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Toute excuse est bonne…

Quand Israël instrumentalise les attentats de Paris pour justifier sa politique coloniale

Fréderic Apoyo Il n'aura pas fallu longtemps pour que les principaux leaders israéliens s'emparent des attentats à Paris pour justifier leur politique coloniale en Palestine. Une tactique politique classique des leaders israéliens, qui n'avaient pas hésité à se saisir des attentats du 11 septembre 2001 pour disposer d'appui à leur politique coloniale, avec un succès considérable.

jeudi 19 novembre 2015

Pendant des décennies, Israël a masqué son occupation coloniale de la Palestine par une guerre contre le terrorisme islamique. Une théorie du "choc des civilisations" qui a trouvé un écho à la suite du 11 septembre 2001. En 2008, le premier ministre israélien s’était ainsi félicité que les attentats du World Trade Center aient permis de « rallier l’opinion publique américaine » à la faveur de l’Etat hébreux, et de justifier les atrocités commises contre les Palestiniens.

Même rhétorique pour les mêmes objectifs

« En Israël comme en France, le terrorisme est le terrorisme et ce qui se tient derrière lui c’est l’Islam radical et son désir de détruire ses victimes », a déclaré Netanyahu à propos des attentats ayant touché Paris le 13 Novembre dernier. « Le temps est venu pour les pays de condamner le terrorisme contre nous au même titre qu’ils condamnent le terrorisme partout dans le monde » a t-il conclu.

Malgré l’étiquetage de produits originaires des colonies israéliennes, la France est l’un des rares pays à avoir condamné des militants BDS (boycott, désinvestissement, sanctions) et cet appel au ralliement des politiques israéliennes en Palestine n’est pas adressé à l’état major français. En plaçant sur le même plan la résistance du peuple palestinien et les actes barbares de l’Etat islamique, Netanyahu cherche avant tout à convaincre l’opinion publique française et européenne de soutenir Israël.

Un amalgame nauséabond, dont il est coutumier du fait. « Nous ne devons pas oublier : nous ne sommes pas à blâmer pour le terrorisme dirigé contre nous, tout comme les Français ne sont pas à blâmer pour le terrorisme dirigé contre eux. Ce sont les terroristes qui sont à blâmer pour le terrorisme, pas les territoires, pas les colonies et pas autre chose. C’est le désir de nous détruire qui perpétue ce conflit et entraîne l’agression meurtrière contre nous » a-t-il ainsi martelé, alors que, depuis le 1er octobre, les forces israéliennes ont tué 80 Palestiniens, dont au moins 15 enfants. Dans un rapport récent, Amnesty International qualifie des dizaines de ces assassinats comme étant clairement des exécutions sommaires.

Alors que Moshe Yaalon, le ministre israélien de la défense, a appelé « les pays luttant contre le terrorisme » à « déplacer le curseur dans le sens de la sécurité » et à imiter Israël et ses mesures de « lutte contre le terrorisme », c’est bel et bien l’invisibilisation du massacre du peuple palestinien qui est visé par l’Etat major israélien.




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