^

Politique

PSG-OM

« Racisme, non ». Neymar dénonce le racisme, mais il y a un paradoxe

Alors que Neymar dénonce avoir été victime d’insultes racistes, et il faut le dénoncer avec fermeté, une polémique se poursuit sur les réseaux sociaux et met en avant un paradoxe : il avait été l’une des célébrités qui ont apporté leur soutien explicite au président d’extrême-droite Jair Bolsonaro au Brésil.

lundi 14 septembre

Lors du clasico, le PSG et l’OM ont offert le pire des spectacles du foot : des polémiques, des insultes, des coups, des frictions extra et anti-sportives. Mais dans cette performance décadente l’une des polémiques les plus retentissantes a été l’accusation de racisme de la part de Neymar contre le défenseur espagnol de Marseille, Alvaro Gonzalez. Déjà à la première mi-temps on a pu entendre Neymar dire clairement « racismo, no », à plusieurs reprises. De son côté le défenseur espagnol affirmait avoir reçu un crachat de la part de l’argentin Di Maria. A la fin du match un autre accrochage a été l’occasion pour que Neymar donne un coup à Gozalez et reçoive le carton rouge.

Enragé, le brésilien a quitté le terrain de jeu dénonçant encore une fois les insultes racistes qu’il aurait subis. Une heure plus tard il postait un message sur Twitter : « Pour le VAR, c’est facile de capter “mon agression”. Maintenant, je veux qu’on cherche l’image du raciste qui m’a traité de “SINGE FILS DE PUTE”. C’est ce que je veux voir. ».

De son côté, Alvaro Gonzalez a posté un message donnant sa version des faits : « Il n’existe aucune place pour le racisme. Carrière propre et avec beaucoup de coéquipiers et d’amis au quotidien. Il faut parfois apprendre à perdre et l’assumer sur le terrain. Incroyables trois points aujourd’hui. Allez l’OM et merci la famille ». A quoi Neymar n’a pas manqué de répondre : « Tu n’es pas un homme qui assume son erreur, perdre fait partie du sport. Maintenant, insulter et introduire le racisme dans nos vies, non, je ne suis pas d’accord. JE NE TE RESPECTE PAS ! TU N’AS AUCUN CARACTERE ! Assume ce que tu dis mon frère... Sois un HOMME ! RACISTE ».

Bien que pour le moment rien n’ait été prouvé et que l’on reste au stade de parole contre parole, il est indéniable que, malgré les campagnes sporadiques et pour la forme de la FIFA, le racisme dans le football est une réalité. Et cela aussi bien dans les tribunes que sur le terrain de jeu. Et cela n’est pas propre au foot mais plutôt un reflet du racisme existant dans la société ; racisme qui ces dernières années n’a fait qu’augmenter, notamment à travers la montée de forces politiques et de figures réactionnaires.

Et l’une de ces figures politiques réactionnaires qui alimentent le racisme et toutes les oppressions existantes dans la société est Jair Bolsonaro, le président brésilien d’extrême-droite. Justement c’est là qu’apparaît un paradoxe dans cette affaire. Alors que Neymar dénonce le racisme, non seulement contre lui mais le racisme installé « dans nos vies », il a été lui-même l’un des soutiens les plus importants en termes de figures publiques mondiales à Bolsonaro. Bolsonaro qui s’adonne quotidiennement à des déclarations racistes ; il a fait des préjugés racistes l’un de ses arguments de campagne pour gagner les voix de la base électorale réactionnaire radicalisée au Brésil.

Sur une vidéo postée en avril 2019 par Bolsonaro lui-même on peut voir Neymar échanger des messages amicaux non seulement avec le président brésilien mais aussi avec le corrompu Benjamin Netanyahu, qui réprime le peuple palestinien.

En ce sens, si les insultes racistes contre Neymar s’avèrent réelles, Gonzalez devrait être durement sanctionné et condamné par l’ensemble du monde du football. Mais en même temps, la lutte contre le racisme ne peut pas être à géométrie variable. Si Neymar veut vraiment lutter contre le racisme « dans nos vies » il devrait dénoncer le racisme abject de son ami Jair Bolsonaro.




Mots-clés

Racisme   /    football   /    Politique