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Politique

Manque de moyens

Qui paye la facture ? Face à la crise énergétique, la section Segpa d’un collège fermée pour l’hiver

La section Segpa du collège de Lavarin à Avignon sera fermée tout l’hiver. Prétextant une facture de chauffage trop lourde, l’Académie a prévenu que les 45 jeunes concernés devront quitter l’établissement pour suivre les cours dans un autre collège, situé à plusieurs kilomètres. Une nouvelle illustration du manque de moyens dans l’Éducation Nationale et d’une gestion gouvernementale de la crise énergétique qui consiste à faire payer la facture à la population.

vendredi 4 novembre

Crédits photo : AFP

Le 13 octobre, les parents d’élèves de la section Segpa du collège de Lavarin, à Avignon, ont appris par SMS que leurs enfants ne pourront plus suivre leurs cours dans l’établissement. L’Académie a en effet prévu de fermer la section pour l’hiver, prétextant une facture d’électricité trop lourde dans des locaux vétustes : « les déperditions énergétiques y sont très importantes et le chauffage du site pèse lourdement sur le budget global du collège », justifie cette dernière. La fermeture devrait avoir lieu dès le 7 novembre et la section n’ouvrira à nouveau ses portes qu’au printemps. Les enfants devront aller suivre leurs cours dans un autre collège, situé à 3 kilomètres.

Un changement qui impacte considérablement les conditions d’apprentissage et de vie des élèves, ces derniers étant forcés d’emprunter de nouveaux transports, et de débarquer en plein milieu d’année dans un environnement qu’ils ne connaissent pas. « Ce n’est pas la facture notre problème. Nous c’est la santé de nos enfants. Psychologiquement, mentalement, vous allez les mettre d’un collège à un autre, en plein milieu de l’année scolaire », explique une parent d’élève interviewée par BFMTV.

« Ils s’en foutent vraiment de nous, ils ne font que trouver des excuses : ils ferment des classes puis disent qu’il n’y a que 40 enfants... Et maintenant ils nous disent juste avant les vacances qu’ils vont fermer pour l’hiver. Nos enfants ne sont pas des pions, qu’on change pour des raisons de chauffage », explique au micro de France Bleu et France 3 une mère d’élève. Cette décision montre en effet tout le mépris de l’Académie et de l’État pour les élèves et leurs familles, prévenus au dernier moment et par SMS d’une altération importante des conditions d’études des jeunes. Face à ce mépris, les parents d’élèves ont d’ores et déjà annoncé qu’ils ne comptaient rien laisser passer et qu’ils manifesteraient dès la rentrée devant le collège. Ils ont également annoncé qu’ils n’enverraient pas leurs enfants dans un collège différent.

Mais cette annonce est également une attaque contre les enseignants, qui craignent que derrière cette décision qui impacte leurs conditions de travail, se cache en réalité la volonté de fermer pour de bon la section, comme le rapportent France Bleu et France 3.

Cette fermeture est symptomatique de la gestion antisociale de la crise énergétique par le gouvernement. Derrière les miettes qu’il lâche pour faire bonne figure, ce dernier a bien l’intention de faire payer l’augmentation des prix de l’énergie à la population, alors que les entreprises du secteur accumulent des profits monstres. « Cela revient à faire payer aux familles, aux enfants et aux personnels, la facture », explique ainsi une représentante syndicale locale. Déjà en septembre, la fac de Strasbourg avait annoncé vouloir fermer deux semaines supplémentaires cet hiver pour réduire la facture énergétique. Les annonces du gouvernement de retarder la mise en marche du chauffage et de le limiter au maximum dans les facs allaient dans ce sens, alors que les locaux sont en réalité déjà sous chauffés et mal isolés.

Cette fermeture est également révélatrice du manque de moyens dans l’Éducation Nationale, et des attaques austéritaires menées par le gouvernement à son encontre. Locaux vétustes, chauffage au strict minimum, sous-effectif et manque de moyens sont en réalité le quotidien du personnel de l’Éducation Nationale. Ce dernier dénonce et combat de longue date ces attaques et réclame des moyens et des effectifs pour pouvoir enseigner dans des conditions décentes pour eux et les élèves.

Face à une crise énergétique que le gouvernement a bien prévu de nous faire payer, et qui exacerbe les manques de moyens dans l’éducation, il est urgent de se coordonner pour arracher des effectifs et des moyens nécessaires à ce qu’élèves et enseignants puissent exercer dans des conditions dignes. Alors que la crise retombe sur ces derniers, et que la question de l’approvisionnement en énergie devient centrale dans la période, il n’est plus possible de laisser entre les mains de quelques patrons la gestion de l’énergie. Ces derniers n’ont pas d’autres objectifs que d’en tirer toujours plus de profits, et tant pis si cela impacte lourdement les conditions de vie des personnes. Il est dès lors urgent que les secteurs impactés par la crise énergétique et sa gestion gouvernementale s’allient autour des travailleurs de l’énergie, pour exproprier les géants de l’énergie, les placer sous le contrôle des travailleurs et garantir par la même un accès à l’énergie pour tous.



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