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Politique

Un pote de Sarkozy à la Police Nationale

Qui est Frédéric Veaux, le nouveau grand chef des flics ?

Chez les vaches, il y a toujours un veau. La police nationale ne fait pas exception à la règle. Frédéric Veaux vient d’être nommé en Conseil des ministres, ce mercredi, Directeur de la police nationale. Un personnage au CV intéressant.

mercredi 29 janvier

Crédit photo : Archives Pascal Bats/ "Sud Ouest"

A 62 ans, Frédéric Veaux a coché toutes les cases. Il ne lui en restait qu’une seule : chef des flics. Mais le haut-fonctionnaire a quelques casseroles à son actif. Un « grand flic », vous disait-on. Et les journaux ne sont pas avares en éloges. « L’individu », pour parler en langage policier, passe d’abord par la Côte d’Azur, en sortant de l’Ecole nationale supérieur de la police, avec l’antigang, à Nice, puis la division de répression des stups et du proxénétisme, à Marseille avant d’être envoyé à Lille puis en Corse. C’est là que Veaux accroche à son tableau d’honneur son principal fait d’armes : c’est en tant que chef de la Division nationale antiterroriste à la PJ qu’il participe en 2003 à l’arrestation d’Yvan Colonna, dans le cadre de l’affaire du préfet Erignac.

Par la suite, Veaux continue à orbiter à droite, grenouillant dans le réseau sarkozyste qui est une belle machine à promotions pour les fidèles. C’est ainsi qu’il devient l’adjoint de Squarcini à la Direction centrale du renseignement intérieur (DCRI), créée par Sarkozy en 2007, pour fusionner la DST et les RG. C’est donc lui qui pilote le début de ce qui sera « l’affaire Tarnac », l’une des principales barbouzeries des vingt dernières années visant la gauche radicale.

Cela n’a pas empêché Veaux de se recycler dans la préfectorale. C’est ainsi qu’en 2016 il revêt le costume de préfet, en Mayenne. C’est là qu’il « gère » le dossier Lactalis, au cours duquel l’Etat couvre pendant de longues semaines les mensonges de l’entreprise, l’un des leaders mondiaux des produits laitiers, dans l’affaire du lait contaminé. Autre belle prouesse.

2020, après un passage dans les Landes, Veaux change à nouveau de képi pour prendre la tête de la police nationale. Il paraît que Nicolas Sarkozy, qui a l’oreille de Macron, a glissé un petit mot favorable à son ancien proche, sur ce dossier, sans que l’avis de Castaner ne soit réellement pris en compte. Les rapports du ministre avec la profession semblent… dégradés. Avec un Veaux placé à la tête de la police et qui aura à charge de la « réformer », on sait à quoi s’en tenir.




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