^

Notre classe

RATP. Envahissement et rassemblement : riposte massive face à la répression d’Ahmed

A partir de 11h, de nombreux soutiens et grévistes se sont rassemblés devant le dépôt de Flandre pour manifester leur soutien à Ahmed Berrahal, gréviste depuis le 5 décembre et élu CGT, convoqué en entretien disciplinaire, en même temps que son camarade Alexandre El Gamal, du dépôt de Vitry.

lundi 3 février

Journée de grève, les machinistes étaient nombreux à crier leur colère et à montrer que si la direction s’attaquait à l’un d’entre eux, ils seraient nombreux à riposter. Des cheminots en grève, du Bourget et du technicentre de Châtillon notamment, ont également participé au rassemblement.

Anasse Kazib est intervenu en expliquant qu’à chaque menace de mise à pied, ils seraient prêts à faire en sorte que les grévistes menacés ne perdent pas un seul centime. Plus encore, si une sanction venait à être prononcée, c’est par la grève massive qu’ils répondront. Didier, du dépôt d’Aubervilliers a également insisté "S’ils s’attaquent à Ahmed c’est parce que c’est une figure de la grève. Mais il n’est pas seul !". De nombreux secteurs étaient présents, l’énergie, une délégation de PSA Poissy dont Jean-Pierre Mercier de la CGT PSA, l’enseignement, des étudiants de plusieurs facs d’Île-de-France et notamment de la fac de Bobigny où les grévistes de Flandre s’étaient rendus quelques jours plus tôt, ou encore des lycéens de Berthelot, établissement voisin bloqué depuis plusieurs jours contre les E3C. Plusieurs personnalités politiques sont également venues assurer de leur soutien, comme Olivier Besancenot (NPA), Nathalie Arthaud (LO), Éric Coquerel et Bastien Lachaud (LFI), Madjid Messaoudene (élu de St Denis). Autant dire que les manœuvres de la RATP pour diviser les forces en convoquant Ahmed et Alexandre au même moment à Pantin et Vitry n’auront pas fonctionné.

Cédric de la CGT Energie a rappelé : "ceux qui font tourner la société, ce sont nous, les ouvriers, pas la direction. On a le pouvoir d’empêcher les bus, les trains, les avions de circuler ou de couper l’électricité". Tarik, militant du NPA est intervenu pour expliquer "qu’en tant que personne LGBT, je partage plus de choses avec les travailleurs en grève qu’avec les riches LGBT du Marais. L’homophobie ne peut être utilisée pour réprimer ceux aux côté desquels je me bats pour mon avenir". Ahmed, quant à lui, ému d’être entouré, revendique de défendre tous les jours les ouvriers attaqués par la direction : "On ne me fera pas taire, je me suis toujours battu et je ne compte pas m’arrêter là".

L’ensemble des grévistes et soutiens ont ensuite envahi le dépôt et interpellé la directrice aux cris de "pas de sanction pour Ahmed". Les interventions se sont succédé, de la part de machinistes de différents dépôts, Asnières, Pavillons-sous-Bois, Belliard, Saint-Denis, Malakoff et bien d’autres.

Le message est clair : organisés et déterminés, les grévistes ne laisseront pas leur collègue payer de leur place leur engagement militant.




Mots-clés

Mouvement des retraites 2019-2020   /    répression syndicale   /    Grève   /    RATP   /    SNCF   /    Notre classe