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Politique

Justice de classe !

Quand Mélenchon tente une défense fumeuse du patron-voyou Carlos Ghosn

Au micro d’Europe 1 ce matin, Jean-Luc Mélenchon s’est livré à une étonnante défense de l’ex-patron corrompu et en fuite de Renault-Nissan, arguant qu’il avait eu raison de fuir car persécuté par la justice japonaise.

mardi 7 janvier

Ce mardi matin sur Europe 1, Mélenchon a volé au secours de l’ex-patron de Renault-Nissan, Carlos Ghosn, qui a fui la justice japonaise en se réfugiant au Liban et qui est désormais sous le coup d’un mandat d’arrêt Interpol. En effet, il a décrété : « Vous connaissez un être humain qui n’essaie pas de s’échapper quand on le maltraite ? Ça n’existe pas. Alors pourquoi il serait le seul être humain à notre connaissance à qui ça serait indifférent d’être maltraité ? » Accusant de ce fait la justice japonaise de s’être livré à une « maltraitance inacceptable » à l’encontre de Carlos Ghosn.

Une tentative de défense particulièrement bancale et incompréhensible quand on se penche sur les conditions de détention que connaissait Carlos Ghosn au Japon. En effet ce dernier, inculpé pour corruption, responsable d’un management violent et du licenciement de milliers de travailleurs, se trouvait ces derniers temps seulement assigné à résidence, quand dans le même temps des centaines de Gilets jaunes croupissent dans les prisons françaises pour avoir manifesté.

Le patron-voyou, grâce à sa fuite rocambolesque, a même pu passer le réveillon dans un cadre luxueux auprès de ses proches, et certaines sources racontent qu’il compte gonfler encore sa fortune indécente grâce à un contrat avec Netflix autour d’une production qui mettrait en scène son évasion.

Ainsi, la déclaration du chef de file Insoumis selon laquelle « les droits de l’Homme et les droits de la défense ne s’appliquent pas en fonction de critères de classe » pourrait prêter à sourire si elle n’induisait pas un mépris criant vis-à-vis des milliers de travailleurs exploités durant des années par Carlos Ghosn et à qui justice est loin d’avoir été rendue.

En ce qui concerne la légitimation de personnages peu recommandables et impliqués dans des affaires de corruption, Jean-Luc Mélenchon n’en est pas à son coup d’essai. On se souviendra notamment qu’en septembre dernier, il avait pris la défense de Richard Ferrand, patron LREM de l’Assemblée nationale, soupçonné de corruption et de « prise illégale d’intérêts » dans le cadre de l’affaire immobilière des Mutuelles de Bretagne.

Il avait mis en avant la présomption d’innocence pour arguer que Ferrand ne devait pas démissionner, qu’il était peut-être « tombé dans un piège ». Évoquant cette affaire, il s’était même identifié à Ferrand et l’ancien président brésilien Lula en déclarant : « Nous, nous faisons l’objet d’une procédure d’exception. Nous sommes les seuls à avoir été perquisitionnés et traînés en correctionnelle […] sur une simple et unique initiative du parquet ».

Une « présomption d’innocence » accompagné d’une impunité totale qui ne s’applique pourtant qu’aux puissants et aux malfrats de grande envergure comme Carlos Ghosn, tandis que le gouvernement envoie dans le même temps sa police fracasser des grévistes sur les piquets et inculpe les militants par dizaines. Une présomption d’innocence qui n’a visiblement pas été appliquée à Cédric Chouviat, mort des suites d’une violente interpellation par les forces de répression…

N’en déplaise à Jean-Luc Mélenchon, il existe réellement une justice à deux vitesses, une justice de classe, qui protège les patrons et criminalise toutes celles et ceux qui osent élever la voix pour contester l’ordre établi et la politique mortifère du gouvernement.




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