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Monde

La « fureur » des pro-Trump

"Quatre ans de plus !" : à Washington les franges plus réactionnaires ne renoncent pas à la victoire de Trump

Ce samedi 14 novembre, 10 000 partisans pro-Trump ont manifesté dans la capitale leur soutien au président sortant. Les diverses composantes de l'extrême droite étaient présentes en masse pour acclamer leur leader et hurler à la fraude électorale.

lundi 16 novembre

Crédits : REUTERS/Jim Urquhart

Ce samedi à Washington, le déni de réalité a atteint l’un de ses sommets historiques depuis que Trump a été élu. Une manifestation pro-Trump réclamant « quatre ans de plus », réunissant tout au plus 10 000 personnes, était organisée en soutien au président sortant, toujours persuadé qu’il a gagné et que l’élection a été volée par les démocrates. Kayleigh McEnany, porte-parole de la Maison-Blanche, grossissait outrageusement l’importance de cette manifestation en affirmant sur son twitter qu’« une vague de plus d’un million de manifestants pro-Trump » s’était rassemblée en soutien au président là où Trump lui-même ne recense qu’une « centaine de milliers » de manifestants. Un rassemblement qui a, par ailleurs, déclenché plusieurs affrontements dans la soirée, entre les pro-Trump et quelques centaines de contre-manifestants, "Le sang a coulé des deux cotés, et au moins dix personnes ont été arrêtées, dont quatre pour port d’ame illégal", selon le Washington Post

Cet enthousiasme factice de la part du président défait et de son staff ne doit cependant pas cacher que les derniers irréductibles, partisans pro-Trump acharnés, électeurs républicains, suprémacistes blancs et conspirationnistes se sont réunis samedi dernier et qu’ils continuent de croire à la victoire de leur champion alors que l’investiture de Joe Biden à la présidence des Etats-Unis ne fait plus de doute pour personne. La « fureur » des partisans de Trump, comme la nomme le journal américain Politico, ne semble montrer « aucun signe de ralentissement, dans la droite ligne d’un président répétant inlassablement qu’il a remporté l’élection ». La conviction que l’élection a été « volée » par les fraudes dans cette frange de l’électorat reste vivace et prospère sur l’absence de reconnaissance par le président américain de sa défaite.

La brève apparition de Trump lors de la manifestation au niveau de la Freedom Plaza, passant au milieu de la foule à bord de son véhicule et accompagné de son escorte, montre à quel point une certaine amérique blanche et raciste s’est trouvé dans le milliardaire américain un leader pour porter ses aspirations réactionnaires. Les images des drapeaux Trump 2020, des casquettes Make America Great Again ainsi que les slogans « Quatre ans de plus ! Quatre ans de plus ! » ou « USA ! USA ! » montrent à quel point les franges les plus conservatrices vouent un culte à Trump et à sa politique.

Elles étaient d’ailleurs présentes en nombre dans la manifestation. Du Front patriote aux accointances néo-nazies aux Proud Boys en passant par les pro-life, les pro-armes, les conspirationnistes de QAnon et les membres de America First qui diffusent la théorie du grand remplacement, toutes les composantes de l’extrême droite suprémaciste américaine étaient présentes pour soutenir le président qui leur a témoigné plus que de la complaisance pendant les quatres années de son investiture. Tous contestent l’élection et crient à la fraude et à la corruption des institutions par l’Etat profond.

Si la « fureur » des militants d’extrême droite et d’une partie des Républicains s’est exprimée ce samedi à Washington, force est de constater tout de même que la manifestation n’a pas levé les foules et que la contestation des résultats électoraux par Trump est battue en brèche par les tribunaux qui accordent à Biden la victoire de l’élection, y compris jusqu’en Arizona où les avocats de Trump ont abandonné les charges car le nombre de bulletins litigieux était trop faible. Comme le nomme Jean-Eric Branaa, spécialiste des Etats-Unis et maître de conférences à l’université Assas-Paris II, l’extrême droite américaine pro-Trump s’est donc livrée à un « barroud d’honneur » lors de la manifestation de ce samedi.




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