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Politique

Président des patrons et de l’ubérisation

Quand ira-t-on « chercher » Macron, président des patrons et de l’ubérisation ?

Les révélations sur le rôle d’Emmanuel Macron dans la défense des intérêts d’Uber au sein de l’appareil d’État viennent s’ajouter à une longue liste de scandales du même type. La gauche et les directions syndicales demandent des « explications », et si on allait les chercher ?

lundi 11 juillet

Une enquête menée par un consortium international de journalistes a révélé ce week-end les coulisses de l’activisme d’Uber pour s’implanter dans différents pays. Un travail permis par la révélation de milliers de documents par un ex-lobbyiste de l’entreprise qui a conduit, entre autres, à des révélations sur le rôle joué par Emmanuel Macron dans le soutien à l’implantation de la start-up américaine en France.

L’enquête montre en effet le rôle très actif du ministre de l’économie de François Hollande dans la promotion des intérêts de l’entreprise au sein de l’Etat entre 2014 et 2016. Parmi les services rendus à l’issue d’« au moins dix-sept échanges significatifs (rendez-vous, appels, SMS) » avec Uber, une intervention auprès du Préfet des Bouches-du-Rhône pour en finir avec l’interdiction des courses Uber ou encore la commande d’amendements à intégrer à sa loi Macron pour faciliter l’implantation de l’entreprise.

Ces révélations ne sont pas surprenantes. Entre 2014 et 2017, Macron avait fait de la promotion de « l’ubérisation » une de ses marques de fabriques, pilier de son identité de futur candidat à la présidentielle. En outre, ces informations viennent s’ajouter à une longue série de casseroles de nature similaires, de l’affaire General Electric à l’affaire MSC. Enfin, les éléments racontés par la presse s’inscrivent dans la longue histoire des rapports organiques existant entre les grandes entreprises et un État systématiquement au service de leurs intérêts. Cependant, en pleine crise politique, elles viennent encore un peu plus affaiblir le gouvernement, approfondissant les brèches qui existent pour une riposte d’ampleur face aux attaques qu’il prépare.

Or, face à ce nouveau scandale, Alexis Corbière, député LFI, s’est contenté d’évoquer la possibilité de lancer une « commission d’enquête parlementaire ». De son côté, Philippe Martinez de la CGT appelle Macron à « s’expliquer », dénonçant le fait que les « partenaires d’Emmanuel Macron [soient] les grands patrons, pas les petits, et les syndicats qui comptent ’peanuts’ ». Tandis que la NUPES nous convie à observer ses gesticulations parlementaires à l’Assemblée, les directions syndicales se contentent de se plaindre, et d’appeler à attendre jusqu’au 29 septembre pour une énième journée isolée.

Si l’on veut des « explications », pour ce nouveau scandale comme pour l’ensemble de l’œuvre de Macron, il faudra pourtant aller « les chercher », par la grève, la rue et les manifestations. En 2018, au moment de l’affaire Benalla, Macron nous y invitait déjà. Hasard du calendrier, les manifestants sri-lankais nous ont offert ce week-end un exemple frappant de ce à quoi pourrait ressembler une telle perspective. Face à une crise économique que le gouvernement et le FMI souhaitent faire payer à la population, ils ont manifesté par milliers avant d’envahir le palais du Président et d’imposer sa démission. Qui plongera le premier dans la piscine de l’Elysée ?



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