aéronautique, et qui concentrent un nombre important de travailleurs.

Le gouvernement, après des semaines d’incertitudes et d’atermoiements a donc décidé, derrière la façade progressiste du discours de Macron, de passer au confinement des plus restrictif et avec des arrêtés qui tomberont dès demain pour forcer la fermeture totale du pays dès midi, passant outre les droits démocratiques les plus élémentaires.




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