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Politique

Second tour

Racisme. Marine Le Pen veut expulser les étrangers des HLM et leur interdire l’accès à la fonction publique

Dans son programme, Marine Le Pen continue de se faire passer pour celle qui remettra le pain dans la bouche des « français », mais en l’enlevant aux immigrés. Une rhétorique classique à l’extrême-droite qu’elle remet au goût du jour pour tenter d’apparaître comme une alternative à Macron pour les classes populaires. Pourtant, son projet combine le néolibéralisme et le racisme le plus décomplexé comme en témoignent ses récentes propositions autour de la « priorité nationale » dans le domaine de l’emploi et du logement.

mardi 19 avril

Un programme de « priorité nationale » contre les étrangers et les binationaux

Le concept de « priorité nationale » est détaillé par la candidate du RN dans son projet de loi référendaire et donne un aperçu des mesures antisociales et racistes qu’elle mettrait en place si elle arrivait au pouvoir. Dans ce texte programmatique, elle explique de manière limpide comment elle compte mettre en place les conditions d’une discrimination légale des étrangers et binationaux dans l’accès au logement mais aussi dans l’accès à l’emploi notamment dans la fonction publique.

Sur la question du logement, elle souhaite mettre en place une politique de tri raciste qui consiste à « réserver prioritairement l’accès au logement social aux Français ». Cette politique permettra selon elle de « remettre sur le marché » 620 000 logements sociaux occupés par des étrangers (en réalité il s’agit plutôt de 500 000 logements). Il en va de même pour les logements étudiants qui seront eux aussi conditionnés à la « priorité nationale ».

Ce projet cache bien mal un projet d’expulsion massive de plus d’un million de locataires de logements sociaux à l’heure où déjà les étrangers et assimilés subissent un racisme structurel qui entrave leur accès au logement et à l’emploi. De plus, cette proposition ne résout absolument pas la crise du logement et de la cherté des loyers pour de nombreux ménages car elle ne propose pas une politique de réquisition ou de construction massive de logements sociaux.

En plus de ne pas offrir une réponse sociale à une problématique réelle, le projet de la candidate du RN va plus loin. Même si le directeur de campagne de Marine Le Pen affirme qu’il ne s’agira pas d’expulser les gens de leurs logements mais d’attendre qu’ils libèrent leurs logements, il faut comprendre ce projet de manière globale. En effet, combiné à une autre mesure phare de son programme à savoir l’expulsion des étrangers qui sont au chômage depuis plus d’un an et à la discrimination à l’embauche légalisée à laquelle ils feront face, cette mesure ressemble donc plutôt à des expulsions massives déguisées et à une politique de tri raciste.

Le deuxième volet de cette politique de « priorité nationale » concerne l’emploi et notamment la fonction publique. Si l’accès à la fonction publique pour des postes de titulaire est déjà restreint pour les étrangers, Marine Le Pen propose d’aller plus loin et de refuser l’accès à des postes de contractuel dans la fonction publique pour les étrangers mais aussi à des postes de titulaires pour les binationaux.

Cette proposition impacterait les quelques 3,5 millions de personnes ayant une double nationalité et constitue une attaque sociale et xénophobe d’ampleur en excluant tout simplement des millions de travailleurs d’un segment entier du marché du travail. Ces mesures se combineraient également à la fin du droit du sol et du regroupement familial. L’objectif non dissimulé de ce projet raciste et antisocial est de pousser les étranger.es à quitter le territoire en leur rendant la vie sur le territoire français impossible sans pour autant augmenter le niveau de vie des travailleurs français.

Derrière le faux programme social de Le Pen, des mesures racistes et antisociales

 

Derrière la rhétorique de la « priorité nationale », Marine Le Pen se trouve un projet raciste combiné à des attaques sociales d’ampleur contre les travailleur.ses. En effet, elle renoue avec le mythe de l’étranger qui vole le travail aux français pour le désigner comme responsable de la crise économique et sociale actuelle et pour justifier la mise en place des mesures antisociales fortes.

Pourtant, il faut rappeler que la plupart des étrangers en France occupent les emplois les plus pénibles dans des conditions extrêmement précaires et dans des secteurs qui manquent de main d’œuvre. On peut penser ici aux travailleurs intérimaires dans le bâtiment, dans le secteur du soin, du nettoyage etc. Or la réalité de la fonction publique aujourd’hui est le manque de moyen et non pas le fait que des travailleurs immigrés y travaillent notamment dans les secteurs de la santé et de l’éducation. C’est bien d’embauches massives dont les services publics auraient besoin plutôt que d’un plan de licenciement massifs de tous les étrangers et les binationaux.

En ce sens, le programme de Marine Le Pen ne vise pas à améliorer le pouvoir d’achat des travailleur.ses ni les conditions de travail des Français mais de priver les travailleurs immigrés des quelques miettes que leur accorde leur travail. En effet, Marine Le Pen ne propose aucune réelle augmentation de salaire, elle ne propose pas non plus d’agrandir le parc de logement social pour répondre à la crise du logement. De plus, comme l’explique Romaric Gaudin dans un article de Médiapart, de telles mesures tireraient inexorablement les conditions de travail et les salaires de l’ensemble des salariés vers le bas. En d’autres termes, exclure sur un critère raciste une partie non négligeable des travailleurs en France est en réalité une attaque d’ampleur contre l’ensemble des travailleurs, nationaux y compris.

En réalité, le programme Marine Le Pen est un programme de défense des intérêts de la classe bourgeoise avec une colonne vertébrale profondément raciste . Dans ce duel Macron-Le Pen et face à la colère que provoque une éventuelle réélection de Macron, il faut démasquer le programme profondément antisocial et raciste de la candidate du Rassemblement National et défendre une troisième voie.. A rebours du vote pour le moindre mal, il faut construire les résistances à venir en portant haut et fort la nécessité d’une solidarité de classe entre travailleurs immigrés et nationaux face aux programmes antisociaux et racistes qu’ils nous préparent.



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