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Politique

Le « Pénélope Gate » n'est pas une exception

Quand monsieur le député paye madame… et vice-versa

La révélation par le Canard Enchaîné de l'emploi fictif de Pénélope Fillon, grassement rémunérée pour un travail d'attachée parlementaire qu'elle n'a pas effectué, a rouvert la boîte de pandore. Et le moins qu'on puisse dire, c'est que quand il s'agit d'économie solidaire, ceux qui en ont plein les poches sont toujours gagnants. Léonie Piscator

jeudi 26 janvier 2017

Avec le « Pénélope Gate », les médias semblent découvrir pour la première fois que dans le microcosme que forment les parlementaires et leurs familles, l’argent public circule en circuit fermé. Si l’affaire autour de François Fillon et de l’emploi fictif de sa femme fait grands bruits en cette période de campagne présidentielle, d’autres personnalités politiques se font beaucoup plus discrètes.

Parmi la multitude d’exemples de parlementaires qui ont financé leur conjointe, dans l’histoire récente de la pourrissante Vème république, on trouve notamment Jean-François Copé, dont la femme, Nadia, a été salariée de l’Assemblée nationale de 2008 à 2014, comme « conseillère »ou encore Bruno Le Maire, marié à une artiste-peintre, Pauline Le Maire, elle aussi déclarée comme assistante parlementaire à l’Assemblée nationale, avec comme tâche principale… d’actualiser le site internet de son mari. Mais ces personnalités membres du parti Les Républicains sont loin d’être les seules à user de cette pratique. Parmi les figures du PS épinglées sur cette question, on trouve en premier lieu Claude Bartolone, aujourd’hui président de l’Assemblée nationale, ou encore Jean-Pierre Bel, qui était président du groupe PS au Sénat et dont la compagne était rémunérée comme collaboratrice d’un sénateur du même parti.

VSD a recensé 112 députés et 76 sénateurs dont un membre de la famille est rémunéré par le parlement où il siège, dont 52 « femmes de », 28 « fils de » et « 32 filles de » à l’Assemblée nationale. On constate au travers de ces chiffres le fait que ce sont notamment les femmes qui bénéficient de ces emplois fictifs, et Fillon s’est fendu à ce propos d’un argument sur la misogynie du Canard Enchaîné, qui a révélé l’emploi fictif de sa femme, arguant que les femmes ont le droit travailler. C’est pourtant les institutions de la Vème république qui sont profondément misogynes. Vestige de la loi salique, détournée pour interdire aux femmes d’hériter de la couronne et monter sur le trône au Moyen-Age, les femmes sont sous-représentées dans les parlements, et quand elles le sont, c’est sous forme d’emplois fictifs par le biais de leur compagnon. Mais la parité hommes-femmes dans les magouilles parlementaires n’est pas plus souhaitable que ce qu’on connaît aujourd’hui. Quand on sait que Marine Le Pen versait un salaire de 5000 euros à son compagnon Louis Aliot au frais du contribuable européen pour un emploi à temps partiel d’assistant parlementaire. Le problème, c’est cette caste politicienne qui ne défend que les intérêts des classes dominantes, et qui entendent bien eux aussi obtenir leur part du gâteau.




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